‹ Histoire de MontpellierChapitre 12 sur 145 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

existaient déjà et qu'aux Gallo-Romains se réunirent d'anciens Grecs, Celtes, Gallo-Francs et Visigoths, colons de Maguelone. Plus tard, en 815, des Goths, descendus des Pyrénées, viennent s'implanter dans le pays, et c'est peut-être par suite de la nouvelle émigration que cette cité fut, pendant plusieurs siècles, sous la domination espagnole.

La destruction de Maguelone, en 737, par Charles Martel, fut une des causes principales de l'accroissement des deux bourgs, entre lesquels se partagea pendant longtemps le pouvoir des seigneurs et des Evêques de Maguelone, dont le siège avait été transféré à Substantion.

Il n'est que rarement permis de fixer une date précise sur l'origine d'un lieu; moins souvent encore l'étymologie du nom vient-elle apporter un document positif. La nomenclature suivante permettra, de se rendre compte du peu de créance que l'on doit ajouter aux légendes sur l'origine du nom de Montpellier.

On écrit :

En 975 Monspetellarius, En 1160 Monspessulanus, 1060 Monspitilla, 1190 Montepessolano ,

1068 Monspilerius, xii« siècle Monspelier, 1076 Monspitellarius, 1202 Monspeslier,

1068 Monspeler, 1204 Monspessulanus,

1114 Montispessulani, 1207 Monspeylier. 1119 Monspessulus,

Cette orthographe prévaut, depuis la grande charte de 1204, sur toutes les autres formes latines du XIII® siècle et des suivantes :

1349 Villa Montispessulani,

1495 Montpellier,

1587 Montpeillier.

Enfin le xvii® et le xviii® siècles écrivirent quel^ quefois Montpelier, mais plus souvent Montpdlier, orthographe définitive.

Certains étymologistes s'arrêtent au nom de Mons

Pessuïus, d'autres à celui plus gracieux et plus populaire de Mous Piiellariim.,.

Pour les premiers le monticule où se trouve aujourd'hui Montpellier était un bois où les habitants de Substantion avaient seuls le droit de faire paître leurs bestiaux ; ce bois aurait été entouré d'une palissade et la porte fermée au verrou.

Mous Piiellarum se rapporterait à la légende des deux sœurs de saint Fulcrand qu'Arnaud de Verdale dit avoir été maîtresses de notre territoire.

Le chanoine Gariel, en considération de la piété des habitants envers Marie, imagina Mons Piiclla.

Rulmm désigne ainsi cette ville à cause de sa situation sur le Lez : Mons in pedc Leâi.

D'autres, à cause de la nature du terrain à bases rocheuses, la nomment Mont-PiJicr.

D'autres encore prétendent qu'à l'origine la ville était située sur les bords du Lez, non loin du port Juvénal, et que, pour se garantir des débordements de la rivière et des invasions ennemies, les habitants auraient choisi le monticule voisin de leurs habitations {Versus monieni pulsi). D'après l'historien qui rapporte ce fait, le nom du bourg situé près du port Juvénal aurait été AgratJiopolis.

La véritable étymologie a été établie par M. Chabaneau : Monspitillarius (montagne des épiciers). Elle dérive à la fois de la philologie et de l'histoire locale.

Les deux bourgs, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, sous les Volsques Arécomiques, de même qu'à l'époque de la domination romaine, n'eurent pas une grande importance, puisqu'il n'en est nullement question comme point d'arrêt sur la voie qui conduisait de Nîmes à Narbonne.

L'émigration des Visigoths qui vinrent se fixer dans le pays date de l'année 827. Des Espagnols fuyant la tyrannie des Maures Sarrasins, se réfugièrent dans le midi de la France. La différence des

LES SEIGNEURS (x^ SIHCLe)

races n'aurait-elle pas fait désirer à chacun de ces peuples de se réunir dans le même bourg?

Les habitants de Maguelone, en construisant leurs nouvelles demeures à Montpellier et Montpelliéret, contribuèrent à mélanger les races primitives, et on peut affirmer que l'origine des races des habitants de Montpellier est très multiple et qu'il est difficile, à notre époque, de déterminer celle qui a prévalu. Cependant il est à présumer que le grand commerce des habitants de cette cité avec tous les peuples qui avaient des villes sur les rivages de la Méditerranée, était dû à la race des premiers habitants de Maguelone, les Phéniciens, les Arabes et les Maures.

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