‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 30 sur 63 · CHAP. III. — MASSACRE DES INNOCENTS · texte numérisé non relu

CHAP. III. — MASSACRE DES INNOCENTS

lîobles étrangers; et ce sentiment se mêla, sans doute, à l'émolion, qu'au point de vue des espérances nationales, l'arrivée des Mages excita , parmi les habitants de Jérusalem. La conduite d'Hérode, en cette circonstance, est d'accord avec tout ce que l'histoire nous apprend de sa politique insidieuse , de sa dissimulation profonde et de son astucieuse souplesse. Il avait le plus vif intérêt à connaître la pensée intime du Sanhédrin, des Prêtres et des Scribes , au sujet du roi mystérieux , attendu par la Judée entière. Les traditions messianiques, familières aux Hébreux de race, élevés dans l'étude de la Loi et des Prophètes, se présentaient, aux yeux du monarque, sous un aspect fort différent de la réalité. Nous avons dit plus haut qu'Hérode avait songé à les exploiter, au bénéfice de sa puissance, et que ses courtisans, sous le nom d'Hérodiens, appliquaient à la royauté de leur maître les caractères prophétiques de l'empire du Christ. Cette flatterie, attestée par Josèphe, supposait, chez Hérode , l'ignorance absolue des détails traditionnels , relatifs à l'avènement du Messie. On comprend , dès lors, l'empressement avec lequel il met à profit l'impression produite par l'arrivée des Mages , pour s'éclairer officiellement sur la portée des espérances nationales. La convocation des Prêtres et des Scribes était une mesure doublement habile; d'une part, elle apprenait à Hérode le point précis que sa tyrannie aurait à surveiller dans la suite; de l'autre , elle offrait, à la défiance de son I. 17

caractère, roccasion de mesurer, d'après les réponses individuelles de chaque Docteur, le degré d'importance qu'il attachait aux prophéties, et, par conséquent, le dévouement plus ou moins sincère qu'il professait pour le régime actuel. Cette politique servait beaucoup mieux les desseins du tyran , que ne l'eût fait une sévérité prématurée. Yoilà pourquoi il affecte, vis-à-vis des Mages, un système d'hypocrite sympathie. « Allez, leur dit-il, et interrogez tous ceux qui pourront vous renseigner sur l'enfant. Quand vous l'aurez trouvé, revenez me le dire, pour que j'aille aussi l'adorer. » A leur insu, les nobles étrangers seraient ainsi devenus , comme un prolongement de la police du vieux roi. Vlnterrogate diligenter d'Hérode est un chefd'œuvre de duplicité et de fourberie. Pour déjouer cette tactique perfide, quand les Mages auront déposé, aux pieds de Jésus naissant , les productions symboliques de leur patrie , l'or de la royauté , l'encens de la divinité, la myrrhe de l'humanité mortelle , ils retourneront en leur pays , par un autre chemin. Le Fils de Marie sera emporté en Egypte, et les sanguinaires projets du tyran se réaHseront trop tard.

Massacre 20. « Hérode, se voyant trompé par les Mages, continue

des enfants

de saint Matthieu \ entra dans une violente colère. Il envoya

Bethléem. '

tuer tous les enfants de Bethléem et des environs , depuis l'âge de deux ans et au-dessous , selon le temps de l'appaiMatth., II, 16-18.

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