CIIAP. I. — JESUS-CHRIST. JI
après Zorobabel, date qui correspond à Tan 33 de notre ère *.
32. Tel est le signalement prophétique du Messie ou impossibilité
d'une usur-
Clirist. Il sera Dieu ; il naîtra d'une vierge, à Bethléem ; il pationdurùie
messianique.
fera des miracles; il sera mis à mort ; il ressuscitera. Un tel programme est absolument irréalisable pour un génie humain , si grand qu'on veuille le supposer. Le génie , en ce monde, ne peut rien ni sur l'ordre ni sur l'époque de sa propre naissance ; il reçoit la vie, mais il ne saurait choisir d'avance la mère qui l'enfantera ; il ne peut déterminer ni le temps ni le lieu où il veut naître. Le génie fait de grandes choses , il ne fait point de miracles; le génie meurt et ne ressuscite pas. L'imposture ici est impossible. Qu'elle ait tenté, cependant, certains esprits, parmi les Juifs, on le conçoit ; les Theudas , les Barkokéba, en essayant l'applicatinnà leur personne du signalement divin , ont précisément fourni la preuve de l'incontestable réalité des prophéties et de la croyance messianiques, au sein du peuple juif. Ils ont, de plus, constaté, par l'authenticité de leur échec, l'inanité d'une pareille tentative. Les conditions fixées d'avance au Rédempteur dépassent toute taille humaine : nul ne pourra revêtir la robe sans couture du crucifié du Golgotha. Le Messie doit se dire Dieu, mais il doit prouver sa divinité par le salut du monde ; il doit faire des miracles, mais surtout il doit perpétuer les miracles; il doit
1 Dan., IX, 2\, 27.
dl4. HISTOIRE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.
mourir, mais il doit ressusciter. Par là, seulement, il entrera dans la réalité de son signalement prophétique ; il prendra possession du titre de Christ, qui le rattache à tout le monde ancien.
Jésus sau- 33. Si le premier versant de l'histoire l'attend comme
veur aujourd'hui. Messie, le second doit le reconnaître commue Sauveur. Son
nom n'est complet qu'à la condition d'emhrasser tous les âges. Ce qu'il fut, comme Christ, dans la période de l'espérance, il doit l'être maintenant, comme Jésus; c'est-à-dire que la place qu'il occupe, dans l'antiquité, comme Messie, il doit l'avoir, dans le monde moderne , comme Sauveur. Ici, le rationalisme se retrouve en présence d'une série nouvelle de faits constants, notoires, irrécusables, appuyés non pas seulement sur des témoignages, des récits ou des livres , mais sur l'évidence quotidienne et palpable. Le premier, le plus éclatant de tous ces phénomènes , c'est qu'à l'heure où nous écrivons ces lignes, Jésus-Christ a des adorateurs sur tous les points du globe. Il suffit d'ouvrir les yeux, et de voir, pour s'en convaincre. Jésus-Christ est adoré, non-seulement comme un souvenir, une gloire, une incarnation divine, apparue, il y a deux mille ans, au sein de l'humanité , et retournée pour jamais au ciel. Il est adoré, comme présent, en substance et en réalité, dans l'Eucharistie. Qu'on le veuille ou non, le fait existe. Pénétrez sous la coupole de Saint-Pierre, Jésus-Christ est là présent, pour ses fidèles, et adoré par eux. Suivez le
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pauvre missionnaire jusqu'aux confins du monde ; sous les bananiers des forets de l'Inde, il élèvera un autel; il prononcera quelques paroles et adorera Jésus-Christ sur la pierre nue, où le Dieu de la Crèche consent toujours à descendre. L'Indien, qui passe à côté de cet étranger, s'arrête un instant, pour contempler ce fait étrange. Il écoute un enseignement si nouveau pour lui ; peu à peu son intelligence s'ouvre à une lumière inconnue ; son cœur tressaille, au contact d'un amour divin; à son tour, il croit ; il se prosterne ; il adore ! Que pensez-vous de ce fait? Jésus-Christ, mort il y a deux mille ans, a la puissance de se faire aimer, de se faire adorer par un sauvage, errant dans les forêts de son pays, n'ayant jamais soupçonné l'existence de la Judée, d'un Testament Ancien ou d'une civilisation quelconque. Le fait de la conversion des âmes par Jésus-Christ existe donc ; vous le touchez du doigt; il n'est pas circonscrit à l'Inde, au Japon ou à la Chine ; il est partout. Les savants de notre Europe, après quinze ou vingt ans de révolte, s'inclinent, parfois, sous l'influence de la divinité de Jésus, tout comme les pauvres insulaires d'Otaïti. Ce sont là des faits. Avant de nier la divinité de l'Evangile, commencez par les anéantir, si vous en avez la puissance ; ou par les expliquer , si vous en avez le secret. Toutes les forces humaines s'épuisent, par la durée, par l'usage , par leurs victoires mêmes. Pourquoi la force de Jésus-Christ ne s'est-elle pas épuisée ? C'est une
loi historique que tout ce qui a commencé meurt ; pourquoi la religion de- Jésus-Christ ne meurt-elle pas ? Toutes les institutions, fondées par les hommes, tombent ; pourquoi l'EgUse de Jésus-Christ ne tombe-t-elle pas ? Et remarquez que chaque jour qui s'écoule est un triomphe nouveau pour cette doctrine , qui vieillit d'autant. Le rationalisme incrédule doit donc commencer, avant d'être recevable à nier l'Evangile, par anéantir, au sein des sociétés modernes, le miracle persévérant de l'-adoration de Jésus-Christ comme Dieu ; le miracle persévérant de l'adoration de Jésus- Christ dans l'Eucharistie ; le miracle persévérant de la conversion des âmes par Jésus-Christ, jésussauveur 34. Qu'il essaic ! Secouant le globe par les deux pôles ,
dans l'his-
toiremoderne qu'il aille, à travcrs des flots de sang, amoncelant ruines sur ruines , arracher au monde le nom de Jésus-Christ et la foi à sa divinité ! Quand il risquera celte épreuve , il ne fera rien de nouveau. L'histoire moderne n'est pas autre chose que la prolongation d'une lutte de ce genre, avec un succès bien différent de celui qu'on se promettait. Nous abordons ainsi un autre fait, non moins incontestable, c'est que, depuis dix-huit siècles, on meurt pour la divinité de Jésus-Christ , et que , plus cette divinité a compté de martyrs, plus elle a fait de conquêtes. Niez, si vous le pouvez, que les douze apôtres, sortis de la Judée, pour prêcher au monde la foi à la divinité de Jésus-Christ, soient morts pour elle? Un seul d'entre eux a survécu , après avoir subi