‹ Histoire de NancyChapitre 139 sur 642 · Copie moderne. A. 0., H · texte numérisé non relu

Copie moderne. A. 0., H

5. A. D., H, 2C73. Nous voyons que, contrairement aux stipulations de la charte de Thiébaut II, Louvies fut remplacé à la tête de la léproserie par « Barncfroi lou fil Jacoumin la Tartre de Nancey 1. Les sœurs devaient être saisies de la léproserie après son décès ; et, eu attendant, Jacquemin leur devait ac({uitter chaque année cinq sous toulois, le lendemain de la Saint-Martin d'hiver.

6. Dans la Chronique de Lorraine^ l'établissement est appelé la « Magdelaine ».

7. Dans la charte de Thiébaut II, il est déjà question d'un chapelain.

8. Le règlement de Charles III, du 8 août iGo3, parle des maisons f qui sont seize en nombre •.

DONATION DE LA LEPROSERIE AUX PRÊCIIERESSES. 1^3

housse ou longue robe, un baril, une cliquette, des gants et une panetière, et il prononçait ces paroles rituelles : « Prenez et revêtez, en signe d'humilité, cet habit, sans lequel je vous défends désormais de quitter votre maison, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Prenez ce baril pour y mettre ce que Ton vous donnera pour boire, et je vous défends expressément de vous désaltérer dans les rivières, ruisseaux, fontaines et puits communs, de vous y laver ou d'y laver vos draps, vos chemises et tout ce qui aurait touché votre corps. Prenez cette cliquette, pour vous souvenir qu'il vous est interdit de parler à qui que ce soit, si ce n'est aux personnes attaquées du même mal que vous. Si vous ne pouvez vous en dispenser et que vous ayez besoin de quelque chose, vous le demanderez au son de cette cliquette, en vous tenant loin des gens et au-dessous du vent. Prenez ces gants ; ils vous rappelleront que vous ne pouvez rien toucher les mains nues, si ce n'est des choses qui vous appartiennent et ne doivent passer entre les mains de personne. Prenez cette panetière pour y placer ce qui vous sera donné par les gens de bien, et n'oubliez pas de prier Dieu pour vos bienfaiteurs. » Puis, en procession, on conduisait le malheureux à son borde, en chantant des litanies; et le prêtre prononçait la formule : « C'est ici mon repos au siècle des siècles. Hxc requies mea in sœculum sœculorum '. »

Le malheureux était mort au monde ; pourtant la séquestration n'était pas aussi complète qu'on se le figure souvent. Les lépreux sortaient pour venir quêter en ville. Devant la collégiale Saint-Georges se trouvait même, depuis la fin du xiv« siècle, une loge où l'un d'entre eux, au bout d'une longue perche, tendait la sébile*. Une autre loge était disposée devant le couvent des prêcheresses. La nuit de la Toussaint, les lépreux pouvaient rester à Nancy. La ville leur donnait même une certaine somme « pour faire leur bon soir' ». Mais toujours, ils devaient prévenir les passants de leur approche par la cliquette ; et aussi, à la fin du xvi* siècle, bien en vue sur leur housse, ils portaient la plaque aux armoiries de la ville.

Il arrivait souvent que des lépreux possédaient une certaine fortune. Leurs familles devaient dès lors payer aux prêcheresses un droit d'entrée, convenu de gré à gré; elles acquittaient aussi chaque année un cens annuel d'un franc*. Les pauvres étaient reçus par charité. A partir du xvi* siècle, une part de l'aumône publique était affectée à leur entretient Le duc Charles III, par

I. Sur ces cérémonies, nous avons suivi le Missel de V'erdun de ir>o(j (exempl. à la hihliothciiue de cette ville) et Ylrutitutio caiholica quam vulgus Manuale vocal, secundum usum Diocesis VerdunenMÎM (par l'évèque Psaume), i554. On consultera aussi le rituel de Metz de i54i* Extrait dans l'Histoire de Metz, par les Bénédictins, t. II, p. ôao. Cf. Ch. Buvigmer, Les Maladreries de la cilé de Verdun, p. 89; Richard, Essai chronologique sur les mœurs, couf urnes et usages les plus anciens de ta Lorraine, Remiremont, i835, p. 1^9; O*" L. Hecht, Les Lépreux en Lorraine dans les M, A. S., 1881, pp. 110 et ss.

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