TROISIEME PARTIE
HOTAfilMTÉS l«IO|lTItl]ÇO|l]iAISES
DES Siècles Derniers
ïGoogIc
NOXABILIXÊS MONTLUÇONN AISES
DBS Siècles Derniers
Louis Pinelle. — Jean DeouUant. — Antoine Hizauld. — Pierre Petit. — FrançoisdeBeauoairedePéguillon. — Bridier Claude et Bridier Pierre. — Second Adrien-Joseph. — CIieTalier Gilbert. —Chabot de l'AUier. — Barjaud Jean-Baptlste-Benolt. — Achille Allier. — Bobinet. — Dumont André. — Daniel Gilbert. -- Cheville, dit Bia. -- Charles Mazeron.
Louis PINELLE
Louis Pinelle est né à Montluçon en I4i0. C'était un des hommes les plus érudits de son temps. Il discutait, disent certains auteurs, toutes les questions qui lui étaient proposées et les résolvait.
Il fut nommé grand-maître du collège de Navarre et il acheva d'en former la bibliothèque.
Le cardinal d'Amboise l'employa à la réforme de plusieurs monastè' res et le 16 janvier 1508, il publia des statuts qui furent approuvés par un chapitre général tenu à Livry.
Il fut succeasivementarchidiacrede Bourges, doyen deSaint'Martin de Tours, chanoine, chancelier et grand-vicaire de Paris, et enfin év&que de Meaux, delMlà15i6.
Jean DECULLANT
Nous trouvons ce nom pour la première fois, dans une ordonnance du duc Pierre II, datée de Montbrison ■ en Fourest i> le 26 mars 1493.
Dans cette ordonnance, le duc nommait des commissaires à l'effet de se rendre dans les châtellenies du duché du Bourbonnais pour s'y enquérir des coutumes, aisances, etc.
Les commissaires commencèrent leur enquête par Montluçon le 10 mai 1493.
Plus tard, un Jean Decullant, né à Montluçon, fut conseiller au pré> sidial de Moulins.
Dans un livre intitulé « Les Jurisconsultes de l'Ailler », publié en 1S88, à Moulins, M. E. Méplain, ancien magistrat, cite Jean Decullant, comme un des jurisconsultes, jouissant d'une estime telle qu'il figure
au procès- verbal, dès les premiers mots^ comme si sa présence était uoe garantie des bons elTets de la réunion à laquelle il assistait.
Antoine UIZAULD
Antoine Mizauld, d'après Achille Allier, est né à Montiuçon, en 1520 et mourut à Paris en 1578.
Il exerçait la médecine et s'était rendu célèbre par ses études sar cet art et la philosopliie, et il écrivit de nombreux ouvrages sur l'astronomie et les sciences physiques et naturelles.
Quoiqu'il eut pu acquérir à Paris une grande fortune par l'exercice de la profession de médecin, il y renonça tout à fait pour se livrer entièrement à la recherche des secrets de la nature.
Il a publié plusieurs ouvrages d'une rare discipline et d'un jugement profond, qui sont toujours estimés des hommes versés dans les hautes matières qu'il a traitées.
Quelques villes, dans lesquelles on lui donnait le renom d'Escuiape de France et les attentions dont il était l'objet de toutes parts, lui persuadèrent qu'il avait quelque chose de divin.
C'est ainsi qu'il se trouva entraîné à se livrer tout entier aux secrets de l'astrologie, dont il avait étudié les principes de l'italien Oroncc Fini et d'en déduire toutes les règles de l'art médical.
Pierre PETIT
Pierre Petit, naquit à Montluçon, vers la fin du xvi'siècle. Il fut l'un des savants les plus estimés de son siècle. Richelieu le nomma grand provincial de l'artillerie et le chai^ea de missions importantes sur les côtes de France et à l'étranger. Louis XIV lui donna la charge d'intendant général des fortifications avec des lettres de noblesse.
Il était, a-t-on dit, fils de Jean Petit, maître corroyeur à Montiuçon, et d'Ivoire de la Roche, dit Morcri dans son grand dictionnaire.
Cette version est inexacte, comme il est prouvé par une lettre de MM. les ofiicters de l'élection de Moatluvon, du 17 juilletl738, et par plusieurs autres actes authentiques, dont l'abbé Goujet avait les originaux, llest constant, par ces pièces, que Pierre Petit est né à Montiuçon, le 31 décembre 1i>98, et qu'il y fut baptisé le même jour, en l'église Notre-Dame. Il eut pour père, Pierre Petit, contrôleur en l'élection de la ville de Montiuçon et pour mère, Marie Bannelat. Il eut un frère et deux sœurs, Antoine, Antoinette et Gabrielle.
Antoine, né le 20 février 1603, en la paroisse de Notre-Dame, prit l'habit de la congrégation de l'Oratoire, le 12 mai 1629 et mourut & Rome, le 4 août 163ô.
Gabrielle fut religieuse aux daines de Saint- Bernard de Montiuçon, et Antoinette épousa Pierre-Pierre Caille, bourgeois de la même ville.
Pierre Petit, le père, voulant, avant sa mort, établir la paix entre ses enfants, (It conjointement avec Marie Bonnelat, sa femme, un partage de leurs biens, par lequel Pierre Petit, leur fils aîné, eut ta charge de contrôleur. Ce partage est du 8 mai 1526.
Après le décès de ses auteurs, Pierre Petit vendit cette charge par contrat, passé chez Robinet, notairâ à Moatlui;on, le 15 avril 1033. Il se retira peu après à Paris, oii il devint ingénieur et géographe du roi, ainsi qu'il appert dans un acte reçu chez Marignon, notaire à Montiuçon, le 8 mai 1642, dans lequel le sieur Petit, prend le titre d'ingénieur du roi, son conseiller et son géographe.
On voit, par d'autres actes déposés à Tours, et par les registres de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, è. Paris, que Pierre Petit épousa à Tours, vers 1640, demoiselle Marie Dupuis-Dutillont, fille de M. Gilles, sieur du Portail, ancien échevin perpétuel de la ville de Tours.
Petit demeura sans doute quelques années dans cette ville, puisque deux de ses tilles y furent baptisées ; l'une le 23 mai 1641, l'autre le 23 mars 1643. Sa femme mourut h Paris, rue Saint-Nicaise, et fut inhumée dans relise de Saint-Germain-l'Auxerrois, le 8 octobre 1605.
Dans l'extrait mortuaire. Petit est qualiûé : sieur du Portail, conseiller du roi et intendant des fortiflcations de France.
Il mourut le 20 juin 1677, et fut inhumé dans le couvent des Bernardines de Lsgny -sur- Marne, le 10 novembre 1688.
Ce couvent ayant été détruit, son corps fut transporté dans l'église paroissiale, avec celui de Marie-Elisabeth, saillie, religieuse audit couvent des Bernardines, et morte le 20 septembre 1671.
Ses principaux ouvrages sont : 1" L'usage ou le moyen de pratiquer par une règle toutes les opérations des comptes de proportion ;-2* Cartes du gouvernement de la Capelle ; 3^ Discours chronologiques, Paris 1836 ; 4° Observations touchant le vide, faites pour la première fois en France, 1647; 5° Calculs des deux éclipses del'année 1652;6'> Raisonnement contre l'éclipsé du soleil, le 21 août 1654; 7" Discours touchant les remèdes qu'on peut apporter aux inondations de la rivière la Seine, à Paris, 1668; 8" Avis et sentiment de Pierre Petit, sur la jonction de l'Océan et de la Méditerranée par l'Aude et la Garonne ; 9" Dissertation sur la nature des comètes.
François de BEAUCAIRE de PËOUILLON
De Beaucaire François de Péguillon, naquit en 1514, au château de la Creste, commune d'Audes, d'une famille bien connue de notre pays.
Sa maison était en grande faveur auprès des ducs de Bourbon. Il fut élevé au château de Chanlelle avec son frère.
47i Histoire de Montluçon
Après la défection du coonétable, il fut attaché au cardinal de Lorraiae, comme secrétaire. Il fît avec lui le vojrage de Rome en 1554, et succéda à ce puissant prélat sur le siège de Metz en 1556, deux ans après avoir assisté avec le cardÎDal, au célèbre concile de Trente. Il vint mourir au château de la Creste en 1568, après avoir résigaé son ëvèché en faveur du cardinal de Guise. Il est l'auteur d'une Histoire de France, de Louis \I à Charles IX.
Le château de la Creste, disent les historiens du Bourbonnais, était bâti sur un petit tertre, envirouné de fossés de toutes parts. Il reste peu de chose de la vieille forteresse ; les bâtiments du voisinage sont modernes. Les bâtiments d'exploitation des terres dépendant de la Creste, s'élèvent sur un petit coteau et joignent le château au moyen d'un pont, dont les arcades sont en ogives. L'ensemble de ces constructions est fort pittoresque ; cette allée de marronniers, cet étang, ce moulin, ce pont, ces hauts pignons délabrés, ces murailles tapissées de lierre, ces tours rondes et carrées, ces jardins et ces vergers se détachant sur un coteau hérissé de grès, coupés de filons de quartz étincelant et planté de hêtres et de chênes, forment uo paysage complet.
La Creste a appartenu successivement aux seigneurs de Culan, & la maison de Beaucaire, à celle de Blanchefort et à celle d'Allègre.
BRIDIBR Claude et BRIDIER Pierre
Les Bridier formaient au xvii" siècle, une famille d'artistes dont Montluçon et quelques églises de villages voisins possèdent des ouvrages.
Claude et Pierre Bridier, tous les deux frères et peintres, vivent encore dans leur ville natale par leurs souvenirs et leurs oeuvres.
Parmi les peintures qui sont dues au pinceau de Claude Bridier, nous devons signaler un tableau de l'église de Lavault-Saiote-Anne. Cette pein* ture représente un ange, distribuant dans le ciel, des chapelets à deux viet^es portées sur des nuages ; sur la terre, des religieux sont en prière. Le tableau fait assez d'eflet ; il porte & l'un de ses angles : Claudius Bridier fecit 1626.
Pour cette même église, il avait fait un tableau signé : Petrus Bridier Montclucii invenit et fecit 1628. li représente un prieur en oraison, agenouillé près d'une tête de mort. Il se recommande par le vrai sentiment de douleur empreint sur la figure du Christ qui domine la scène. Quant au prêtre agenouillé, la tradition, confirmée par l'inscription : ■ Messire Jehan de Lacourt, curé de céans, m'a fait faire » voit dans sa Tigure le portrait de l'ancien curé de Lavault.
Enfln, Pierre Bridier fit pour l'église Saint-Pierre de Montluçon, un lableau représentant Sainte-Anne.
SEOOND Adrieo-Joseph
Segond Adrien-Joseph, est né à Montluçon, ie 12 mars i769. II mourut capitaÎDS de vaisseau et officier de la Légion d'honneur, le 15 janvier 1813, à Quimper, oit il s'élait retiré.
Le père Segond, qui était receveur au grenier in sel et aux tailles de la ville de Montluçon, commença lui-même l'instruction de son fils qui, de bonne heure, manifesta un goût prononcé pour les voyages et les aventures.
Aussi, dès sa 14* année, lo voit-on, sur des recommandations de famille, accueilli par des armateurs de Nantes, en qualité de mousse et poursuivre une campagne de dix neuf-mois dans l'Inde, sur le navire de commerce le « Henri IV ».
A son retour, il complète ses études au collège de Montluçon, qui était alors très florissant.
Il embarque de nouveau à Nantes en 1788, en qualité d'enseigne sur la • Madame • pour croiser aussi dans les Indes, d'où il revint en 1790. Il passe alorâ sur 1' < Emilie ■ de Bordeaux, avec laquelle, comme lieutenant de vaisseau, il fait deux campagnes aux Antilles.
En 1793, Segond obtint le commandement d'un cutter de 14 canons, r < Eclair » armé en course par des négociants de Quimper..
Après avoir comtmttn pendant six mois à l'embouchure de la Vilaine les insurgés bretons, Segond passa de 1' « Eclair > sur le i Tyrannicide ', puis sur le corsaire 1' a l'Active ■ flanquée de deux bâtiments qui furent capturés presqu'aussitôt après la sortie du port. La croisière dispersée, Segond fut conduit en Angleterre, d'ob il ne tarda pas à s'évader.
Rentré en France, il reçoit le commandement de la i Fraternité », qu'il échangea contre celui de la * Loire > oti il se couvrit de lauriers dans les combats des 21, 2i, 25, 26 vendémiaire, an VII. Il faut lire ces pages émouvantes dans une notice biographique du capitaine Segond, par M. Dupuy, ancien adjoint au maire de Montluçon.
De retour de sa captivité en Angleterre pour la seconde fois, et abreuvé d'ennuis que lui suscitèrent des envieux et des jaloux, Segond démissionna et entra dans la vie privée.
Montluçon, plus reconnaissante envers son concitoyen que ne l'avait été le gouvernement, lui donna le nom d'une de ses rues.
CHEVALIER OUbert
Chevalier Gilbert, néle 7 octobre 1735, avocat, jurisconsulte très estimé, il fut député à la Convention et lors du procès de Louis XVI, au troisième appel nominal, il répondit : > Je crois devoir m'abstenir de voter. ■
476 Histoire de Montluqon