ORIGINE
Origine. — Légendes. — Bourgs de Montpellier et Montpclliéret. — Destruction de Magueloue. — Etyniologies du nom de Montpellier. — De la race primitive des habitants.
L'histoire civile et politique de Montpellier ne commence que vers la fin du siècle, en 990.
Cependant il existait primitivement deux bourgs qui prirent une plus grande importance à la suite de la destruction de Maguelone, dont les habitants vinrent s'établir tout autour de la colline sur laquelle s'élevait une antique forêt.
Les légendes sur la fondation de ces deux bourgs méritent d'être rapportées :
. « 11 y a sur l'origine de Montpellier une précieuse « légende. Le comte de Maguelone, Aigulf, contem- « porain de Pépin-le-Bref et père de saint Benoît « d'Aniane, frappé des graves changements politiques « auxquels il assistait, consulta, dit-on, un talmu- « diste, son médecin et son familier. Celui-ci lui fit « voir, au milieu d'un bois et pendant le silence de « la nuit, deux arbustes, deux arbrisseaux mysté- « rieux, qui, d'abord distants l'un de l'autre, se réu- « nirent bientôt en un grand arbre à doubles racines.
Hi5T. DE Montpellier
« Apparut ensuite une jeune fille avec deux têtes, « qui, à leur tour, se condensèrent en une seule. « Cette jeune fille, ravissante de beauté et rayon- « nante de gloire, se mit, d'une bouche fatidique, à « prophétiser l'avenir. Or, ajoute la légende, le « comte Aigulf, dans le bois et au lieu même où il « avait eu cette apparition, jeta les fondements d'une « ville, et cette ville fut Montpellier. »
Arnaud de Verdale, évêque de Maguelone, écrivait au milieu du xiv^ siècle :
« Il y eut autrefois deux sœurs, dont l'une possé- « doit Montpellier et l'autre Montpelliéret en franc « alleu. Elles étoient d'une anciène noblesse, car il « est prouvé qu'elles eurent pour frère le bienheu- « reux Fulcrand, dont la mère étoit de la maison des « comtes de Substantion, et qui, après avoir été « archidiacre de Maguelone, remplit avec beaucoup « de gloire la chaire des évêques de Lodève. Ces « deux sœurs étant pénétrées de la pensée que le « monde passe avec les passions qui nous attachent « à lui, résolurent de gagner le ciel par le moyen « des biens passagers qu'elles avoient sur la terre. « Elles prirent donc le parti de transférer, par une « donation irrévocable, à l'Eglise de Maguelone, tout « le droit qu'elles avoient dans la possession de « Montpellier et Montpelliéret, avec toutes leurs « appartenances, et, en s'acquittant de leur vœu, « elles firent, à perpétuité, un don de ces deux pla- « ces, avec leur district, à Dieu, aux saints Apôtres, « saint Pierre et saint Paul, et au vénérable Ricuin, « évêque de Maguelone. »
Les deux bourgs situés, l'un au nord-ouest de la colline, l'autre au sud-est, ont été les bases de l'origine de la ville dont il est fait mention, pour la première fois, au vii^ siècle.
Aucun document ne vient prouver que ces deux centres de population aient été construits, en 737, par les fugitifs de Maguelone, et il est à présumer qu'ils