ANCIENNES INDUSTRIES ET MÉTIERS
Les industries ou métiers du moyen âge étaient cantonnés dans les mêmes lieux.
AiGUiLLERiE (Rue de 1'). — Eguilerie. Cette rue part de la rue du Pila Saint-Gély et se termine aux halles. Les fabricants et les marchands d'aiguilles et autres menus objets y étaient cantonnés.
Vers le milieu se trouvaient le château des vicaires (seigneuriaux) de Montpellier et leur petite église Saint-Nicolas, suspendue au-dessus de la rue qu'elle traversait par un arceau. Elle fut détruite en 1568.
Sur son parcours, on trouve l'église Notre-Dame, la rue Montpelliéret, et vis-à-vis, l'ancien Hôtel des sciences. La percée de la rue Nationale permet de
MONTPF.LLIl-R
voir la Préfecture et, dans le fond, la porte du Peyrou, la statue de Louis XIV et le Château d'Eau.
Argenterie (Rue del').— L'industrie des argentiers, appelés aussi dauradors^ daiiraires et anneliers^ était autrefois très importante ; ses produits avaient un grand renom de pureté et de finesse,
La rue a conservé jusqu'à nos jours son ancienne physionomie. Sa situation au milieu de la ville, son tracé anguleux et ses débouchés à la Grand'Rue et au Marché en font un des endroits les plus fréquentés par les acheteurs et surtout par les habitants des communes voisines.
Vers le haut de cette rue se trouvait la maison des rois de Majorque, reconnaissable par sa porte ogivale.
BALANCEs(Rue des). — Cette dénomination ancienne et populaire permet de supposer que le commerce de ces objets était dans cette rue ou qu'il y avait un hôtel portant, en guise d'enseigne, une balance.
Bakralerie (Rue de la). — Ainsi désignée à cause de l'industrie des barraliers ou tonneliers (barrai, en patois, petit tonneau). Elle fut ensuite dévolue aux cordonniers et aux juifs. Dans un acte de 1497 elle est nommée rue de la Sahoterie neuve y pour être différenciée de l'ancienne rue de la Saboterie, devenue la rue du Palais. L'ouverture de la rue Nationale a fait disparaître une grande partie de cette rue.
BLANQ.UERIE (Boulevard et ancienne Rue de la Blanquerie, actuellement rue de l'Université, une des plus vieilles rues de Montpellier). — Ancien quartier des blanquiers ou mégissiers (tanneurs préparant les peaux blanches). Ils y avaient élu domicile à l'époque ou le Merdanson promenait à découvert, aux pieds des murs, ses eaux fétides.
Sur le boulevard se trouve la Maison centrale de force et de correction, pouvant recevoir ^50 femmes.
RUES : ANCIliNiNÉS INDUSTRIES ET M^TItRS 50I
Le principal établissement de la rue est l'Hôtel des Facultés, ancien hôpital Saint-Eloi, fondé vers la fin du xn^ siècle.
Canabasserie (Rue de la). — On y trouvait les marchands de chanvre (en latin canahis^ en patois canabas, canobe et canibe), ou de toile de chanvre (d'où le mot français canevas). Cette rue n'existe plus; elle allait de la place de la Préfecture à la place des Cévenols.
Carbonnerie (Rue de la). — On y voyait les marchands de charbon.
CoRRATERiE (ruc de la). — Cette rue n'existe plus. Elle allait de la place de la Préfecture au plan d'Arènes ; et ce nom lui venait de ce que l'on avait assigné cette rue à ceux qui exerçaient le métier de la corrateric et qu'en patois on appelait courraiics ou courretiés, d'où courretiers et courtiers.
DraperU'-Rouge (Rue de la). — Cette rue a disparu en 1851 et a été absorbée par la place de rHerberie. Son nom était un des plus anciens de Montpellier, car il figure dans un acte de vente de 1 194. Il farsait allusion à l'ancienne industrie de la teinturerie écarlate, cantonnée dans cette rue et si renommée à Montpellier.
Draperie-Saint-Firmin (Rue de la). — Le commerce de la draperie rouge était aussi confiné dans cette rue.
Etuves (Rue des). — Les étuves ou bains de Montpellier se trouvaient dans cette rue ; d'où vient que les anciens documents l'appellent souvent « rue des Bains ».
Fournarié (Rue).— Ce nom rappelle l'industrie des boulangers et paraît provenir de ce qu'il existait plusieurs fours dans cette rue.
Friperie (Rue de la).— Ce nom vient de l'industrie qui s'y exerçait. Au moyen âge les fripiers s'appe-
laient pcillcrs ] de là s'est conservé ce cri de peille^ ferré hiel (chiffons, fer vieux), que les marchands de chiffons font encore entendre. Leur quartier s'appelait la Peillarié.
Gagne-Petit (Rue des). — Vieux nom faisant allusion soit à une localisation de métiers, soit plutôt à une enseigne dont le souvenir est effacé.
Groularié (Rue). — D'un vieux mot, qui signifie savetier.
Herberie (Rue et Place). — Là se tient le marché des herbes.
Huile (Rue de 1'). — Noiti populaire très anciennement donné à une rue conduisant à une place située devant l'église Sainte-Anne, appelé Plan de l'Huile.
JuivERiE (Rue et Impasse de la). — A Montpellier, comme ailleurs, les Juifs étaient parqués dans certains quartiers. Cette rue et cette impasse ont disparu, lors de l'agrandissement de la Préfecture.
Marbriers (Rue des). — Cette rue n'existe plus.
Pelleterie (Rue de la). — La vente des objets de cette industrie y était autrefois cantonnée.
Tanneurs (Quai et Impasse des). — L'industrie de la tannerie si importante autrefois, n'existe plus aujourdh'ui.
Teissiers (Rue des). — C'est l'ancien nom patois des tisserands, qui habitaient ce quartier.
Tondeurs (Rue des). — Occupée autrefois par les ouvriers de cette industrie.
Triperie-Neuve (Rue de la). — Autrefois rue de la Vacarié^ à cause de l'industrie anciennement cantonnée dans ce quartier. En 1882, on a donné à cette rue le nom du peintre Alexandre Cabanel.
Triperie-Vieille (Rue de la). — En 1250, Jacques L'' fit construire un vaste emplacement destiné à recevoir les marchands de testes, pieds et tripes, apa-