Bibliothèque lorraine, col
2. Les analyses de Mory d'Ëlvange ont été publiées dans les Documents sur thistoire de Lor* raine, 18C8. Cf. p. 10.
3. Le manuscrit ajoute ici la date de 1137; mais nous croyons (pie c*cst une interprétation de Mory d'Elvaiiçje. Les passages en italiques semblent être directement empruntés au Mémorial,
LE PRETENDU SlÈOE DE NANCY AU XIl* SiÈCLE. I 1 9
par lui, k ses Lustrations pour les antiquités de Lorraine < que Richard de Wassc- Jtiourg, archidiacre de Verdun, a emprunté ses biographies ducales dans ses Antiqaiiés de la Gaule Belgicque, publiées en 1649. Et de fait, les mêmes fables se retroavent chez lui sur le duc Simon I^*". Il croit au siège de Nancy, au voyage en Terre-Sainte, k la mort k Venise. Les faits, un peu abrégés, sont racontés dans le même ordre *. Wassebourg cite seulement en plus, parmi les ennemis de Simon I*', Henri de Limbourg qui, en effet, vivait au milieu du xn« siècle. François de Rosières, dans ses Stemmata Lotharingiae ac Barri ducum, suit Wassebourg et, contrairement k son habitude, n'invente rien.
En 1 704, le P. Benoît Picart, dans YOrigine de la très illustre maison de Lorraine J, reproduit, d'après Jean d'Aucy, le récit de ces événements, en les abrégeant et en en retranchant, suivant Tusage de Tépoque, les traits miraculeux. Il nous dit simplement que son récit est emprunté k une histoire manuscrite de Lorraine. Dom Calmet s'était promis de ne rien emprunter k Jean d'Aucy^ ; mais il a confiance dans le P. Benoît Picart et il reproduit tel quel son récit, en renvoyant k lui et k lui seuH. Ghevrier, dans son Histoire de Lorraine et de Bar, parue en 1768, i-eproduit le récit détaillé de Jean d'Aucy, sans omettre le vœu que fait Simon I*' de se croiser. Mais Ghevrier ne peut s'empêcher d'ajouter au moins quelques dét:ails. Il nous fait donc une description en règle du combat de Frouard, et il la tire de son imagination : « Le capitaine Richard, qui commandait dans Frouard, fut 93ommé de se rendre. 11 répondit par un signal convenu avec tous les forts voisins, «t il fit une sortie qui engagea un combat, dont Richard aurait été la victime, si l.'effet du signal eût tardé. Simon, qui était alors k Bouxières avec un corps de Groupes que le brave comte de Salm commandait sous lui, passa la rivière qui le réparait du champ de bataille et vint fondre sur l'ennemi. L'affaire fut longue et c^haude^. »
De nos jours, Digot, au lieu de critiquer ses devanciers, confond en une minique narration ce qu'il a trouvé chez Benoit Picart, dans le fragment du Mémo- ^al et dans Ghevrier?. Le récit a fait boule de neige. Huhn se borne k traduire Digot, sans avoir fait aucune recherche personnelle*. En résumé, rien ne prouve ^u'il y ait eu, sous le duc Simon I*', un siège de Nancy ; il n'en est question dans aucune chronique contemporaine ; les détails qu'on nous raconte k ce sujet sont empruntés, ce semble, k des ouvrages du xv* siècle mi-historiques, mi-romanes- ^ues. Un seul fait est certain, c'est que, en 1 182, le duc Simon l^*" fut excommunié j)ar Albéron, archevêque de Trêves; mais.il rentra en grâce auprès de lui la même «innée, au synode de Thionville.
I. Voir la liste des auteurs consultés par lui en lèlc de l'ouvrage. a. Fol. 99a, verso.