‹ Histoire de MontpellierChapitre 86 sur 145 · LES DAMES, LEUR PORTRAÎT · texte numérisé non relu

LES DAMES, LEUR PORTRAÎT

(17^1), disent qu'on les présenta dans un hôtel à un grand nombre de « dames qu'on nous a dit être les plus polies, les plus qualifiées et les plus spirituelles delà ville. A leurs petites mignardises, leur parler gras et leurs discours extraordinaires, nous crûmes bientôt que c'étoit une assemblée des précieuses de Montpellier. »

Platters, dans ses Mémoires (xvi'^ siècle), parle souvent des dames de Montpellier.

« En entrant (à Montpellier), nous rencontrâmes un grand nombre d'habitants de la noblesse et autres, enveloppés de longues chemises blanches et parcourant les rues, précédés d'instruments à corde et de bannières. Ils tenaient à la main des coquilles d'argent pleines de dragées et frappant dessus avec des cuillers du même métal, pour offrir leurs sucreries à toutes les jolies filles qu'ils trouvaient sur leur passage. »

D'autres historiens n'ont pu s'empêcher de rendre hommage aux grâces et à la gentillesse de cette partie du beau sexe qui forme ici un intermédiaire entre les premières et les dernières classes de la société et qu'on y désigne sous le nom de grisettes. Vives à l'excès, un peu coquettes et parfois sentimentales, leur physionomie est toujours expressive, leur langage gracieux et leurs manières séduisantes. C'est à elles surtout qu'il appartient de maintenir, dans toute son expression et sa suavité, l'idiome montpelliérain qu'il est impossible de ne pas aimer dans leur bouche.

Vilback, s'exprime ainsi : « Cette douce langue et ses nombreux diminutifs prennent un charme particulier dans la bouche de ces grisettes, à taille svelte, qui brillent plus encore par la grâce que par la beauté. La facilité de leurs mœurs est, dit-on, la sauvegarde de la vertu des dames ; il est au moins certain que Montpellier est la ville de France où l'on parle le moins d'aventures galantes dans les premières

classes. Elles sont généralement d'une taille svelte, au-dessus de la moyenne. Nulle part la femme, en toutes classes, n'a plus de grâce et de dignité dans les mœurs. La grisette montre, elle aussi, un souci du qu'en dira-t-on. »

Thomas a tracé des grisettes un portrait très exact : Le costume favorise singulièrement les agréments que la grisette de Montpellier a déjà reçu de la nature. Sa taille piquante, svelte, voluptueuse même, sa physionomie vive, agaçante, souvent jolie, presque toujours gracieuse, et couronnée d'un bonnet de tulle brodé ou de mousseline bordée de dentelles ; des pendants ornent ses oreilles : des chaînes d'or circulent plusieurs fois autour du cou, ou bien un collier qui l'entoure présente à sa partie antérieure un gros fermoir ou un autre bijou, une croix, un cœur d'or. La gorge est à demi-couverte d'un petit fichu ordinairement de laine, dont les pointes retombent avec grâce, en forme d'écharpe, sur un tablier de soie. Une robe de m.ousseline peinte, qui s'élève au-dessus du sein, descend à peine sur la partie moyenne inférieure de la jambe qu'elle laisse entrevoir finement moulée sous un bas blanc qui contraste avec la spirale du ruban de couleur de la chaussure. On assure que le costume intérieur, encore qu'il soit mystérieux, est aussi décent, aussi soigné, aussi élégant que celui qui est exposé aux regards.

Les Montpelliéraines ont la taille svelte et plus petite, et, quoique souvent brunes comme les hommes, elles ont de l'éclat dans la jeunesse, mais plus de grâce que de beauté » (1836).

Les dames de Montpellier ont toujours le même renom de grâce et de beauté que leurs aïeules. On peut s'en convaincre, aux jours de fêtes et de réjouissances publiques, alors que, par nos beaux jours de soleil, nos promenades sont envahies par le sexe aimable et que la joie vient animer et colorer des visages toujours souriants,

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