‹ Histoire de NancyChapitre 112 sur 642 · Pénétra en ennemi. La phrase exigerait : contredirent · texte numérisé non relu

Pénétra en ennemi. La phrase exigerait : contredirent

4. Nous ne savons quelle localité est désignée ici. Serail-ce Lenibcrg, au canton de Bitche?

5. C'est là une erreur qui a été répétée par tous les lûstoriens de Lorraifie En réalité, Simon était demi-frëre de Lothaire III. Cf. supra, p. 11 5, n. 4>

6. Le duc Magnus de Saxe, le dernier de la maison de Billung, était mort en réalité en 1106.

7. Absolument rien ne prouve le séjour d'Innocent II k Nancy. Son itinéraire nous donne : Châlons, Cambrai, Lobbes, Liège, où il arriva le 28 mars ii3i, avant l'élection d'Albéron sur le siège de Trêves.

8. Simon !•' a fait, ce semble, partie du voyage d'Italie de 11 38. Cf. Benoît Picart, Histoire de Toul, p. aa3, d'après une charte du cartiilaire de Thierry Alix.

(j. Ici, contrairement à toute chronologie, Jean d'Aucy place les faits que nous avons racontés plus haut.

bien en montrer le caractère. C'est un mélange singulier d'événements réels et de fictions, et il est difficile de voir où cesse la vérité et où commence le roman. Certainement, tout ce que Jean d'Aucy nous raconte sur le voyage de Simon I*' à Jérusalem est controuvé. Tout l'ouvrage du Cordelier est rempli de pareilles histoires : c II met, dit avec raison dom Calmet, les ducs de Lorraine de toutes les guerres, de toutes les entreprises fameuses ; il leur fait passer les mers, aller aux croisades avec les autres princes de France et d'Allemagne». » Dès lors, tout ce qu'il nous rapporte devient suspect; et voilk pourquoi nous rayons de l'histoire cette lutte d'Albéron avec le duc de Lorraine, ce combat de Macheren et du château Jules, ce siège de Nancy. Nous tiendrons tous ces faits comme imaginés, jusqu'au jour où de nouveaux documents viendront les établir.

Mais Jean d'Aucy a-t^il, en réalité, inventé tous ces événements? Nous ne le pensons pas. 11 les a puisés, selon toute apparence, dans des chroniques françaises lorraines du xv* siècle. Et précisément, nous savons qu'une de ces chroniques était intitulée : Le Mémorial des grands gestes et faits en la province de Lorhaine, On en attribuait la rédaction k Louis d'Haraucourt qui fut évéque de Verdun a deux reprises, de \t\'6o à 1439 et de i449 ^ i45C. Ce Mémorial est perdu, mais Mory d'Ëlvange, qui en connaissait quelques a lambeaux », nous a laissé l'analyse de certains passages, notamment de celui qui relate ces faits. Nous reproduisons ici ce fragment d'après le manuscrit 776 (207) de la Bibliothèque de Nancy *. « Le duc Simon V^, k la bataille de Macheren ^, fut blessé par un épieu k la main, mais la blessure fut légère. Le comte de Salm eut trois chevaux tués sous luy, et son bouclier fut percé de deux coups de lance. // était un bel homme très brave et très scavant dans lou mestier de guerre. Le duc de Lorraine eut un cheval tué. A la bataille de Frouard qui suivit de près celle-cy, le comte de Salm fut blessé de deux coups de pertuisanne qui le percèrent de part a autre et en mourut. Le duc ent grosse blessure au pougnet que Vy vint d*un coup de hachotte. Le duc se réfugia k Nancy d'où les troupes de l'Empereur le sauvèrent. L'archevêque de Ti*èves jetta un interdit sur la Lorraine et excommunia le duc en présence même de l'Empereur, son protecteur et dans la cour de son château où les deux princes étoient, à Aix-la-Chapelle ; ce qui, dit notre historien, sans le pape Innocent 2', que donnât Vabsoute étant pour lors es royaume de France, auroit cuidé grand malheur et guerroirie, »

Le Mémorial est^il la source directe de Jean d'Aucy ? Il est assez diflBcile de se prononcer d'après ce court fragment laissé par Mory d'Ëlvange. De part et d'autre, il est question d'une bataille de Macheren, d'une bataille aux environs de Nancy, appelée ici bataille de Toul, Ik, bataille de Frouard, enfln d'un siège de Nancy. Pourtant les détails du Mémorial sur le comte de Salm ne concordent pas avec ceux que donne Jean d'Aucy. Puis celui-ci attribue la délivrimce de Nancy k un miracle, le Mémorial k l'arrivée des troupes de l'Empereur. Il nous semble que le Cordelier avait sous les yeux une chronique analogue au Mémorial, mais différente. 11 y avait au xv* siècle toute une littérature historique lorraine, aujourd'hui perdue, remplie de fables et de roiiinns, et dont ({uehjues épisodes, sans cesse cités, encombrent encore aujourd'hui l'histoire de Lorraine. Nous en retrouverons plus loin, sur notre route, un ou deux.

C'est, sinon k l'histoire même de Jean d'Aucy, du moins aux matériaux réunis

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