‹ Histoire de NancyChapitre 111 sur 642 · LE PRÉTENDU SIEGE DE NANCY AU XII^ SIECLE. I · texte numérisé non relu

LE PRÉTENDU SIEGE DE NANCY AU XII^ SIECLE. I

fortes ; enfin, par le moyen de Lothaire II du nom et en Tordre des Empereurs le 1*", Tarcbevesque eust paix et accord avecque le duc Simon; laquelle toutefois peu dura de la pai-t du duc Symon ; car, peu de jours après, courut toutes les terres de l'eglise de Trêves, et par force d*armes occupa toutes les terres limitrophes de ses pais. De quoy grandement indigné, Adelbero, archevesque de Trêves, en moins de quinze jours, ayant levé hastivement une armée, l'envoya soubs la charge de GotCpoy le jeune, conte de Falkemont*, son cousin, en Lothreine, ou a sa venue se rencontrant dessus Tarmée du duc Symon, son ennemi, auprès de Toul, Tassaillit si vigoureusement qu'il la meit en route et feit tourner les espaules au gens du duc Symon. Lequel, voyant les siens tournez en fuite, et luy-mesme et le conte de Salm chascun blessé de trois playes, délibérant de se saulver aussi avecque aucuns barons, et de faict s'enfuirent et se retirent dedans Nancey. Le conte demeure victorieux en la campaigne, poursuivit sa victoire et, le jour ensuivant, se meist au siège k Tentour de Nancey si que personne n'en pouvoit sortir n'entrer dedans. Cependant Estienne, evesque de Metz, et Regnault, conte de Bar, ayans entendus Tenvabissement faict en Lothreine par le conte de Falkemont, contredit 3 dedans le pais jusques k Lamburg^ qu'il acquit et autres chasteaux du demaine de l'église de Metz que le duc Symon avoit occupez. Le duc Symon, ainsi assiégé, esmeu de la grandeur du péril où il estoit, et aussi d'une défiance qu'il avoit de n'avoir plus secours, souldain fît veu k Dieu d'aller en Jherusalem, si du péril où il estoit, [estoit] délivré. Ce faict, tout souldain, par la voulonté de Dieu, s'esleva si grand orage de Dieu sur le camp du conte Gotfroy qu'il fut contrainct lever son siège et se saulver k la fuite. Le duc Symon, délivré de ses ennemys, incontinent s'en alla k Spire et se retira vers l'empereur Lothaire, son beau-frère 5, pour se plaindre du conte Gotfroy, occupateur de son pais, et luy demanda son aydc, lequel luy donna le marquis Magnus de Saxen^ avecque une puissante armée par laquelle il defTeit le conte Gotfroy et les siens en deux batailles, et le poursuivit tant et si bien qu'il luy feit quiter les places qu'il tenoît en Lothreine et le droit qu'il prétendoit audit pays, amander les dommaiges faictz et rendre les prisonniei-s sans payer rançon. » Jean d'Aucy nous raconte ensuite que le dur Simon alla voir le pape Innocent II k Reims, qu'il l'emmena k Nancy 7 et se rendit avec lui à Liège; Ik, le pape mit définitivement d'accord Albéron et le duc Simon 1". Puis, k deux reprises, le duc Simon serait allé en Italie, la première fois pour ramener k Rome le pape Iimocent II, la seconde fois pour le protéger contre Roger, roi de Sicile*; de retour et après la mort de Lothaire, il aurait été excommunié par Albéron 9; puis il serait parti pour la croisade, aurait contraint les Sarrasins k être tributaires du roi de Jérusalem, aurait conquis, k son retour, trois galères grecques, « puis ayant passé Modon, Corfou et Parensveim (?) », il serait mort k Venise, k l'îîge de 02 ans. Nous avons reproduit intégralement au moins le début de ce long récit, pour

I. Ceci est une erreur. Il avait le titre Lothaire III et était le second empereur de ce nom. a. Il est difficile d'identifier ce personnage. S'a(jit-il de Faulquemont, sur la Nied allemande ?

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