Cf. tnfra, p
l4o HISTOIRE DE NANCY.
chinirç|ieii Faber en 1675, le procureur de THôtel de Ville Brahu en 1702, le sculpteur Jacques Bordenave en 1721. Lioniiois a copié les pompeuses inscriptions qui subsistaient de son temps'. Les religieuses étaient enterrées dans le cloître et tout autour des galeries on voyait avec leurs épitaphes les armoiries de leur famille. Dans la sacristie ou dans Péylise, les Dames montraient avec onjueil cinq reliquaires, contenant une parcelle de la vraie croix, une tête entière d'une des onze mille vierges, Taube de saint Nicolas, des cheveux de sainte Claire, le mouchoir du sépulcre de la Vierge*, etc.
Ce couvent de Dominicaines a laissé son nom encore aujourd'hui à une place de Nancy : la place des Dames. Elle s'appelait d'abord la place du Châtel, à cause du voisinage du palais que détruisit Ferri III, et le second vocable se substitua lentement au premier. Aujourd'hui la place des Dames se confond avec la place Saint-Èvre; mais jadis les deux places étaient bien distinctes et communiquaient l'une avec l'autre par une petite rue étroite, dite petite rue des Dames. De l'autre côté, la grande rue des Dames allait aboutir aux rempaits de la Ville-Vieille. Cette voie fut débaptisée en 1889 et le conseil municipal lui donna le nom de rue Lafayette 5 ; la mémoire du général qui venait de mourir restait fort populaire sous le gouvernement de Louis-Philippe.
Les Dames précheresses étaient à peine installées à Nancy qu'on leur confia la direction d'un second établissement.
Le terrible fléau de la lèpre, qui rongeait tout le corps et s'attaquait aux os mêmes, s'était répandu en Lorraine; il fallait empêcher la maladie contagieuse de se répandre et venir au secours des malheureux qui en étaient atteints. Une léproserie s'éleva à Nancy dès le début du xiii* siècle à l'emplacement qui est occupé aujourd'hui par le faubourg Saint-Pierre ou rue de Strasbounj-^. On ignore quel en fut le fondateur. Certainement elle existait déjà sous le rèjjne du duc Mathieu II, en 1221. Cette année-là, au mois de décembre, l'abbé et le couvent de Saint-Léon de Toul donnèrent a aux frères de la maison des lépreux de Nancy » un alleu à Janille, avec la moitié d\in bois, à condition qu'ils leur paieraient chaque année, à l'octave de Noél, un cens de 12 sous toulois. L'évêque Eudes de Sorcy approuva la donation ^ La même année, un arrangement intervient entre les frères de la maison des lépreux et le prieuré de Notre-Dame. Les premiers, alléguant sans doute les services rendus, refusaient de payer aux moines de Molesme la dlme pour les biens qui leur appartenaient; Eudes de Sorcy décida qu'ils acquitteraient au moins les grosses dîmes du blé et du vin^.
1. T. I, pp. 269-277. Cf. Lepage, Z,e# Archives de Nancy ^ t. III, p. 3i8, et t. IV, p. 2^.