CHABOT DE L'ALLIER
Cliabot Georges-Aotoine, jurisconsulte, est né à Montluçon en 1758,
Il fut avocat au Parlement, avant la Révolution, et devint prégideatdu ' tribunal de Montluçon.
Nommé député suppléant à la Convention, il prétendit avoir reçu de ses électeurs, le mandat d'appuyer le maintien de la royauté et il ne fut admis à siéger qu'en 1796.
Il fit aussi partie du conseil des Anciens, puis du Tribunal, où il appuya bruyamment les empiétements successifs de Napoléon, qui le nomma inspecteur général des Ecoles de droitet conseillera la Cour de cassation.
Il n'en fut pas moins un des premiers à se rallier aux Bourtwns en 1814, retourna à l'Empereur pendant tes Cent Jours, puis à Louis XVIII et sut conserver ses places sous tous les gouvernements.
11 est plus recommandable comme jurisconsulte que comme homme politique. Il a pris part à la rédaction du code civil et il composa des ouvrages estimés : Tableaux de la législation ancienne sur les successions et de la législation nouvelle établie par le code civil (1804-1806) ; Commentaire sur la loi des successions ; Questions transitoires sur le code Napoléon (1809-1819).
Il mourut le 19 avriH819.
Une rue de Montluçon porte aon nom.
BARJAUD Jean-Baptist«-Bettoit
Barjaud, littérateur, est né à Montluçon en 1785. Il fit des études très brillantes, suivit la carrière du barreau et se livra de bonne heure & la poésie.
Il commença quelques comédies avec M. de Cornenin, commença un poème épique, Charlemagne, dont le plan était conçu de manière à encadrer de nombreuses allusions à Napoléon ; il prit enRn du service avec le grade de sous-lieutenant.
On raconte que dans une revue, pendant que l'Empereur distribuait des croix, il sortit des rangs.
I Sire, donnez-moi la décoration, dit-il. ■
a Qu'as-tu fait 1 lui dit Napoléon b qui connaissait déj& sans doute ses poésies nationales.
e Sire, je me bats et je fais un poème épique en votre honneur. >
■ Si je te donne la décoration, tu ne fmiras pas le poème épique », reprit en riant Napoléon, qui lui donna néanmoins la croix de la Réunion.
Barjaud fut tué à Leipsig par un boulet de canon,
Ses ouvrages imprimés sont : Poésies nouvelles (1805) ; le Bavard et l'Eotété, comédie en un acte en vers, représentée à l'Odéon en 1809 ; Description de Londres, 1810; Homère ou l'origine de l'Iliade et de l'Odyssée, poème suivi de fragmenta de celui de Charlemague et d'autres poésies (1811), Odes nationales, parmi lesquelles on remarque surtout les suivantes : à La France, le Passage du Mont Saint-Bernard, la mort du duc de Montehello, etc.
Voici une ode, composée par notre compatriote Barjaud, k l'occasion de la naissance du roi de Rome.
Cette ode a remporté le premier prix de poésie française et le grand prix, sur toutes les langues au concours organisé à l'occasion du roi de Rome, proposé par MM. Lucet et Eckart.
Quels nois religieux assiègent cette enceinte 1 Pour qui montent les vœux de la prière sainte ? La voûte retentit de solennels concerts ; L'airain sacré raisonne, et l'écho qui s'éveille.
Apporte à mon oreille La voix du bronze en feu qui gronde dans les airs,
Un ange est descendu de la vofïte éternelle Sur son front radieux une étoile étincelle. Ce messager de paix court vers un ciel lointain, La foudre se répand du Louvre au Capitole
Et l'heure qui s'envole De la France et du monde a fixé la destin.
0 France ! quels mouvements de bonheur et de joie I Quel heureux avenir à les yeus se déploie ! L'éclat du plus beau jour brille sur tes enfants ; Tout fier d'un rejeton qui croit, sous son ombrage
Le cèdre au vert feuillage Lève, roi des forêts, ses rameaux triomphants.
Que craint-il désormais des coups de la tempête ï-ui qu'on ne vit jamais courber la noble tête 7
Histoire de Montloçon
Même du temps jaloux, il sera respecté. Il est SÛT aujourd'hui, que la vaste couronrif
Dont l'éclat renvironue Renaîtra sur le front de sa postérité.
L'Eternel a gardé la foi de ses oracles 11 nous étonnera par de nouveaux miracles La Providence veille au bonheur des humains. Protège, Dieu puissant I conserve ton ouvrage I
S'élevant d'âge en Age La tige des héros doit fleurir en tes mains.
Le berceau d'un enfant touche au trâne du monde. Du souverain des rois, 6 sagesse profonde ! Cet enfant doit un jour enchaîner les hasards ; La gloire s'étendra du couchant à. l'aurore
Sa main, si faible encore Soutiendra tout le poids du sceptre des Césars.
Peuples, ne craignez plus l'avenir infidèle ; Le trdne est affermi sur sa base éternelle ; Le trdne, défendu par un grand souvenir, Montrant de siècle en siècle aux regards de la terre
Sa gloire héréditaire Superbe, restera debout dans l'avenir.
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0 bienfaits immortels d'un auguste hyménée I Dieu lui-même a béni sa chaîne fortunée. Du plus puissant des rots un llls comble les vœux Des peuples inquiets, il a rempli l'attente :
Rassurée et contente La terre le reçoit comme un présent des Cieux,
Le printemps, couronné de fleurs et de verdure
Le salue au réveil de toute la nature ;
Le soleil, pour le voir, s'arrête dans sou cours I
Un ciel pur lui sourit I heureux et doux présages !
Que jamais les orages De leur souffle ennemi ne troubleront ses jours.
Le Danube applaudit au bonbeur de la Seine ; Et le Tibre, inclinant son urne souveraine, Verse plus orgueilleux le tribut de ses eaux ; Tandis que prévoyant sa grandeur foudroyée,
La Tamise efirayée Jette un cri de terreur au fond de ses roseaux.
Rome ! relève-toi plus brillante et plus flère Jette tes vêtements tout souillés de poussière Viens t'asseoit de nouveau sur le trûae des arts ! 0 Rome, ne dis plus que ta gloire est passée :
Ta splendeur elTacée Reprend tout son éclat sous de nouveaux Césars.
Couché sur les débris du Gapitole antique, L'aigle romain s'arrache au sommeil léthargique Qui jadis l'enchalua dans ses temples déserts ; Il agite son aile, il frémit d'espérance
Et l'aigle de la France L"invite à s'élancer dans l'empire des airs.
Ils s'envolent tous deux des champs de la victoire ; Ils ont associé leur essor et leur gloire ; Mais i'aigle des Romains s'étonne, à son réveil Qu'un autre ait su monter au séjour du tonnerre,
Et planant sur la terre.
Soutienne mieux que lui les regards du soleil.
Quel triomphe pour toi, glorieuse Lutèce !
Que ton orgueil se livre k sa noble allégresse ; De ta maio souveraine un globe est l'omenient ; Sur ton trône immortel, sied»-toi, reine du monde
Le léopard qui gronde Fatigue ses rochers d'un vain rugissement.
Tranquille et respirant du trouble des conquêtes ; Reçois avec amour dans la pompe des fêtes Ce ûls des rois, l'espoir de tes fîls au berceau Mais déjà s' élevant de leurs grottes humides
Les naïades timides Enivrent leurs regards d'un spectacle nouveau.
Le jour prête à la nuit son brillant diadème, D'un règne qu'il prolonge, il s'étonne lui-même. Veaper a déposé son voile accoutumé, Et sur son char qui luit dans l'ombre étincelante,
La nuit resplendissante Parcourt les cieux surpris de son vol enflammé.
Le Louvre voit rouler les flots d'un peuple immense Entends les vœux d'amour et de reconnaissance Napoléon I tu crois à leur sincérité ; Le peuple ignore l'art de forder son langage
Il rend un libre hommage Telle sera la voix de la postérité.
Qu'avec plaisir, bientôt, sur ton char de victoire. Tu couvriras ton fils des rayons de la gloire Au sentier de l'honneur tu guideras ses pas. Le Ciel l'embellira des vertus de sa mère,
Et le nom de son père Restera son égide au milieu des combats,
Achille ALLIER
Achille Allier, archéologue et graveur, est né à Montluçon, le 2 juillet )6 ; il est mort à Bourbon-l'Archambault, le 4 février 1836.
Il fut un des premiers érudits de provincequiétudièreDt les antiquités nationales dans le mouvemeut romantique du commencement de ce siècle.
Elevé à Montiuçon, par son père, il fut destiné au barreau; mais son goât prononcé pour l'art le détourna vite de cette carrière.
Lorsqu'il quitta Paris, après avoir terminé son droit, il revint à MontluçoD et y fonda un périodique < l'Album de l'Allier > qu'il rédigeait à peu près seul. Plus tard, après son mariage, il composa les < Esquisses Bourbonnaises > à Bourbon, où il était venu s'établir et, dans ce travail, il entrait résolument dans la voie archéologique qu'il ne devait plus guère quitter. Dessinant et prenant des notes, le jeune savant parcourait avec amour les brandes de la vieille province, esquissant les châteaux, relevaut lesépitaphes.
Il préparait ainsi a l'Ancien Bourbonnais s qui, publié & Moulina chez Desrosiers, fut une merveille de typographie de luxe. Malheureusement, il mourut avant l'impression complète de l'œuvre.
Achille Allier maniait le crayon et composait avec adresse des vignetteg dans le goût romantique. Il faudrait citer le frontispice de s. l'Art en Province ■ dont il était un des promoteurs, frontispice traité dans le goût d'alors, mais non sans grâce. Il composa aussi un dessin pour la « Jolie Fille de la Garde ■ qui fut acheté par la reine Marie-Amélie en 1835.
Achille- Allier mourut le jour de Pâques de l'an 1836, laissant son œuvre inachevée.
Le 13 septembre 1839, trois ans après sa mort, on lui éleva un monument dans le cimetière de Bourbon -l'Archambault. Ce monument fut dessiné par l'artiste consommé Emile Sagot.
Nous citerons encore le jésuite Bobinet, le conseiller André Dumont, le commandant Daniel Gilbert, le distingué jurisconsulte Charles Hazeron, et nous terminerons cette nomenclature honorable par l'avocat Cheville qui, sous le pseudonyme de Bia, composa seul, ou en collaboration, quelques poésies, en l'un des patois de notre région, qui ont beaucoup égayé nos pères.
C'est tout d'atKird un cantique sur la naissance de Jésus-Christ et la pénitence de la Madeleine (1).
Voici le dernier morceau :
Coué le boun Dgnieu, la bouna Viai^e, S'é promenavons tou los dous, Y z'ont rencontra la Madelaiae Que zibève ambé los garçous.
(1) Le patois. D'ayant pas, que doub sachions, :1c grammaire, aoDS transcrivons co dialecte villageois^ tel qu'il se prononce dans certaines localités des e
ïGoogIc
Fatiba, Marie- Madelaine Valé-lu veni ambé-nous 1 Arrêta donc, bouna Viarge Que in'anne faire couefTa.
Coué son père que l'a couelTade Ambe siès aunes de riban Coué 3a mère qui l'a pigoade Amb'aia pigne d'Argentan.
Dré qu'ai a fourra dans l'églièse Aile se mit à Lrimbla Trimbla pas, Marie-Madelaine, Oh ! T'as tant un boun santa.
Quatrains du même :
Darrié cheu nous, y a tun vert bocage. Le rossignol il y chaote tous los jous ; Là il y dit en son charmant langage Les amoureux sont malheureux tourjous.
Au bord du Cher y at une fontaine Oti sur un frôn nos deux noms sont gravés, L'temps a détruit nos deux noms sur le Frêne. Mais dans nos cœurs, l'temps les a conservés,
NOËL MONTLUÇONN&IS
En patois de la même époque, sous forme de dialogue, avec la traduction en regard, composé par MM. Chavreton, chanoine de Beaulieu, doyen de Saint-Nicolas, Cheville (dit Bia) et André, avocats.
FranoèB
N'anens verre ferii la guiarre, Velchi le bon temps revingu ; Nové lé naiçu Par désarssâ la Ichiftrre, Serens mattreis chia nous, ne craindren<« [pu degu.
Pu de jalade ni coulcure, Satan sera bien aflîalia ; 0 noua terminta Et chaffraya d'arrcure, Tous nos pores champs éront dégazuta.
François
Nous allons voir finir la guerre, Voici le bon temps revenu, Nool nous esl né Pour délivrer la terre ; Nous serons maîtres chez nous et ne [craindrons plus personne.
s de gelée, ni de coulure, Satan sera bien attrapé.
lous a lourmcntés Kt ravagés sans cesse.
Par lui, lous nos pauvres rhamps étaient [dévastés.
Uicbiand E m'en vé charchft la Goumérc Pa la fere luijU chin nous.
E zai do via doux Par ébaudi le Père
Do tretou pa le Fi, dos pais e( de las [noux.
Francès
Mieliiaud, ne faut tretou ni tourte Parmi una troupe de réis, De bliants et de nih Qu'intront A pllienne pouartc, Chargeas de biaux écus, daru, garde tos [pais.
OooUb
Coué marvillc que la nouble^se Fase tant cas de quel Xhnl ; Tous anonl disant Que la mère É praincesse !
Haa coué-lu din-t-un téi que se lugeont [los grands i La nonblessc l'y zé d'en pointe Que n'ose mardjié pas piolà ; Pas mé que Coulas, Que l'y zé les mains jointes, 0 vaut pria co Fi de le démaridà !
Hichiaud Cou t'y 7.é vaingu un réi more Que vire los zcu de travias ; L'a-l-un bonnet vias Gros coume una bigore De las chaussais de queux et un couliai {de Rà.
0 l'ârc monta su la bosse D'un gro l'animaux ossouarilia Que vé défara, Pu vite qu'un carosse Que n'échive en chemi, ni gâchis ni {gouitlals.
A son coûta peind une épiliètc Trais couas pa longe qu'un gouyâ, Lai^c comme un dA, Pu pesante el pu draite, Jamé din la milice on vie un tau soudât.
Miohel Je m'en vais chercher la Commère Pour la faire loger chez nous.
J'ai du vin doux Pour réjouir le Père, Dulourlonpourletîls.despoisetdes noix.
François Michel, il ne faut ni tourton ni tourte. Parmi une Iroupe de rois, De blancs el de noiia Qui entrent è pleine porte.
Chargés de beaux écus, lourdaud, garde [tes pois.
Nicolas
C'est merveille que la noblesse Fasse tant cas de cet Ënlànt ; Tous s'en vont disant Que la mère est princesse !
Mais est-ce dans une étable que se logent [les grands ï La noblesse s'y tient debout.
N'osant seulement souffler mot ; Non plus que Nicolas, Qui est 1&, tes mains jointes, El vent prier ce Fils de le démarier.
Michel Il est venu un roi maure Qui tourne les yeux de travers ; Il est coiffé d'un bonnet vert.
Cros comme une bigore, It a des chausses de cuir et un collier de [for.
Il est monté sur la bosse D'un gros animal hébété, Qui va, déferré.
Plus vite qu'un carros.se Qui n'évite en chemin ni ornière ni [boue.
A son cdlé pend un outil Trois fois plus long qu'un goyar.
Large comme une faulx, Mais plus pesante et plus droite, Jamais dans l'armée on ne vit un tel [soldat.
5o9 laqués sont néis comme pige,
Y simblont dos chavants dénias !
Qaës jabics-gouillas
Se gîbonl din la nige.
S'en frelan le mentoupa se débarbouilla.
La canaille de co vjlleige
Le ufTé coam un baletftô,
— Vous se mas dos fâO,
Disse, din son lîngueige,
Nové m'a be basa et n'a pas lagn pÛA.
Hérode enreige et fé la ligue
0 fé sembliant d'y voulé aH
Mas, co vieux renft
A pau de qaoque brigue,
0 craint que l'Afan le fase cvaillounâ.
Que rëis le prionl à la crèche De veni din lous Orieint ; Tout l'y lé plaisant, Etchi ya mas que Treclie ; Lo bas, faut mas chavâ pa trouva de . [l'argeint.
Coulas
E zé bein pau quo t'y dévale.
Dépita de note mouyan,
Si nous le pardans
Note cas sera sale
Oueul liivià sera pia que vugué co d'anlan
Pa l'arrélâ faut l'anâ vaire
Inquérd que sia tout guechi,
Uffil noie chi,
Faré rouffd las paires.
Le rode é fricassa si le trouve en chemi !
FranoèB
La rode aura faire au grand Mattre, Que reingera bcin co brulau :
Para pMieur dos ciau De soufre et de salpêtre Su co vieux barbilras que fé tant le sour- [daud.
Ses laquais sont noirs comme poix.
Ils semblent des chats-huanis dénichés
Ces palaugeurs
S'ébattent dans la neige
Ils s'en frollenl le menton pour se débar-
[bouiller.
La canaille de ce village L'a hué comme un bateleur — Vous n'êtes que des fous, Dit- il, dans son langage.
L'enfant m'a bien embrassé et il n'a pas
(eu peur.
Hérode enrage, mais intrigue ; H feint d'y vouloir aller, Mais ce vieux renard Itcdoute quelque menée ; Il craint quel'Enrantne le fasse évanouir.
Ces rois le prient, à la crèche, De venir dans leur Orient.
Tout y est plaisant.
Ici tout est en friche ; Là-bas, au contraire, il n'y a qu'à creuser [pour trouver de l'argent.
Nicolas
.l'ai bien peur qu'il n'y descende.
Dégoûté de notre avoir, Si nous le perdons Nous serons dans un mauvais cas Cet hiver sera pire que celui de l'an der- [nier.
Pour le retenir, il faut aller le voir, Encore que je sois tout fatigué Appelez notre chien !
Je ferai ronfler les pierres, Hérode est Iricassé si je le trouve en [chemin.
François
Hérode aura à faire au grand Maître, Qui rangera bien ce butor, Il fera pleuvoir du ciel Du soufre et du salpêtre Sur ce vieux barbare qui fait tant le (sourd.
ïGooglc
Notabilités ïIontlcçonnaises 4ë5
NOËL HONTLUÇONNAIS
poui* l'aa de gi'ilcelTll Compoêé par François, vigneron, Michel et Nicolas, avocats de village. Air : Dans ces beaux lieux, Amour quitte les armes.
Dialogue
OouUb Vanlé, [i'rancés, ot segons que l'élelle
Qaù l03 pus vieux u'avont jamais vcgu : Los ciaux oITront qucle cliandcllc A Nové que l'y i6 vingu
Hlohiaud Qui' co vin[ donc cherchft dessus la tiarre. Cobiau Daupliin qu'ère si bien sudliaulT S'o fasév' la pe d'Angletiarre Los H ou landais seriont penauds.
Si coué co Ré, y faut be qui l'y mennc
Incaire uu ré que bé tant de son jus. Coué le brave ré que proumëoe Le camp-voulanl do Chovau-fug.
Conlas
Nôtres hargiés, din l'étable badade, S'alTanont prou à nichandi co ré.
Bias zé vingcr ta viaille cnflade, Los dés l'y housinionl de fré.
Francès Diu mon jadeau faut qu'o bcuvc rasade
Cinq ou six couos do vin de mon bari. Cou l'y fora passa l'ongtiade 0 ne sera d'ujan miarii.
Miobland Yune recru de rës vingué zen poste, 9'y assiéton par épia co Fi.
Ya ma qu'Hérodc, que radote.
Qu'en vaut être le décbampi.
Nicolas
Viens donc, Krançois, et suivons cette [étoile Que nos anciens n'avaient pas encore vue. Les rieux oPTrent cette chandelle A NoOl qui nous est venu.
Michel Que vient-il donc chercher sur la terre Ce beau Dauphin qui était ai bien au ciel f Ah ! s'il faisait la paix d'Angleterre, Les Hollandais scrniont penauds.
Si c'est ce Roi, il Tant bien que je lui (mène Un autre roi qui boit tant de son jus, C'est le brave roi qui promène Le camp-volant du Chevau-fug.
Nicolas Nos bergers, dans l'étable ouverte.
Se fatiguent assez pour réchauffer ce roi. Gilbert est venu la joue enflée, Les doigts lui bouainent (i) de froid.
François Dans ma jalle, il faut qu'il boive à pleins [bords Cinq ou six fois du vin de mon baril, Cela lui fera passer l'onglée, De l'année il ne sera plus engourdi.
Michel Un grand nombre de roissont venus en hàtti Et se sont assis pour contempler ce Fils. 11 n'y a qu'Hérode, ce radoteur, Qui se montre son ennemi.
(1) Bousiner se dit encore à Monttuçon
ïGooglc
Co bousUrin vers l'illre fait grand'chére, Din lui) chàliau, bin crépi, bin barra. Tant que José et la Coumôre TransUsotil din lun cbambarra.
Yun prince, naî comme la clic m in a de, L'y 7.é vingu ambé d'autres liouamians Pria le Fi de l'accoucliadc De l'y reindre le qucu pus blianc.
Tous se meltiont à écliargnil co drôle ; Bias qu'est cbampi, mas non gi trop fula, En viant sas mains coulcu d'agrôlc, Criyé be qu'o tèrc ganla,
~ Date ton masque, pelncliura d'amore,
Disse Gcrbaud, o fé pnu à rATant.
— Mas, te puluo, disse le Muore, Prinds las breniclas, vieux cliiarlaiil,
Din son pays, le soulei los barbouille. Sos piaux coutis sont tout racoquilla.
Paul be q On qu'o s
0 l'aye la bredou douille, iia d'ujan pigna.
Francès (confondant Noé avec NogI)
Has co Nové que nous est vingu veirc, Ne s'ri-tu pas co brève compagnon Que las aiguës fazéronl chère, Et qu'a quatilîa l'bourguignon t
En vindingcanl, son muscat l'y joue
[bourde.
Personne avant ne l'avionl gi lala.
Par ce, zo sucé tant la gourde Qu'o se couché sans s'abrégea .
Co biau garçou que repiéle à sa mère, Mieux que Nové nous furnira do vin ; Embé l'aiguë de la rivière 0 fura be do genétrin (1).
Cegrosvcniru.prèsdufeufaitbonnecbère, Dans son chjttcau, bien crépi, bien clos. Tandis que Joseph et sa Commère, Grelottent sur la paille d'un galetas.
Un prince, noir comme la cheminée, Y est venu avec d'autres bohémiens.
Prier le Fils de l'accouchée De lui rendre le cuir plus blanc.
Tous se mettaient à se moquer du drôle; Gilbert, enfant des champs,naîf et peu futé. Voyant ses mains couleur de corbeau Croyait bien qu'il avait des gants.
— Quitte ton masque, tout bariwuillé de
[mûres, Lui dit Gerbaud, il fait peur A l'Enfant.
— Mais, toi, plutôt, répond le Maure, Prends tes lunettes, vieux garnement.
Dans son pays le soleil les barbouille. Ses chevenx embrouillés sont tout reco-
[quillés.
Il faut vraiment qu'il ait eu la teigne, Ou qu'il ne se soit pas peigné de cette
[année.
François (confondant Noé avec Noël)
Mais c« Noël qui nous est venu voir, Ne serait-il pas ce brave compagnon Que les eaux du déluge ont épargné, Et qui nousa donné le vin de Bourgogne T
En vendangeant, son muscat lui joua un [tour, Le mijnde avant lui ne l'avait pas goûté. Pour lui, il suça tant la gourde, Qu'il se coucha sans se couvrir.
Ce beau garçon, qui ressemble A sa mère. Mieux que Noël nous fournira du vin ; Avec de l'eau de la rivière Il fera bien du genélrin.
(1) Genétrin, peiit vin de l'OrléanaJa.
ïGooglc
Coulas
Vaux-lu savé, Francés, lout co mystère 1 0 fra biau de qaeule paix en passant.
Mas 0 l'a be aut'chose à faire :
Coué de melr'eii prison Satan.
Co vieux aarpan, jaloux do proumié pèro, Gagna la fene en la fasan causA, Na raisonna cmbo une vipère !
Fautu qu'ai aimesse à jasâ !
Al japé tant que son li et son houmc DJn tun gouyà fulan tout sansouéra, Puilqu'Adam, en migeanl la poume, En décile jusqu'au racouarcha.
Mas l'ange agué la raison la pus Tounrle, Do paradis o los chassé tous doux, Et lou fasé gàgnà la pouarte Eu lou cougnant force oreiUoux.
HiohUa4,
Qu'Adam fil maux d'ccoulà sa niïgnarde, Quand la vingué var se pa le tenU, Si 0 l'y planlesse une gourmade, Qu'o nous en auri élaugea.
Tous sosafant, en dépeu la lourdunc, A la rason sont devingus souardeaux, Quédchis virent comme la lune, Et Irouvonl los autres lourdeaux.
L'y za cancar din la tête de l'houme Que ne joua pus ou be qu'est dérouta ; L'esprit, anida par la poume, Din le corps sîmble garroulta.
Couéyun trésor qu'est dînt une poutiarne. Coué yuR charhou sous la cindre pardu, On be la meuch'd'yune lantiame Qu'éclaire mas par un parlu.
Si bin qu'yuu rit de ça que l'aute pure ;
Co pure par re, codchi rit sans rasou,
Chaquin s'gouvame à l'aventure El bredignoune A sa façon.
NiooUa Veux-tu savoir, François, tout ce mystère? Il fera peut-être bien paix en passant. Mais il a bien autre cliose à faire : C'est de mettre en prison Satan.
Go vieux serpent, jaloux du premier père. Séduisit la femme en la faisant causer. Aller raisonner avec une vipère !
Faul-il qu'elle aimftt à jaser !
Elle parla tant que son lils et son homme Dans un bourbier furent lout souillés, Puisqu'Adam, en mangeant la pomme, Fat déchu jusqu'au dernier né.
Mais l'ange eut la raison la plus forte, Du paradis il les chassa tous deux, Et il leur Ht gagner la porte En leur donnant force horions.
Michel
Qu'Adam Ht mal d'écouler sa mignardc, Quand elle vint vers lui pour la tenter ! S'il lui avait donné une Iwnne gifle, Qu'il nous en aurait épargné !
Tous ses enfants, depuis la sotte faute, A la raison sont devenus sourds.
Ceux-ci tournent comme la lune Et trouvent les autres bètes et lourds.
Ilyaquelquechosedans la tête de l'homme Qui ne va plus ou qui est dévoyé ; L'esprit affaibli par la pomme, Dans le corps semble garrotté.
C'est un trésor qui est dans une poterne, C'est un charbon sous la cendre perdu ; Ou bien la mèche d'une lanterne Qui n'éclaire que par un trou.
Si bien que l'un rit de ce que l'autre [pleure.
Celui-ci pleure pourricu, celui-là rit sans [raison.
Chacun se gouverne A l'aventure
Et &it le hredin A sa façon.
lllSTOIRt: DE MoNTLOçod
Queul ctTauri vé ded'm sa lëmille Quoquc grand sir, et vaut robirpusd'haut.
En cliemi, la mort que le guille, L'y vire los lins on n'haut.
Tous sonl pétris de la même moularde, Moines, soudais, rés, princes, frécliuriés- Apres ta darièrc bàillade, Los proumiers seront los dariers.
Parloulsavé, l'un s'essauii la lête, D'sone n'argol enlla coume in bouffât.
0 mel tout son aime à écrire Cou que dos foulalrès on fait.
Cobranie-faiin,sin ma sou din la bouille.
De biauK habits vaut toujous s'affubla.
Codchi d'un p'nailloux s'envretouille Et vend soii gounot pas bafrà.
L'aule que sus zà tire peunc. Gagne de l'or, amé n'est pas contint.
Tant qu'o n'a pas sa pliènc bcunc ti'a jamais tàla do hou temps.
Eutin, l'un gihe et toujous l'aule gronde,
Mé cotchi l)é, et tant mé o l'a s6.
Pus l'aule vé tourna le monde, Hins 0 comprind coume o lé lait.
Clicï los soudai!', los prêtres et la robe, Sous vions l'ivraie étouB'ù le froumeut, Tout l'y zé à la jibe-jobc, Los petits ctaampissont los grands.
Francès
El endèpeu la conimencaillc
Le monde ne futé mieux gouverna,
On ébaudit be la canaille,
On ne peut gi la contenta.
Cet écervelé voit dans sa famille.
Quelque grand seigneur et veut mouler [plus haut.
En cliemin, la mort qui le guette, Lui fait tourner les fers en l'air.
Nicolas
Tous sont pétris de la tn&rae terre molle : Moines, soldats, rois, princes, fricassiers. Mais, après le dernier soupir.
Les premiers sont les derniers.
Pour tout savoir, l'un se fatigue la tâte. De son verbiage, enOé comme un soufflet. Il met loute son application à écrire Ce que d'autres folâtres ont fait avant lui.
Ce meurt-de-faim, sans tin sou dans la [poche, De beaux habits veut toujours se parer. Celui-ci, d'une guenille s'enveloppe.
Et vend le peu qu'il a pour manger.
L'autre qui sue et se donne de la peine Gagne de l'or, mais il n'est pas content, Tant qu'il n'en a pas une pleine hotte. Il ne goùie pas une heure de bon temps.
Enlin l'un s'amuse et toujours l'autre se [fâche.
Plus celui-ci boit et -plus il a soif.
Plus l'autre voit la façon du monde, .Moins il comprend comment il est fait.
Chez les soldats, prêtres et gens de robe. Nous voyons l'ivraie étouffer le froment. Tout y est à l'aventure, Les petits singent les grands.
François
Et depuis le commencement
l.e monde ne put être mieux gouvemé.
On amuse bien la canaille,
On ne peut guère la contenter.
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Koié prÎDgué piU de note peune, On vint rahoudâ co monde dévouya.
Si au paradis o nous meune Satan sera bin affiata.
Coolaa
N'aurans pu pau que degu nons attrape,
Pusque Nové vint se mâm'gonvema.
Jetana donc à la gripe-gmpe Le butin qu' n'avons détourna.
Car los mitouK, que vont quintant l'ou- {rille, Los rebouteux, las catius, los brigands, Par compénie auront la grille, El ambé ris, los maufasanU.
Noël, qui a pns pitié de notre misère, Vient redresser ce monde tant dévié ; Si au paradis il nous mène
Satan sera bien attrapé.
Nicolas
Nous n'ai
s peur que personne [nous trompe^ Puisque Noël vient lui-même gouverner; Restituons et jetons en l'air Tout ce que nous avons volé.
Cartes hypocrites, qui vont dressant l'o- [rcille, Les gueux, les lille» de joie, les brigands, Tous ensemble brûleront en enfer, Et avec eux, tous les miiuhants.
Ancien Château dea BoorbODS A Hontluçou
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