Lepage, ibid., n<w 82, 4i
5. Sur les Dominicaines, voir [Hêlyot] Histoire des ordres monastiques, t. III, pp. a4o et ss.
c pouvait pas rester
LES ORDRES MRNDIAXTS.
raine, dont les habitants étaient foncièrement religieux. en arrière. Les Franciscains eurent {ic In'^s liotmc heure des maisons dans chacun des Trois-Évcîchfis, à Toul, à Metz et à Verdun; un couvent fut créé en terre lorraine, à Neufchâtfîau. Les Dominicains, qui partout faisaient concurrence au\ frt^rcs mineurs, s'établirent eux aussi à Toul, à Metz et k Verdun'. La maison des Dominicains de Toul, fondée vers l'an i2^b', contribuera à la création, À Nancy, d'un établissement de Dames dominicaines.
Le duc Ferri 111 fut le protecteur des Dominicains de Toul ;
et, sur la fin de son rètjiie, il
s'occupa avec eux de fonder
une maison de Dominicaines
dans le diocèse. Il fallait Irouver
quelque homme charitable ([ui
consentit à faire les frais de la
création. Cet homme se pri*-
senta. Ce fut un bourgeois de
Nancy, nommé Jean le Jaloux,
qui vivait paisiblement avec sa
femme Maance et ses quatre
niles>. Il avait de plus un fils,
Simonin le Jaloux, marié à
demoiselle Aleirs ♦. Tout ce
monde, rempli de senlimenls
religieux, soupirait après le
cloître et, du consentement des
siens, le père offrit toutes ses
possessions pour une maison
de Précheresses. La plupart de
ses biens étaient situés près de
Saint-Nicolas et c'est dans cette
ville qu'on songea tout d'abord
à établir le couvent. Ferri III donna l'aulorisalion nécessaire le 24 mars t at)3 K
1. Diom, Hitloirt de Lorraine, l. II, pp. iCô-i66. I. LtPAoi, Le$ Communet de la .VearlAe, 1. Il, p. 5t».
3. Voir l'ûucriplioQ qui se trouvait au clolln: Jcs Dooiitiicaincs dans I.io.imoi», t. I, p. afî^. 4- Charte de Sinuxiin publiée par noua dans la i" éd. du Vllisloire de Nancy, p. 34S- 5. LEPÀOt, Calala.jue, a" 4H(i. Soas renvoyons au texlr <ii>R nous avons donnË dans la i" VHitioirt de Ifancy, p. 343.
l36 HISTOIRE DE NANCY.
Mais comme on se heurta dans Saint-Nicolas à quelques difficultés, on choisit pour la construction les bords d'un ruisseau qui coulait à certaine distance à Touest de la petite cité et où Jean avait de vastes propriétés. Le ruisselet portait le nom de Marleru et il arrosait une ancienne maladreric dédiée à sainte Madeleine ^ Ferri III approuva ce choix*, et le monastère nouveau fut bâti avec rapidité. Pour les frais de construction et d'entretien des religieuses, le Jaloux céda toute une série de biens sur le finage de Saint^Nicolas et de Varangéville, aux cantons de la Vanne, de l'Olivier, de la Fontaine ; il abandonna des cens qu'il avait dans le bourg sur des maisons rue des Fèvres ou près de la halle. La donation est du 1 4 août 1 295 '; déjà, le 27 mars précédent, Simonin et sa femme avaient solennellement renoncé à l'héritage paternel*.
Mais bientôt on s'aperçut qu'on avait fait fausse route. En réalité, l'emplacement était mal choisi. Il était situé trop loin de Saint-Nicolas et surtout trop loin de Nancy. Le couvent ne pouvait prospérer que dans une cité où les religieuses trouveraient les ressources indispensables. Puis les nonnes n'étaient pas en sûreté près de ces bois qu'infestaient souvent les brigands. Elles quittèrent en 1298 la maison où elles étaient à peine installées. Elles en gardèrent la propriété et la convertirent en ferme qu'elles louèrent avec les champs voisins. La ferme subsiste encore et porte le vieux nom de ferme de la Madeleine. D'elle provient une curieuse enseigne en fer forgé où on lit l'invocation : Grâce à Dieu, et qui aujourd'hui se trouve au Musée lorrain 5. Tout près était jadis un oratoire : le pavé en était formé des pierres funéraires des religieuses mortes aussitôt après la fondation^.
C'est à Nancy que les Dominicaines se retirèrent. Nous avons vu que dès le xn* siècle les ducs de Lorraine possédaient à Nancy un château ou un palais. Ferri III trouvait ce palais trop peu commode, et il en avait commencé la destruction 7. Il résolut de donner aux religieuses l'emplacement de ce palais avec les bâtiments encore debout, avec les chambres, la cuisine, la chapelle^, se réservant seulement les revenus de cette dernière. Il leur accorda aussi permission d'y amener une fontaine prise sur le ruisseau de Boudonville (juillet 12989), Les religieuses approprièrent les bâtiments comme elles purent. Jean le Jaloux leur vint encore en aide. Par son testament signé en
1. Lepage, Les Communes de la Meurlhe, l. I, p. G78. a. Charte de 1293-1294 dans Histoire de Nancy, p. 344*