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PROMENADES ET JARDINS

Le Jardin des Plantes. — Légende de Narcissa. — Le Peyrou. — L'Esplanade.

Le Jardin des Plantes fondé par un édit rendu à Vernon par Henri IV, à la date du 8 décembre 1593, est le plus ancien de la France. Celui de Paris ne fut créé que quarante ans après.

Rondelet avait, depuis longtemps déjà, propagé par son enseignement l'étude des plantes, et, par ses leçons, avait formé les grands botanistes du xvi^ siècle.

Richer de Belleval avait déjà réuni au Jardin du Roi 1332 espèces lorsque le siège de Montpellier, en 1622, vint le détruire presque entièrement. Ce savant ne put sauver que les plantes qu'il put transporter dans le jardin de l'Académie (actuellement Ecole de Pharmacie).

Le vrai créateur de ce superbe établissement, le fondateur réel, dont 1 histoire aura à se rappeler le nom, est Pierre de Belleval, qui consacra aux études des sciences naturelles son temps, ses voyages, sa fortune. C'est lui qui, le premier, professa la botanique dans le Jardin ; ç':2st lui qui en fit la première disposition et qui prépara les diverses expositions des terrains propres à recevoir les plantes

qu'il avait recueillies dans ses nombreuses courses scientifiques, et notamment les plantes alpestres et les végétaux des Cévennes et des Pyrénées.

Le Jardin des Plantes, lors de sa fondation, comprenait toute la pente qui s'étend de la route de Ganges à la colline du Peyrou. L'emplacement actuel du Jardin était une pépinière (seminarium). Le Jardin aujourd'hui réservé au Rectorat était appelé Carré de la Reine et la partie méridionale Carré du Roi.

« Le Jardin du Roi était coupé en deux parties ; l'une appelée le Jardin médical, l'autre la Pépinière. La première était destinée aux démonstrations des plantes et consacrée à l'Université ; l'autre était remplie de plantes étrangères qui, pour la plupart, étaient montagneuses, destinées plutôt à la curiosité qu'à la nécessité, afin que ceux qui accouraient des provinces et des nations étrangères y reconnussent leurs richesses. A cet usage était consacré un terrain en pente, au-dessus duquel était construit un grand portique, orné d'animaux desséchés les plus rares et de dépouilles de monstres terrestres et marins, ainsi que divers objets merveilleux d'histoire naturelle qui, piquant la curiosité du voyageur, ajoutaient encore à l'opinion qu'ils avaient conçue du Jardin du Roi. »

Michel Chicoyneau succéda (1664), comme chancelier et comme intendant du Jardin, à Martin Richer de Belleval, son oncle, de même que celui-ci, neveu de Pierre Richer, lui avait succédé dans sa charge en

La chaire de botanique et la direction du Jardin des Plantes furent confiées à Pierre Magnol en 1694 ; il avait concouru, en 1667, pour cette chaire et avait été classé premier, mais il était protestant et sa nomination ne fut ratifiée par le roi qu'en 1694, époque de son abjuration.

Puis apparaissent jusqu'à la fin du xviii® siècle les noms d'Aymé-François Chicogneau (1723), de Bois-

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