‹ Histoire de MontpellierChapitre 114 sur 145 · LH PEYROU · texte numérisé non relu

LH PEYROU

sier de Sauvages (1740), de Jean-François Chicoyneau (1758), d'Imbert (1760), et surtout de ses suppléants Claude Chaptal, père du célèbre chimiste, et Pierre Cusson; d'Antoine Gouan (1771), le correspondant et l'ami de Jean-Jacques Rousseau.

Sous une modeste voûte couronnée d'arbres et d'arbustes une tradition fait dormir plus d'un siècle et demi la tendre fille adoptive d'Young, Narcissa, tant pleurée par ce poète.

Dans son poëme Les Nuits ^ Young a déploré amèrement la mort d'Elisa sous le nom de Narcissa. Un traducteur, ou plutôt un commentateur, François Le Tourneur, publia les poèmes d'Young en défigurant le texte, et pensa que la phrase suivante : Ses bras paternels portèrent sa fille plus près du soleil y devait vouloir dire à Montpellier. Ce mot devait être l'origine d'un débat séculaire.

Le bruit de cette découverte se répandit bientôt et l'on accourut vers la tombe de Narcissa. Les fréquents voyages des Anglais à Montpellier ne pouvaient d'ailleurs que rendre la légende plus vivace.

Toutes les personnes de qualité passant à Montpellier ne manquaient pas d'aller voir cette tombe. Talma ne fut pas le dernier à s'associer à la douleur du poète. Le célèbre de Candolle aimait le souvenir d'une jeune fille qui mettait de la poésie dans son Jardin et donnait du sentiment à toutes ses fleurs. L'ingénieur Prunelle voulut poétiser la mort de cette fille chérie, et, pour en perpétuer la mémoire, il fit pour la grotte une courte inscription.

Le Peyrou. — Cette promenade est aujourd'hui une des plus belles de l'Europe, soit par l'ordonnancement de ses lignes architecturales, soit par sa situation élevée qui permet à l'œil d'embrasser une grande partie de l'horizon.

Le Peyrou, en languedocien lieu pierreux, servait, au milieu du xii^ siècle, à une foire ou à un marché. Purant le siège de Montpellier par Louis XIII, les

MONTPF.LLIER

assiégés y établirent une batterie. Depuis, le Peyrou devint une aire à battre le blé.

Par un temps serein, on découvre les Alpes, le Canigou, les Pyrénées, le mont Ventoux du côté de la Savoie, un arc immense de la Méditerranée au milieu duquel surgit Maguelone.

Le premier projet de transformation du Peyrou en promenade est dû au marquis de la Trousse, gouverneur, en 1686, de la Province.

La même année, on confia la direction des travaux à l'architecte d'Aviler, et il est juste de rappeler que c'est lui qui fit construire la vaste terrasse ayant 260 mètres de longueur sur 84 de largeur.

Les Etats de la Province avaient décidé, en 1683, de faire ériger à Montpellier la statue équestre de Louis XIV. Elle fut posée sur la place du Peyrou le 10 février 1718.

Fondue à Paris, elle avait été embarquée à destination de Bordeaux, où elle était tombée dans la Garonne. On l'avait repêchée avec beaucoup de peine et elle avait été conduite par le canal jusqu'au Port Juvénal. La dépense totale, pour cette statue, avait été de 250.733 livres.

Le 2 octobre 1792, la statue fut transformée en canons. En 1817, le Conseil général de l'Hérault en vota le rétablissement. La nouvelle statue, due au sculpteur Debay, fut mise en place le 7 août 1838.

En 1766, on entreprit l'agrandissement et l'ornement de la place du Peyrou. La première pierre fut posée en présence des Etats de Languedoc, le 29 décembre. Les travaux furent exécutés d'après les plans et devis de Giral et de Doumet, son élève. Ces travaux , auxquels furent rattachés ceux de l'aqueduc de Saint-Clément, durèrent plus de huit ans et coûtèrent 1. 172. 667 livres.

L'ensemble de l'ouvrage comprend 53 arceaux de 8 mètres d'ouverture et 4 mètres d'épaisseur. 11 y a au-dessus, 108 arceaux ; 24 d'entr'eux sont échelonnés

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