‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 26 sur 63 · VI. RÉDUCTION DE LA JUDÉE EN PROVINCE ROMAINE · texte numérisé non relu

VI. RÉDUCTION DE LA JUDÉE EN PROVINCE ROMAINE

27. Partage de la Palestine entre les fils d'Hérode, par Auguste. — 28. Déposition d'Archélaûs par Auguste. Réduction de la Judée en province romame. — 29. Recensement définitif de la Judée, par Quirinius.

30. L'enfant Jésus perdu et retrouvé. L'éducation de Jésus selon les rationalistes. — 31. Prétendus frères et sœurs de Jésus. — 32. hnpossibilité d'introduire, dans le récit évangéhque, les prétendus frères et sœurs de Jésus. — 33. Les frères de Jésus, nommés dans l'EvangUe, étaient-ils les fils de Marie ? — 34, Sens du mot « frère » dans le style hébraïque. — 35. Les frères obscurs de Jésus.

§ I. La Sïativité.

Récit 1. La foule était grande, aux abords de Bethléem, la

évangélique

de la cité de David , parce que tous les membres de la descen-

Nativité.

dance royale, réunis, des divers points de la Judée, accouraient se faire enregistrer, suivant la teneur du décret impérial. « Or, le temps où Marie devait enfanter était venu. Elle mit au monde un fils, son premier-né, l'enveloppa de langes, et le coucha dans une crèche; parce qu'il ne s'était point trouvé , pour eux , de place dans l'hôtellerie. Or, les bergers, dans la campagne voisine, veillaient, pendant la nuit, à la garde de leurs troupeaux. L'Ange du Seigneur leur apparut; une lumière céleste les environna; et ils restèrent saisis d'épouvante. Ne craignez point, dit l'Ange/ voici que je vous apporte la nouvelle d'une grande joie

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pour tout le peuple. Aujourd'hui est né, pour vous, le Sauveur, le Christ, le Seigneur, dans la cité de David. Voici le signe auquel vous le reconnaîtrez : Vous trouverez un enfant, enveloppé de langes, et couché dans la crèche. — Soudain , une multitude d'esprits célestes se joignirent à l'Ange; ils chantaient les louanges du Seigneur, et disaient : Gloire à Dieu, dans les hauteurs du ciel ; et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté ! — Quand les chœurs angéliques eurent disparu dans les cieux , les bergers se disaient l'un à l'autre : Allons à Bethléem; voyons l'accomplissement de la parole que le Seigneur nous a fait annoncer. — lis vinrent en grande hâte, et trouvèrent Marie, Joseph et l'enfant déposé dans la crèche. A ce spectacle, ils reconnurent la vérité des paroles de l'Ange. Les étrangers, qui entendirent leur récit, admiraient ces merveilles. Or Marie conservait toutes ces paroles, et les méditait dans son cœur. Les bergers revinrent ensuite, glorifiant Dieu, et le louant de tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en conformité avec la révélation des Anges \ »

* Luc, II, 6 - 20. Le Dies Natalis Domini , si éloqueraraent célébré par tous les Pères de l'Eglise grecque et latine, s'est transformé, dans notre langue française, et a pris le nom de Noël (traduction de l'expression romane Nadal ou Natal). La nation chrétienne des Francs naquit à la foi, en ce jour, par le baptême de Clovis (25 décembre 496). Pour tout ce qui regarde l'admirable liturgie de Noël, étudier le Chapitre qui est consacré, dans le Ratmial de Durand de Monde, véritable monument d'érudition et de piété, dont l'étude, trop long-

Losmagni- 2. Lo moiicle entier a suivi les bergers à l'étable de

ficences

divines de Bethléem. Prosterné devant la crèche, baignant de larmes

l'étad)le.

l'humble hlière sur laquelle repose un Dieu, l'homme s'anéantit, dans l'extase de l'amour, de l'adoration et de la reconnaissance. Oui, c'était ainsi qu'un Dieu devait naître! Une misérable vanité humaine, ayant à choisir son berceau, l'aurait sans doute placé sur les marches d'un trône; elle l'eût entouré des empressements d'une foule servile; l'éclat des trompettes retentissantes eût réveillé les échos, pour annoncer à la terre la naissance d'un nouveau maître; la chaumière aurait tressailli, au signal attendu du palais. Quelle indigence que les royautés de ce monde devant Dieu ! quel silence pour lui que le bruit de nos tonnerres ! quel néant que nos grandeurs! Ce que nous appelons la richesse n'est qu'un manteau d'emprunt, pour couvrir nos réelles misères ; ce qu'on décore du nom de puissance n'est que l'enseigne d'une plus éclatante servitude; Dieu, descendant ici-bas, ne pouvait épouser nos pompes mensongères. K Mais le bœuf de l'étable reconnut son créateur; l'âne sut discerner la crèche de son Dieu 2. » Les Anges visitèrent les campagnes de la Nativité, comme aux jours où Jacob y faisait paître ses troupeaux. «Les peuples, assis dans les ténèbres, à l'ombre de la mort, » courbés sous un

temps négligée, commence enfin à reprendre faveur, et qui devrait être familière à tous les prêtres. { national , trad. de M. C. Barthé-. lemy, tom. III, p. 217, Paris, Vives, 18S4.) ^ Isai,, cap. i, 3.

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joug de fer, da.nsV Ergastulwn romain, « virent se lever la lumière ^ » Les décrets de salut, enregistrés, dès l'éternité, dans les conseils de la Providence, sont accomplis. « Le Verbe s'est fait chair. Gloire à Dieu dans les splendeurs du ciel ; et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » Des bergers sont les premiers adorateurs du Roi immortel de la paix, qui vient de naître ; les prémices du Pasteur divin, qui va réunir les troupeaux des générations humaines, dans le bercail de son Eglise. Marie, la Vierge Immaculée, les introduit près de Tenfant, que ses mains ont enveloppé de langes ; qu'elle a le droit de nommer son fils , et le devoir d'adorer comme son Dieu. Joseph, l'héritier de David, contemple, avec eux, le chef promis à Israël, dont le règne n'aura pas de fin. Le récit des bergers circule parmi la foule, que l'édit d'Auguste attire à Bethléem. L'admiration s'éveille sur la crèche , où repose un petit enfant. Seules , de telles pompes convenaient au Verbe incarné ; sa divinité éclate mieux, dans la nudité de l'étable , et dans l'abaissement de la crèche !

3. Mais étudions, au point de vue de l'authenticité his- Le rationalisme motorique, le récit de cette merveilleuse naissance, A côté du "^eme fait

naître Jésus-

charme divin que le texte sacré exerce sur les cœurs , il y ^''"^' ^

•^ ' •' Nazareth.

a, dans chaque détail, un parfum de vérité qu'il importe de dégager par une sérieuse analyse, en un temps où la négation a prétendu tout envahir. L'Europe entière a lu, en ^ Isa., IX, 2.

CCS derniers jours, une Vie de Jésus, qui débute par ces

paroles : « Jésus naquit à Nazareth, petite ville de Galilée,

qui n'eut avant lui aucune célébrité K » S'il suffisait d'é-

* Vie de Jésus, pag. 19. L'auteur cite, à l'appui de son assertion : «Matth., xui, 54 et suiv., Marc, vi, et suiv.; Jean, i, 45, 46. » Selon son procédé habituel, les chiffres des versets évangéliques paraissent seuls dans sa note : il n'en reproduit pas le texte. Dès lors, nul ne saurait douter que « Matth., xni, 5t, Marc, vi, 1 ; Jean, i, 45, 46, » n'affirment positivement que Jésus est né à Nazareth. Or, ces trois Evangélistes , dans les passages indiqués, n'en disent pas un mot. Cela est surprenant; cela est incroyable; mais cela est! Les parants de Jésus-Christ demeuraient à Nazareth, en Galilée. L'enfance et toute la jeunesse du Sauveur s'écoulèrent dans cette bourgade. La patrie de Jésus-Christ, pour les Juifs ses contemporains, comme pour nous , était donc le lieu de la résidence de sa famille , le lieu où on l'avait vu grandir, et demeurer lui-même, sans interruption, jusqu'à l'âge de trente ans. Aussi, l'inscription que portera, plus tard, la croix du Calvaire sera celle-ci : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Or, saint Matthieu, xui, 54; saint Marc, vi, 1; saint Jean, i, 45, 46, ne parlent nullement du lieu de la naissance de Jésus-Christ. Voici leur texte même : « De retour dans sa patrie , Jésus enseignait les Juifs dans leurs synagogues.» Veniens in patriam suam, docebat sos in synagogis eorum. (Matth., xni, 54.) «Jésus retourna ensuite dans sa patrie, et ses disciples l'y suivirent. » Et egressus inde abiit in patriam suam, et sequebantur eum discipuli sui. (Marc, vi, i.) Le lieu de résidence, et le lieu de la naissance, sont deux choses, même aujourd'hui, fort distinctes. Lorsque saint Matthieu et saint Marc parlent du lieu de résidence de Jésus-Christ, le rationalisme laisse croire qu'ils ont parlé du lieu de sa naissance. Les lecteurs vulgaires ne s'apercevront pas de l'équivoque, dites - vous ? 11 est vrai ; mais les lecteurs sérieux flétriront une pareille tactique. Quel nom donner à un auteur qui écrit que « Jean, i, 45, 46, » fait naître Jésus à Nazareth? Voici le texte de saint Jean : « Philippe vint trouver Nathanaël et lui dit : «(Le Christ que les Prophètes et Moïse ont annoncé, nous l'avons trouvé; c'est Jésus, fils de Joseph de Nazareth. » Invenit PMHppus Nathanaèl , et dicit ei : Quem scripsit Moyses in lege , et prophetce, invenimus Jesum filium Joseph à Nazareth. (Joan., i, 45.) Ici, la

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crire un paradoxe, pour le faire croire, Nazareth demeurerait investie de l'honneur inattendu d'avoir été le berceau de Jésus-Christ. Mais l'histoire ne procède point par affirmation , elle exige des preuves. Quand il est question de savoir en quel lieu naquit Auguste, on recueille le témoignage de Suétone , de Tacite , de Dion et des auteurs qui nous ont transmis la vie de ce prince. Comme tous, unanimem.ent, s'accordent à dire qu'Auguste est né à Rome, on sourirait de pitié, en entendant un écrivain, séparé, par dix-neuf siècles , des faits dont il parle , affirmer seul que cet empereur naquit à Messine. Or, l'histoire de Jésus-Christ intéresse le monde , à meilleur titre que celle d'Auguste. Des quatre Evangélistes qui nous l'ont transmise , aucun ne place la naissance du Sauveur à Nazareth ; ils proclament que Jésus naquit à Bethléem. En dehors de leur texte formel, nous avons cité d'irrécusables témoignages, établissant le même fait ; par conséquent , le lecteur est en droit de répondre par un souverain mépris, à l'affirmation, dénuée de preuves, qui vient de se produire. Aux siècles oi^i l'Evangile était un texte populaire , gravé dans toutes les mémoires, et parfaitement compris par toutes les intelligences, un immense éclat de rire eût fait justice de la ré- .cente exégèse. Nous ne voulons pas faire à notre époque

misérable équivoque , sur le lieu de résidence et le lieu de naissance de Jésus-Christ, n'était pas même possible; car, c'est bien à Josepli que se rapporte la localité de Nazareth.

l'injure de prendre trop au sérieux les nouveaux sophismes. Mais on nous permettra, du moins, d'exposer, à ce sujet, ce que nos pères savaient tous, et ce qu'il est à craindre que leurs fils , en apprenant , d'ailleurs , beaucoup d'autres choses, n'aient généralement oublié. Le texte de saint Luc, relatif à la naissance de Jésus-Christ à Bethléem , n'est pas seulement appuyé sur l'inspiration divine de l'Evangéliste. Ce titre de crédibilité, le plus haut pour une âme chrétienne , aurait été, on le conçoit , sans valeur vis-à-vis des païens, qu'il fallait convertir ; il l'est malheureusement encore, à l'égard de l'incréduhté moderne, qui veut des preuves humaines, pour se soumettre à la parole de Dieu, Or, les preuves humaines surabondent. La plus directe, et la plus facilement saisissable, est celle qui résulte de l'examen même du récit de l'Evangile.

Preuves 4. Marie, dit saint Luc, « enfanta son fils premier- né,

intrinsèques ,

de la vérité 1 cuvcloppa dc laugcs , et le déposa dans la crèche ; car il

du récit

Evangéiique. nc s'était point trouvé de place pour eux dans l'hôtellerie. »

Le Primorje-

«!7«s chez les Ces simplcs paroles ne pouvaient être écrites, ni par un faussaire chrétien , ni par un auteur étranger aux mœurs judaïques; elles n'ont pu l'être que par un contemporain, connaissant parfaitement la disposition des lieux dont il parle, et sachant, d'une manière pratique, tout le détail de la constitution juive. L'apocryphe supposé n'aurait jamais employé l'expression : « son fils premier-ué. » D'une part, elle lui eût semblé une redondance parfaitement inutile, et

une naïveté sans objet, quand il venait de raconter les détails de l'Annonciation angélique, faite à la Yierge Marie; le songe de Joseph et les anxiétés du Patriarche. Dans de telles circonstances, il était suffisamment clair que le fils de Marie ne pouvait être qu'un premier-né ; et jamais un auteur ordinaire n'aurait songé à en faire l'objet d'une nouvelle mention. D'autre part, un faussaire chrétien eût soigneusement évité ce terme , dont les païens devaient se prévaloir , pour en déduire l'existence postérieure d'autres enfants delà sainte Vierge. Le rationalisme, encore aujourd'hui, n'a pas manqué une occasion, en apparence, si favorable 1 ; parce qu'en effet, dans nos langues et nos habitudes modernes, comme chez les païens eux-mêmes, le terme « premier-né » n'a pas d'autre acception que celui d'aîné. Aussi, dès le iv^ siècle, c'est-à-dire après la ruine de Jérusalem, quand les traditions juives étaient oubliées, un hérétique latin, Helvidius, dans son ignorance, s'appuyait du mot de l'Evangile, pour soutenir que Marie avait eu d'autres enfants, après Jésus-Christ. Or, ce qu'un apocryphe n'eût certainement pas imaginé , ce qu'un écrivain

* « La famille, qu'elle provînt d'un ou de plusieurs mariages, était assez nombreuse. Jésus avait des frères et des sœurs dont il semble "avoir été l'aîné. » ( Vie de Jésm, pag. 23. ) Pour justifier ce titre d'aîné, l'auteur renvoie naturellement à Matth., i, 25 : Peperit fdium suu7n primogenitum. Nous ne répondons ici qu'à la fausse interprétation du terme de Primogenitus. On trouvera la question de la virginité de Marie, traitée avec tous ses développements, aux n°^ 26, 27, et 28 de ce chapitre.

ordinaire se fût gardé d'écrire, saint Luc l'exprime formellement, saint Maltliieu le redit dans les mêmes termes. Les deux Evangélistes, qui ont raconté la naissance du Sauveur, emploient la même expression: « Elle enfanta son fils premier-né ', » et cependant tous deux venaient de donner à Marie le nom de Vierge. C'est que le Vrimogenitus, chez les Juifs, était un titre juridique, emportant une signification spéciale, qui n'eut d'analogie dans aucune autre société. Le mot « aîné )> n'en est point l'équivalent. La loi de Moïse donnait le nom de « premier-né, » même à un fils unique; elle le conférait, dès l'instant de la naissance , à tout enfant mâle , qui ouvrait , pour une femme d'Israël, là carrière bénie de la maternité. Dans nos usages, il serait absurde d'appeler « aîné, » un enfant qui n'a encore ni frères , ni sœurs ; cette qualification ne saurait lui être appliquée que plus tard, dans le cas où il surviendrait des puînés. C'est précisément pourquoi, si le texte évangélique était l'œuvre d'un apocryphe, nous ne lirions pas le titre de Primogenitus , dans le récit de la nativité du Sauveur. Mais, selon le style hébraïque, Jésus, fils de la Vierge Marie, au moment où il naissait, dans l'étable de Bethléem, était investi de la prérogative et des charges de la primogéniture. « Tout ce qui sera premier-né parmi les fils d'Israël, dit le Seigneur à Moïse, m'appartient en propre, et demeure marqué du sceau de ma sainteté. — Vous sépa- ®Matth., I, 25; Luc, ii, 7.

rerez, pour être ma portion, tous les enfants mâles ayant le caractère de la primogéniture, et vous me les consacrerez '. » Telle était, en principe, la dévolution légale, qui mettait tous les premiers-nés du peuple juif dans une classe à part, formant le domaine propre et exclusif de Jéhovah et de son Temple. On sait que cette disposition, particulière à la nationalité des Hébreux, se rattachait directement au grand événement de la sortie d'Egypte; alors que tous les premiers-nés de Mesraïm, « depuis l'héritier du Pharaon, jusqu'au fils de la servante, employée à tourner la meule % » avaient été frappés de mort , en une seule nuit ^ Nous sommes très-loin, on le comprend, de nos idées modernes, sur le titre et le droit d'aînesse. En compensation des premiers-nés des Hébreux, dont le nombre aurait promptement .dépassé les besoins du ministère sacerdotal et des autres services religieux, Jéhovah s'était réservé en propre la tribu de Lévi tout entière '^ ; mais à la condition expresse que tous les premiers nés seraient présentés au Temple, et rachetés par une compensation individuelle en argent '\ Voilà ce que signifie le terme Primogenitum , employé par les Evangélistes. Autrefois, le moindre écoHer, en Europe, le savait; non-seulement dans les universités catholiques, mais au sein du protestantisme lui-même. Grotius ne croyait pas qu'il fût la peine d'insister plus longuement

^ Exod., XIII, 2. — ^Ibid., 12. — ^ Exod., xi, 5; Exod., xiii, 14. — ^Numer., x, 13-16. — ^ Exod., xiii, 13.

224 HISTOIRE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CIIRlsT.

sur ce fait. « L'expre;sion de Premier-né, dil-il, se rapporte aux dignités et aux prérogatives, qui, de tout temps, et même avant la loi de Moïse , étaient attribuées aux enfants mâles; qu'ils fussent uniques, ou qu'ils eussent des puînés K » Calvin, dont le témoignage ne saurait non plus être suspect, n'est pas moins formel. « Sous couleur de ce passage % dit-il, Helvidius a, de son temps, ému de grands troubles en l'Eglise, parce que, par iceluy, il voulait maintenir que Marie n'avait été Yierge, sinon jusques à l'enfantement; et que, depuis, elle avait eu d'autres enfants. Or, il nous suffit de dire que cela ne vient point au propos de l'Evangéliste, et que c'est mie folie de vouloir recueillir de ce passage ce qui en a été après la naissance du Christ. Il est nommé Premier-né ; mais non pour autre raison, sinon afin que nous sachions qu'il est né d'une mère vierge, et qui jamais n'avait eu enfant... On sait bien que, selon l'usage commun de l'Ecriture, ces manières de parler se doivent ainsi entendre. Certes, c'est un point duquel jamais homme n'esmouvra dispute , si ce n'est quelque opiniâtre et railleur ^ »

* Grolius, Annotât, in Matth. Oper. Theolog., tom. II, vol. i, pag. 15. — ^ Matth., i, 25. Les lecteurs remarqueront que ce passage est exactement le même cité par l'auteur de la Vie de Jésus, à l'appui d'une erreur réfutée depuis seize cents ans.

^ CaWm, Comment, sur l'harmonie évangel., pag. 41. Dans son vieux français , Calvin a écrit raillard ; nous prenons la liberté de substituer, à cette cpithcte, son synonyme actuel, avec lequel l'oreille est plus familiarisée.

CHAP. m. — LA. NATIVITÉ. 225

5. Le Vrimogenitum évangélique est donc , à lui seul, invenietis

, 111 infantem po-

une démonstration. Il suppose tout un ordre de doctrines f^uum in

prœsepio.

et de faits , qui ne pouvait être familier qu'à un auteur contemporain; il implique un état social, une constitution, des lois, des usages, qu'il était sans doute possible de connaître après coup, puisqu'au moyen d'études rétrospectives, nous les connaissons aujourd'hui , mais qu'un écrivain étranger n'aurait jamais eu l'idée de rappeler, dans une circonstance où l'adjonction de ce mot, non-seulement pouvait paraître superflue , mais encore et évidemment dangereuse, par l'abusive interprétation qu'on serait tenté d'en faire. Les Evangélistes n'ont cédé à aucune préoccupation de ce genre; ils ont enregistré un fait, dans le mode et les conditions d'existence où il s'était produit. Rien de plus , rien de moins ; et pour peu qu'on veuille sérieusement, y réfléchir, on se convaincra que ce procédé donne ici à leur parole un caractère d'authenticité vraiment incontestable. La suite du récit de saint Luc nous fournit une preuve du même genre. Après avoir donné le jour à son fils premier-né , « Marie l'enveloppa de langes , et le déposa dans la crèche; car il ne s'était point trouvé de place pour eux dans l'hôtellerie. « Transportez la scène dans un milieu autre que celui de la Judée , et de l'Orient en général ; ces indications si précises perdent leur sens, et paraîtront incohérentes. Notre expression : « hôtellerie, » la plus rapprochée du terme employé par l'Evangéliste, est I. 15

loin pourtant d'en fournir une traduction exacte ; et l'idée qu'elle présente à l'esprit est complètement étrangère à la réalité historique. 11 n'y avait point « d'hôtellerie, » selon le sens français de ce mot, ni à Bethléem , ni dans le reste de la Palestine. Aujourd'hui même , les rares établissements de ce genre , qui s'y rencontrent, sont des importations européennes; et les indigènes ne les fréquentent pas. L'hospitalité était restée, chez les Juifs, une loi sacrée pour chaque famille. La maison du riche avait une pièce destinée à la réception des hôtes ; le toit du pauvre, ou la tente des pasteurs, étaient généreusement partagés avec l'étranger qui s'y présentait. Comme au temps d'Abraham , on avait conservé la coutume de laver les pieds du voyageur. Mais, à la porte de chaque bourgade , on avait établi pour les caravanes, qui ne voulaient point séjourner, ou qui étaient trop nombreuses pour avoir recours à l'hospitalité privée , un abri pour les hommes et pour les marchandises; c'est ce que saint Luc désigne positivement par l'expression greque : KaTa>.ûp.a (Lieu où l'on décharge les fardeaux). Là, chaque voyageur avait à pourvoir, lui-même, et comme il l'entendait, à ses propres besoins. A côté du caravansérail, car ce terme oriental peint mieux les habitudes de l'Orient, les animaux avaient le « Praîsepium, » où ils trouvaient eux-mêmes le repos , et prenaient la nourriture que leur distribuaient leurs maîtres. Ces notions préliminaires nous permettent de saisir parfaitement tout l'ensemble et chaque

détail du récit évangélique. Joseph et Marie arrivent, le soir, au terme de leur voyage. Bethléem est remplie de la foule qui vient s'y faire inscrire ; tant il est vrai que la famille de David, l'une des plus nombreuses et des plus importantes de celles de Juda , n'était point éteinte ! Toutes les maisons de la ville sont remplies, et la preuve c'est que le caravansérail lui-même est encombré. Les illustres voyageurs se retirent dans le « Prœsepium , » abri provisoire, qu'ils partagent réellement avec les animaux. Là, Jésus-Christ le fils de Dieu, le Yerbe fait chair, prend naissance ; et l'Ange , le premier Evangéliste de cette bonne nouvelle, dit aux bergers : « Voici le signe auquel vous reconnaîtrez le Sauveur, le Christ , qui vient de naître ; Vous trouverez un enfant , enveloppé de langes et couché dans la crèche. » Cette indication, dans nos mœurs actuelles, serait d'un vague désespérant. Où trouver, au milieu de la nuit, dans une de nos bourgades, la maison qui renfermerait l'heureuse crèche ? Mais les bergers savent ce qu'est le « Prœsepium » de Bethléem. Ils le connaissent, par expérience : c'est là qu'ils vont eux-mêmes, au besoin, remiser leurs troupeaux. Aussi n'hésitent-ils pas un instant; ils y courent ; ils trouvent a Marie , Joseph et l'enfant couché dans la crèche. )) L'indication de l'Ange est, pour eux, aussi précise qu'elle le serait peu , dans un milieu moderne. L'abri que des circonstances exceptionnelles avaient imposé à la sainte Famille était , disons-nous ; provi-

soire. En effet, quand les Mages viendront adorer le Fils de Dieu , ils ne le trouveront plus dans le « Praesepium, n que Joseph et Marie avaient quitté, pour habiter une maison de Bethléem. « Entrant dans la maison, dit l'Evangile, ils trouvèrent l'Enfant et Marie. Il ne s'agit « plus ici , ajoute saint Epiphane, du Praesepium, ni de la grotte, mais de la demeure hospitalière , qui avait succédé à l'abri provisoire K »

Preuves ^- P^^^ OU étudic k lettre de l'Evangile , et plus on y ^''dù^récr* découvre de preuves intrinsèques d'authenticité. N'eussions-

évangélique. r ., pr« •

Antiquité du uous pas d autre monument que le texte sacre, il suturait

pèlerinage

de Bethléem, seul à reuvcrscr tous les efforts du rationalisme. Mais, parallèlement à son récit, nous possédons toute une série de témoignages, qu'il importe de faire connaître. Le « Praesepium » de Bethléem attira, dès l'aurore des siècles chrétiens, la pieuse vénération des fidèles et la persécution du paganisme romain. Saint Justin avait suivi la trace des bergers; il était allé reconnaître le lieu où Jésus-Christ était né. « A la porte de Bethléem , dit-il , on voit une grotte naturelle; c'est là que Joseph, qui n'avait point trouvé de place dans le Biversorium, fut contraint de se retirer ^ » Origène, à peu près dans le même temps , disait au philosophe Celse : « Si la prophétie de Michée, et son admirable concordance avec le récit évangélique ne suf-

* S. Epiphan., Advers. hœres., lA, Patrol. grœc. ,tom. XLl, col. 906, — 2 Dialog. cum Tri/pho?ie, 78, Pairol. grœc, loc. citât.

fîsent pas encore à convaincre les plus incrédules, si l'on veut une preuve plus décisive de la réalité de la naissance de Jésus-Christ à Bethléem , qu'on veuille bien réfléchir qu'aujourd'hui on montre, à Bethléem même, la grotte où il naquit, et dans celte grotte, la crèche , où il fut enveloppé de langes. Les monuments sont là , en parfaite conformité avec le récit évangélique. Le fait est de notoriété publique , dans toute la contrée ; il est avéré , même chez les ennemis de notre foi, qui sont unanimes à proclamer que, dans cette grotte, est né Jésus, celui que les chrétiens vénèrent et adorent \ » En dehors de leur valeur exégétique , sur laquelle nous reviendrons bientôt , ces déclarations , de l'an 200. de l'E. C, ont, au point de vue dogmatique , une portée que nous voulons simplement indiquer ici. Nous entendons, chaque jour, les protestants, accuser de superstition, d'idolâtrie même, le respect dont l'Eglise environne les Lieux Saints, et la piété des pèlerins cathohques. Il n'est pas rare , en Palestine , de rencontrer des hommes, qui adorent Jésus-Christ comme Dieu, et qui rougiraient de se découvrir, ou de se prosterner, devant la grotte de Bethléem , où Jésus naissant fut enveloppé de langes, devant la pierre du sépulcre , où le corps de Jésus, détaché de la croix , fut enveloppé des bandelettes de la mort. Ces hommes ont la prétention de maintenir, dans

* Origen., Contra Celsum, lib. I, cap. li; Patrol grœc, tom. XI, col. 755.

leur pureté, la foi et le culte des premiers siècles , altérés, disent-ils, par le catholicisme. Or, au temps d'Ori^ène et de saint Justin, on vénérait la grotte de Bethléem , comme nous la vénérons aujourd'hui. Protesteront-ils contre la piété de la primitive Eglise, si solennellement attestée pard'illustres contemporains? Est-ce que saint Justin, Origène, et, plus tard, saint Jérôme étaient coupables d'idolâtrie, en vénérant la crèche de Bethléem? Pas plus que ne le sont les catholiques du xix^ siècle , fiers de suivre, dans la mesure de leurs forces , les grands exemples de leurs pères dans la foi.

Témoignages '^ ' P^^^' arrêter, dans son essor, la piété des premiers coïcEn! chrétiens , qui les conduisait en foule à la grotte de Bethléem , l'empereur Adrien, l'an 138 de notre Ere, fit profa- ■ ner ce monument auguste. Par son ordre , une statue d'Adonis fut érigée au lieu même où Jésus avait f£iit entendre les premiers vagissements de l'enfance ; et les colonies païennes , transplantées par le César romain sur le sol de Judée , venaient célébrer leurs mystères impurs, dans ces campagnes qui avaient retenti du chant des Anges *. « La profanation, dit M. de Vogué, loin d'effacer le souvenir de la Nativité, selon l'intention des païens , contribua à fixer la tradition ^ » Origène , dans le passage que nous • venons de citer, s'appuyait, en effet, sur le témoignage des

* S. Hieron., Epist. lviii, ad Paulinum; Patrol. lat., tom. XXII, col. 581. — ^M. de Vogué, Eglises de la Terre-Sainte, pag. 51, note.

populations païennes , établies alors depuis un demi-siècle à Bethléem , pour constater invinciblement l'authenticité de la tradition évangélique *. En présence de faits aussi éclatants, d'une signification claire , précise, irréfragable, il a réellement fallu spéculer sur la légèreté qui caractérise notre époque , et sur un lamentable oubli de toute l'histoire religieuse , pour oser, sans craindre de soulever la conscience populaire , écrire l'incroyable affirmation : « Jésus naquit à Nazareth , petite ville de Judée , qui n'eut avant lui aucune célébrité ! » I^es annales du monde n'offrent pas, dans leur ensemble, un fait plus solidement

'Aux témoignages de saint Justin et d'Origène, qui donnent au Prœsepium de Bethléem le nom de ^TVïîXaio'/ ( grotte ) , nous pouvons joindre ceux d'Eusèbe de Césarée, de saint Epiphane et de saint Jérôme, qui tous l'appellent de même. In hoc parvo terrœ foramine cœlorum conditor ndtusest. (S. Hieronym., Epist. xlvi; Patrol. lut., tora. XXII , col. 490. ) Cette désignation , rapprochée du récit évangélique et de l'aspect môme des lieux , nous permet de fixer complètement les idées sur le Diversorium et le Prœsepium de Bethléem. « Le sol de la Palestine, dit le docteur Sepp, est composé, en grande partie, de terre calcaire, et, par conséquent, plein de grottes naturelles. » Dès le principe, on avait profité de ces excavations naturelles pour y ménager des abris pour les hommes et les animaux. Le caravansérail de Bethléem était de ce genre. La partie destinée aux animaux forme une grotte spéciale, petite, basse, et dont l'aire est inférieure de deux pieds à celle de la grotte principale , sur laquelle elle s'ouvre à main droite vers le fond : c'est la crèche ou Prœsepium. La partie disposée à l'usage des hommes, le KaraXui/a de saint Luc, le Diversorium de la Vulgate, est une pièce irrégulière, de forme trapézoïde, ayant 38 pieds de long, 1 1 de large, et 9 de hauteur. {La Vie de Notre- Seigneur Jésus-Christ, par le docteur Sepp, tom. I, pag. 232; Histoire évangélique, par D. Pezron , tom. I, pag. 63; de Saulcy, Bict. des Antiq. bibliques, col. 140, 141.)

établi que le l'ail de la naissance de Jésus-Chrisl à Bethléem. Le sol lui-même, quand tous les autres monuments feraient défaut, protesterait de la véracité des traditions. On n'a pas oublié une récente découverte , due au hasard d'une fouille heureuse. En 1859, on a retrouvé les ruines d'un monastère, élevé, au temps de saint Jérôme et de sainte Paule, sur l'emplacement où l'Ange apparut aux bergers *. Tant il est vrai qu'en notre époque, troublée par l'incrédulité rationaliste, les pierres elles-mêmes prennent une voix, et proclament l'authenticité des récits évangéliques ! Et maintenant, détournant la pensée de ces misérables objec-

* Voici comment s'exprime, à ce sujet, une lettre adressée de Jérusalem, en date du 17 février 1859 : « Une découverte d'une grande importance vient d'être faite, il y a quelques jours à peine, aux environs de Beith -Lehm, à l'endroit reconnu pour être celui où l'Ange apparut aux bergers. A l'est de Beith-Lelim, à une égale distance du sanctuaire traditionnel de l'Apparition de l'Ange aux bergers, en faisant une excavation de plusieurs mètres, dans la terre, on vient de trouver les intéressantes ruines d'un immense couvent, de l'époque de saint Jérôme et de sainte Paule; on y reconnaît des restaurations postérieures faites par les Croisés. Les citernes sont immenses, régulières, et dans un parfait état de conservation. Déjà, le pavé en mosaïque de plusieurs chambres est à découvert, et l'on est sur les traces du pavé en marbre de l'église, ainsi que de l'entrée des souterrains. L'enthousiasme occasionné par cette trouvaille est tel, que, du village de Beth-Sakour (des Bergers), on y accourt pour travailler gratuitement. L'emplacement de ces ruines est connu des Arabes sous le nom de Siar-el-Gcmem ( Promenade des Brebis). Un nombre considérable de grottes très -profondes l'environnent, et jusqu'à ce jour les bergers s'y mettaient à l'abri avec leurs troupeaux. Tout près de ces grottes, se trouve une grande citerne hébraïque. » (De Saulcy, Dict. des Antiq.hibL, col. SOS.)

CUAP. m. — CIRCONCISION. PRÉSENTATION.

lions , adorons les divines merveilles de la crèche. Disons avec saint Epiphane : « L'étable de Bethléem c'est le ciel tout entier, descendu sur la terre. La Vierge enfante, sans douleurs, le maître de la terre et des cieux. Les hiérarchies angéliques entourent le berceau du Verbe fait chair. Gloire à Dieu dans les hauteurs célestes, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté M » — « 0 miracles ! 0 prodiges ! 0 mystères ! s'écrie saint Augustin. L'ordre de la nature est suspendu; Dieu naît homme; une Vierge devient féconde, en conservant sa virginité immaculée : ineffable alliance de la parole de Dieu avec celle qui ne connaît point d'homme ! Une mère reste Vierge ; la materuité n'altère point la fleur d'Israël. Dieu, celui qui est, et qui était créateur, devient créature; l'immense se réduit , pour être serré dans nos bras; la richesse éternelle se fait pauvre; l'incorporel se revêt de la chair; l'invisible se voit; l'impalpable se touche ; l'incommensurable se mesure ; celui que bénissent et la terre et les cieux , est couché dans l'étroit espace d'une crèche ^! »

§ II. circoncision. Présentation au Temple.

8. (c Les huit jours qui devaient s'écouler, avant la cir- Les rites

hébraïque

concision, étant accomplis, dit saint Luc, l'enfant reçut le

ques de la Circoncision.

'S. Epiphan., Oratio de Deiparâ ; Patrol. grœc, tom. XLIII, col. 499. — 2 s. August., De Nativit., serra, ix, cité par Cornélius à Lapide, Comment, in Luc, édit. Vives, tom. XVI, pag. 61. "

uom de Jésus, qui lui avait été donné par l'Ange, avant sa conception*. » L'époque où les fils des Hébreux, devaient recevoir la douloureuse empreinte du sacrement de l'Ancienne Alliance, n'était pas abandonnée à la discrétion des parents. Jéhovah, lui-même, l'avait fixée, en disant à Abraham : « Quand l'enfant aura huit jours, il sera circoncis \ » La loi mosaïque avait renouvelé le précepte. « Le huitième jour, le nouveau-né recevra la circoncision ^ » Le texte évangélique est donc ici en parfaite conformité avec la législation juive. Le Fils de Dieu, qui venait, en sa personne, consommer toute la loi , commence à la crèche sa mission de victime sanglante, qui ne se terminera qu'au Calvaire. Ce fut, en effet, dans le « Praesepium y> de Bethléem , que le Christ « qui était avant Abraham, » et dont le père des croyants avait a désiré voir le jour, « reçut,, par la circoncision, la marque des enfants d'Abraham. Les rites usités, pour cette cérémonie légale , nous ont été transmis par le Talmud, et leur pratique se retrouve à peu près la même, au sein du judaïsme actuel *. Le matin du huitième jour, dix personnes, au moins, devaient se réunir autour du nouveau-né. L'opération, nous l'avons dit, n'était nullement du

^Luc, II, 21. — 2 Ge?ies., xvii, 12.— ^ Levitic, xii, 3.

*Léon de Modène, Cérémonies et coutumes qui s'observent aujourd'huy parmy les Juifs, traduites de l'italien de Léon de Modéne, rabbin de Venise, par le sieur de Simonville, Paris, 1710, in- 12, p. 142,' 147; Buxtorf, De la Synagogue juive , chap. ii; Adisson, De l'Etat présent des Juifs en Barbarie, chap. vu.

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