Cf. topra, p
riininie Ini]> [li'S3van(ai[enx aux n^lii lieuses.
l[\2 HISTOIRE DE NANCY,
Sainl-Sacrcmcnt. Bientôt Ton dira par abréviation le four sacré et ce fui lonç|temps le nom d'une rue de Nancy, appelée aujourd'hui rue Saint-Èvre'.
Au mois de mars 1 281, le duc Ferri donna au même établissement « toute la crowée qui siet de fuers Nancei * ». Cette corvée ou ce canton de terre était situé près «la porte con dit devers Saint-Nicholays ' », et c'est ici encore une indication topographique très précieuse. Il ajouta à ce don « cinkante solz de toulois chacun an a panre en mes prises et en mes tailles de Nancei », la moitié à Pâques et l'autre moitié à la Saint-Remi. Le receveur de ces impôts devait payer ces redevances, sans attendre un nouvel ordre du duc.
On voit, d'après ces documents, qu'à rorifjine la léproserie était administrée par des frères qui se dévouaient au service des malades. Peu après, nous trouvons à sa tête un officier, nommé par le duc. Sous le règne de Thiébautll, fils de Ferri, cette chanje était remplie par Louvies, ménétrier ducal. Mais le prince, se souvenant de l'affection que son père Ferri et sa mère Manjuerite avaient pour les prêcheresses , décida, le 2 mai i3i2, de leur donner la maladrerie après la mort de Louvies*. La maison devait être diriqée par des économes nommés par les sœurs ; quelques-unes d'entre elles s'engagèrent sans doute à soigner les malades. Le i5 mai i3i2, quelques jours après la mort de son père, Ferri IV confirma cette donation^, et, très peu de temps après, les religieuses entrèrent en possession de l'établissement.
La léproserie, comme l'ancienne maison de Saint-Nicolas, premier séjour des Dominicaines, était dédiée à sainte Madeleine^. Dès l'origine, une chapelle s'éleva dans le voisinage 7. Là on disait des messes pour les fondateurs; là les bonshommes — comme on appelait les lépreux — trouvaient quelque consolation dans les pratiques religieuses. Ils vivaient isolés, au nombre de seize à vingt*, dans de petites loges auxquelles on donne souvent le nom de bordes et ils se rencontraient aux offices.
La séquestration des malheureux qui étaient atteinte de la lèpre se faisait à Nancy de façon solennelle. Couverts d'un voile noir, ils étaient conduits, au son des cloches, devant le portail de Saint-Èvre. Le curé, revêtu de l'aube et de l'étole, les aspergeait d'eau bénite, les menait dans l'intérieur de l'église, les plaçait sous un drap noir, et lisait l'Évangile : Erat quidam languens Lazariis de Dethania. Après la communion il leur remettait une
1. En réalité le four était au u^ 8 de la rue Saint-Michel. (Courbe, Leê Rues de Nancy, t. 11, p. i39.)
2. Original. A. D., II, aG73. Dans cette charte Ferri III mentionne encore l'ccliange de la grange du Minii.
3. Le prieuré de Notre-Dame s'était plaint qu'une partie de cette crowée, près de cette porte, lui appartenait. Ferri III lui donna ao sous toulois h prendre sur les revenus de la halle de Nancy. Cf. Mupra, p. 8A, n. cj.