GumLAUME LE Bretojv, PhUippide, t. X, p. 38 1 et ss
Excitât ex alia Lotharingos parte bilingues
Dux suu», aurivolis replicantes agmina sigrûs, c Le duc de Lorraine pousse du côte oppose les Lorrains qui parlent deux langues et qui déploient leurs bataillons avec leurs étendards d'or ». Jean d'Aucy, au contraire (Ms. cité, fol. 184» ver8o\ nous montre Thiébaut luttant pour Philippe-Auguste contre Othon ; Olhon l'aurait blessé et tué son cheval sous lui. Philippe-Auguste, après la victoire, lui aurait remis les drapeaux pris sur Othon I Et cette erreur est répétée par tous les historiens postérieurs.
4. D'Arbois de JuuAi:« ville, Histoire des comtes de Champagne, t. IV, p. i32.
5. La conjecture a été faite par Ed. Winkelmamn, Kaiser Friedrich II, p. 5 et 6.
0. Richer de Senones raconte ces faits comme s'ils s'étaient passés immédiatement après la mort de Ferri II ; ce qui n'est pas exact. Un chroniqueur contemporain. Renier de Liège, SS., t. XVI, p. O76, les place en 1217. Voici son récit : « Dux de Nancei Frederico régi, cognato sua, rebellai: quem Fredericus rex, frétas nuxilio suoruni, et maxime Ileinrici comitis de Bar et comitissK
l'incendie de NANCY, EN I2l8. 123
principal ministre Lambikin d'Arches'. Celui-ci pénétra dans la vallée de la Bruche, probablement par Saint-Dié et le col de Saales, et, sans coup férir, il entra dans la ville de Rosheim. Les habitants effrayés s'étaient réfugiés dans le cimetière fortifié. Mais Rosheim et ses environs immédiats, Obernai, Otrott, possèdent Tun des vignobles les plus renommés de l'Alsace : les soldats de Lambikin pénétrèrent dans les caves et « ils mangèrent et burent tant qu'ils voulurent ». Bientôt, entièrement ivres, ils gisaient sur le sol. \h\ chevalier, nommé Othon, exhorta alors les habitants de Rosheim à égorger ces soldats avinés, et ainsi fut fait. Les malheureux Lorrains ne pouvaient pas se remettre sur leurs jambes et moururent dans un hoquet. Lambikin réussit à s'échapper avec quelques chevaliers : il rejoignit le duc Thiébaut, qui dans l'intervalle avait descendu la vallée de la Bruche et était arrivé jusqu'à Wiches. Privé de ses soldats, Thiébaut rétrograda, le cœur plein de tristesse*. Mais ce fut pour revenir bientôt et ravager l'Alsace avec une grande armée'.
Frédéric II ne pouvait laisser sans vengeance de pareilles agressions. Il réunit une armée et entra à son tour en Lorraine. Un peu au nord de Nancy se dressait, de l'autre côté de la vallée de l'Amezule, le vieux château d'Amance, dot d'Agnès de Bar. Frédéric II y poussa Thiébaut, et commenta aussitôt le siège. Il appela à son aide ses alliés, la comtesse de Champagne et le comte de Bar. Blanche de Navarre et Henri II trouvèrent sur leur chemin la ville de Nancy. La cité avait déjà alors des murailles; mais ces murailles étaient-elles (rop délabrées pour résister? L'armée ennemie était-elle trop nombreuse? Quoi qu'il en soit, la comtesse de Champagne et le comte de Bar purent entrer dans la place sans trouver de résistance ; ils y passèrent la nuit et, le lendemain, avant de partir, ils ordonnèrent de livrer la ville aux flammes^. — C'est là le premier malheur qui s'abattit sur notre cité ; il semble bien que le palais et toutes les maisons qui s'élevaient dans la ville furent brûlés.
Blanche et Henri II, après cet exploit, rejoignirent le souverain allemand, Frédéric II, et Thiébaut fut assiégé encore plus étroitement dans Amance. En vain il invita ses vassaux à venir le délivrer : personne ne bougea. Alors, craignant que tout son duché ne fût ravagé et redoutant la défection des siens, il vint se jeter sans armes aux pieds de Frédéric II et implora son
Camparùx, fortiter inipugnat et castra ej'us capit, villas succendit et dévastât; ad ultirnnm ad deditionem conipellU et secuni in Alemaniam ducit. » Mais- la vraie dale nous csl donnée par la ctironique strasbourçjeoisc d'ELLE>HARD : 1218. Facta est ctedes Oallicoruin in Hodesheim. (SS., t. XVII, p. ICI.)
1. Oq a lu, au lieu d'Arches, Worches, Ourdies, et l'on a voulu voir dans ce ministre de Thiébaut !•' rancèlre de la famille d'Ourches. Ourchcs, c. de Void, Meuse. — De la Ciie^ate-Desbois, art. Ourckes,
a. Tous ces détails sont empruntés à Riciier, SS., t. XXV, p. 298-299. L*on pourra consulter une yieille traduction française de cette chroni(iue publiée par Jean Cayon, Nancy, i84a> Les dates ajoutées par Gayon sont fautives.
3. Richer nous parle de cette expédition, mais il ne sait si elle a eu lieu avant ou après les évé- Dcments de Rosheim.
4. Mane facto totum oppidum illud igni saccenderant, (Richer, /. c.)
124 IIISTOIUI:: DE NANCY.
pardon. I^ i^juiii 1218, il si<|iia un traité avec la comtesâe de f^hampagne. 1! s*eru|a(|eait à ne faire aucun tort à Blanche et à son fils et à les aider contre le prétendant Erard de Brienne. Pour garantie de sa parole, il donna à la comtesse Blanche la suzeniiiieté des fiefs que tenaient de lui Henri, ccimte de B'.ir, et le seigneur liugue de la Fauche'. Il livra au duc de Bourgogne, Eudes', sa place forte de Clhâtenois, et cette double donation devait durer cinq années. Si l'exécution de ce traité devait donner lieu à des diflicultés, elles seraient jugées par deux arbitres, le duc de Bourgogne Eudes ou André d'Epoisses', et le chevalier Jean d'Arcis: dans le cas où ils ne pourraient s'entendre, un troisième arbitre, Robert, évéque de Clemiont, les départagerait^ — Frédéric II approuva cette paix >, et elle fut notifiée aussitôt à tous les fidèles par le duc de Bourgogne Eudes d'une part*", Tévéque de Metz et Tévéque de Spire, chancelier de l'empire, d'autre part". Le même jour, Thiébaut déclara nuls tous les hommages que des seigneurs champenois lui avaient faits et s'engagea à leur rendre leurs lettres dans la quinj:aine*. Enfin, par une cinquième charte, Eudes jura qu'il rendrait Châtenois à la comtesse Blanche, si Thiébaut ne se montrait pas fidèle à la parole donnée '.
1. La Fauche, canton de Saint-Blin, Cliaumont, Haute-Marne. Sur Hutjue de la Fauche, voir Jo- LiBOis, Lai Haute-Marne, |». aSO.
2. A i^uel tilri' Eiidrs était-il venu à Amance ? Comme ennemi ou allié de Thiébaut? n était fils d'Alix dr Lorraine, Gllc de Mathieu I**".