‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 27 sur 63 · CHAP. III. — CIRCONCISION. PRÉSENTATION · texte numérisé non relu

CHAP. III. — CIRCONCISION. PRÉSENTATION

ressort des prêtres ou des lévites, encore moins du pontife suprême. L'iconographie moderne, en plaçant d'ordinaire le théâtre de la circoncision dans le Temple", et en lui donnant le Grand-Prêtre pour ministre , commet donc une faute contre la vérité historique. Le ministre, ou Mohel, était, et, de nos jours, est encore indistinctement choisi, parmi toutes les classes de la population juive ; son habileté est le seul titre qui le recommande aux familles. Le père prononçait la prière suivante : « Béni soit le Seigneur notre Dieu, qui a imprimé sa loi dans notre chair, et qui marque ses enfants du signe de son alliance sainte, pour les rendre participants des bénédictions d'Abraham, notre père! » Deux sièges d'honneur étaient disposés ; l'un pour le parrain, l'autre demeurait vide. Ce dernier était présenté à l'enfant, auquel ou adressait en même temps ces paroles : u Yoicile siège du prophète Elle •. » Sur tous les points de l'univers, où les fils d'Israël sont maintenant dispersés , ils observent encore cette coutume symbolique, attestant ainsi leur foi dans l'attente du précurseur , qui devait ouvrir les voies au Messie. Mais, pour eux, le siège d'Elie demeure toujours vide; Jean-Baptiste s'y est assis, et Jésus-Christ, le divin enfant de Bethléem , a enseigné le monde du haut d'une chaire plus auguste que celle de Moïse.

' Sepp, Vie de NotrerSeigneur Jésus-Christ, tom. I, pag. 236, 237. On trouvera les plus amples détails, sur ce sujet, dans le Rational de Durand de Mende, édit. Vives, tom. III , pag. 429-436.

Le Nom. 9. Après avoir accompli le rite sanglant, le Mohel récitait cette bénédiction : « Adonaï, Dieu de nos ancêtres, fortifiez et conservez cet enfant pour son père et sa mère. Faites que son nom soit en honneur parmi les fils d'Israël. Qu'on l'appelle... [Ici, on prononçait le nom choisi pour l'enfant), qu'il soit l'allégresse du père qui l'a engendré, et de la mère qui lui a donné le jour M « Ce fut donc en de telles circonstances ^ que le nom de Jésus, proclamé dans l'étable de Bethléem, retentit en présence des derniers descendants de la famille de David, réunis dans la bourgade originaire, en vertu d'un ordre d'Auguste. Les témoins de la cérémonie légale comprirent-ils alors le sens du nom divin, devant lequel « tout genou fléchit, au ciel, sur la terre et dans les enfers? » On conçoit facilement que les bergers instruits parles Anges, \|ue la foule au sein de laquelle le récit des merveilles de la crèche avait circulé, durent saluer, comme un heureux présage, le nom de Jésus (Sauveur), donné au rejeton de la race royale, depuis si longtemps déchue. Une première fois, ce nom avait paru dans les annales des Hé-

* Rational, tom. III, note 7, pag. 434.

^ Le caractère essentiellement traditionnel du peuple juif ne permet pas de douter de l'antiquité des rites, dont il a conservé l'usage, pour la circoncision. Bien que l'Evangéliste n'entre à ce sujet dans aucun détail particulier, il indique pourtant , d'une manière absolue, que toutes les prescriptions de la loi furent remplies : Perfecerunt omnia secundùm legem Domini. (Luc, n, 39.) Il est donc infiniment probable que la circoncision de Jésus-Christ s'accomplit avec les formalités ordinaires , et qu'ainsi les circonstances furent semblables à celles que nous rapportons ici , d'après la coutume rituelle des Hébreux.

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breux; il rappelait la conquête de la Terre Promise, et les victoires de Josué. Plus tard, avec Zorobabel, le nom de Jésus, porté par un Grand-Prêtre, avait marqué le terme de la captivité de Babylone et l'inauguration du second Temple. Enfin, aune époque récente, le nom de Jésus, l'auteur du Livre de V Ecclésiastique , était devenu comme le synonyme de la sagesse, descendue du ciel pour instruire les hommes. Le nom de Jésus n'était donc pas, comme le rationalisme affecte de le croire, «un nom fort commun^ » La tradition historique des Hébreux lui assignait un rôle considérable. Quand on le donna au divin fils de Marie, les assistants se persuadèrent , sans doute , que le descendant de David, dont ils environnaient le berceau, serait, quelque

* (c Le nom de Jésus , qui lui fut donné , disent les rationalistes , est une altération de Josué. C'était un nom fort commun ; mais naturellement on y chercha plus tard des mystères et une allusion à son rôle de sauveur. Peut-être, lui-même, comme tous les mystiques, s'exaltaitil à ce propos. » ( Vie de Jésus, pag. 21 . ) Cette dernière insinuation , dont l'impiété se retranche sous l'abri d'un peut-être, a la même valeur scientifique que le naturellement qui la précède. On ne répond pas à des imaginations. L'Evangile , dont nous reproduirons intégralement le texte, n'est pas une œuvre de fantaisie, et sa lecture suffit à faire justice des rêves de nos lettrés. Mais, au point de vue philologique , écrire que Jésus est une altération de Josué , c'est volontairement et sciemment s'exposer à la risée du public sérieux, pour se donner le mince avantage de tromper un instant les lecteurs vulgaires. L'expression hébraïque Jehoscuah, et, par abréviation , Jesuah, a été traduite en grec par le mot Jésus (Septante, Philon, Josèphe). La première version latine de l'Ancien Testament le rendait par le mot Josué. Yoilà ce que l'auteur de l'Histoire des langues sémitiques savait aussi bien que nous, quand il formulait, à l'usage de la foule, cette ridicule affirmation : Le nom de Jésus est une altération de Josué.

jour, un gunrrier, puissant comme Josué ; restaurateur du culte mosaïque, comme le grand-prêtre Jésus, fils de Josédech; sage, comme Jésus, fils de Sirach. Les espérances des Juifs ne s'élevaient pas plus haut. Le joug du quatrième empire, l'empire de fer, prédit par Daniel, pesait sur leurs têtes. Rome les broyait, par la main d'Hérode. Mais les temps marqués par la prophétie de Jacob étaient arrivés; la période finale des septante semaines d'années était venue. Tous les Juifs attendaient le conquérant, issu de David, qui asseoirait, à Jérusalem, un trône désormais immortel. Deux personnes, seulement, ne partagèrent point ces illusions nationales ; ce furent Marie, qui conservait dans son cœur les mystères divins , et Joseph , auquel l'Ange avait dit : « Vous donnerez à l'enfant le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera le peuple de ses péchés. » Le préjugé hébraïque sur le caractère tout matériel de l'empire du Christ nous apparaîtra, à chaque page de l'Evangile. Sa persistance devait être tehe, qu'en ce moment, les Juifs attendent encore un Messie, un Fils de l'Etoile, dont le glaive, parti de Jérusalem, fera, de la Judée, le centre de la domination universelle du monde.

Parification 1 0. « LorsquB le tciTips de la purification, prescrite par la

de Marie au

Temple de loi de Moïse, fut arrivé, continue saint Luc, Marie et Joseph

Jérusalem.

i,e vieillard portèrent l'enfant à Jérusalem, pour le présenter devant le

Siméon.Anne *■ '■

^* te^gf ^' Seigneur, selon ce qui est écrit au livre de la loi : « Tout fils premier-né sera la propriété sainte de Jéhovah ; » et pour

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