‹ Histoire de MontpellierChapitre 6 sur 145 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Des légendes mystiques sont les origines de la fondation de Montpellier. Les deux bourgs de Montpellier et Montpelliéret seraient restés longtemps dans leur état primitif si les habitants de Maguelone, chassés par Charles-Martel, n'étaient point venus y établir leurs foyers. La vie communale prit un mouvement des plus actifs lorsque les deux bourgs unirent leurs intérêts. Sous les premiers seigneurs les habitants par une lutte incessante et le plus souvent pacifique conquirent ou se prévalurent peu à peu de nombreux privilèges et libertés.

Son commjerce rayonnait sur tout le littoral méditerranéen, son enseignement attirait dans ses^ murs des personnages célèbres et de nombreux étudiants.

Après avoir échappé aux catastrophes de la Croisade contre les Albigeois, après avoir été une des villes les plus libres, les plus indépendantes, les plus commerçantes de notre pays, elle devint un des centres des luttes religieuses des xvî'etxviio siècles. Dans

PRIFACE

moins d'un siècle, elle vit disparaître ses monuments; ses remparts furent démantelés et une citadelle étouffa son esprit d'indépendance ou de rébellion envers le pouvoir royal.

Combien de familles n'avaient-elles point abandonné leur pays natal pour aller porter ailleurs leur fortune, leur commerce, leur industrie ? Son ancienne renommée s'était éclipsée peu à peu et de sa splendeur d'autrefois il ne lui restait que son enseignement médical toujours en grand renom.

La réunion des Etats de Languedoc à Montpellier pendant presque tout le cours du XVIII* siècle amena dans ses murs des personnages de qualité et lui donna ce caractère aristocratique qu'elle a conservé jusqu'à nos jours.

Depuis lors Montpellier a tout reconquis. Sa population augmente dans des proportions très sensibles, et ses faubourgs s'étendent bien loin de son ancienne enceinte.

Cette cité, dont les annales sont si glorieuses, conservera toujours la grâce et la beauté de ses femmes, égides de ses premières destinées.

Albert Fabre.

Monipellier, 21 mars 1897.

DE

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