‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 9 sur 63 · CHAP. I. — JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

CHAP. I. — JÉSUS-CHRIST

le plus barbare supplice ; ce fut saint Jean , dont Vin principio a le privilège de vous déplaire. Tous les autres ont péri sous le glaive , sur les bûchers ardents , sur la croix , dans tous les genres de tortures que l'imagination des bourreaux savait inventer, aune époque où l'art de tuer les hommes atteignait presque les limites du génie. Essayez de révoquer en doute les massacres , trois fois séculaires, organisés, par le paganisme de Rome, contre tout ce qui portait le nom de Chrétien. Yous aurez, en face de vous, tous les historiens, grecs et latins, depuis Tacite et "Suétone jusqu'à Eusèbe de Césarée. Déchirez leurs ouvrages, pour vous débarrasser de ces témoins indiscrets. Vous ne le pouvez, ni ne le voulez. Alors, il vous faut expliquer comment des milliers d'hommes sont morts pour un fantôme de Christ, pour une chimère, pour un néant ! Et, quand vous aurez cru trouver une réponse satisfaisante, en criant au fanatisme, il vous restera à expliquer comment les bourreaux eux-mêmes, les persécuteurs, les païens, furent pris, à leur tour, du fanatisme de leurs victimes, et se prosternèrent au pied d'une croix.

35. Le grand fait de la conversion du monde païen, par Jésussauveur la croix de Jésus-Christ, s'offrira à votre étude, et vous p^^^?.'^™*^-

' ' Ce qn u fau-

aurez à déduire les raisons fort naturelles qui firent mon- Teîï, avlnt ter la divinité du Christ, de l'obscurité des catacombes, au la divtnhé'de

, . - ,. Jésus-Christ.

sommet du Capitole. vous nous direz comment une succession d'hommes, qu'on tuait sans relâche, fondèrent une

société immortelle ; comment des prisonniers , des condamnés, des martyrs, heureux d'être lapidés, brûlés, égorgés, mouraient, sans murmure, et firent éclore, dans leur sang, une semence de nouveaux chrétiens. Engageante perspective, vraiment, pour embrasser une religion nouvelle, que la certitude d'être revêtu d'un manteau de résine, et de servir de torche vivante, dans les jardins de Néron ! Qui pouvait résister à la touchante destinée d'être jeté dans l'arène , à la dent des lions de Numidie ; d'être envoyé aux mines ; d'être écorché vivant ; d'avoir les ongles arrachés; toutes les jointures coupées, l'une après l'aulre ; d'être étendu sur un gril ardent; ou d'être plongé dans un bain de plomb fondu ? Expliquez-nous une seule conversion, avec les séductions d'une telle propagande'. Et pourtant le monde est chrétien : le paganisme est vaincu. Cherchez, dans l'univers actuel, un adorateur de Jupiter, de Yénus et de Saturne! Le paganisme a été vaincu, une première fois, sous Constantin. Mais, depuis Constantin jusqu'à Clovis, il l'a été cent fois. Savez-vous même le nom de toutes les peuplades barbares, qui vinrent à la curée du monde romain, pendant trois siècles? L'Eglise de Jésus-Christ a vaincu tous ces païens, et toujours par la même méthode, en soufTrant, en priant, en mourant. Encore aujourd'hui, on souffre, on prie, on meurt pour la divinité de Jésus-Christ ; et il en sera ainsi jusqu'à la fin des siècles. Ce sont là des faits ; il faut les

CHAP. r. — JÉSUS-CIIRIST. 419

nier, avant de dépouiller Jésus-Christ de son manteau divin. Or, les nier, c'est nier la lumière du soleil; c'est renverser toute évidence , anéantir toute histoire , et éteindre le monde dans la nuit. Qu'il se lève maintenant, Taudacieux Erostrate, tenté de brûler l'édifice de la divinité de Jésus-Christ! Le fondement de cette construction immortelle remonte à l'Eden. Chaque siècle de l'histoire antique compose une de ses assises. Le Christ est l'espérance de quatre mille ans ; la fleur sacrée du Testament ancien; le Rédempteur attendu, décrit, signalé par tous les âges. Jésus paraît au sommet des deux mondes; il réalise en sa personne toutes les prophéties ; il élève l'étendard de sa croix; la tête de Satan est écrasée ; le paganisme expire ! Une immense révolution de salut s'accorapht dans l'univers; elle embrasse tous les temps, tous les lieux, tous les hommes; elle se prolonge, sans interruption, depuis dix-neuf siècles ; elle a tout changé, tout renouvelé, tout spiritualisé , tout sanctifié sur la terre ; elle ne cesse de soulever l'humanité vers Dieu. Jésus-Christ, c'est l'histoire tout entière; c'est le monde, depuis Adam jusqu'à nous. C'est la royauté éternelle, passant à travers le temps, pour conduire l'homme, des mains de son Créateur, au tribunal de son Juge! Christus heri, hodie, ipse et in sœciila \

^Eebr., xiii, 8.

Page 1