Lkpagc, La Madeleine-lèM'Nancy, l. c, p. 47» n
3. Lepage, Let Archives de Nancy, t. II, p. 191 (année lôga); ibid., pp. 2o4-2o5 (année 1609).
4. Voir les lettres patentes de Charles III du 8 août ]6o3, réglant la situation de la léproserie, dans Lbpagb, Les Archives de Nancy, t. I, pp. 160-1O1.
5. Voir la requête des lépreux du 3 février 1620. (Lepage, ibid., t. I, p. 820.)
l/j4 HISTOIRE DE NANCY.
mandement du i8 mars 1698, leur fil délivrer chaque année, par le cellérier de Nancy, douze résaux de blé'. Puis, surtout à cause de cette raaladrerie, les Dominicaines acquirent de nombreux biens dans le voisinage.
Ces biens comprenaient à peu près tout le faubourq Saint-Pierre actuel, ('/est sur un terrain des prêcheresses qu'Ambroise de Charnières éleva la chapelle de Bonsecours*; c'est à elles que les chanoinesses de Bouxières achetèrent, en 1786, la place pour leurs demeures à Nancy'. Même leurs possessions s'étendaient loin au nord et beaucoup d'entre elles furent enrjlobées, à la fin du xvi* siècle, dans la Ville-Neuve. La cathédrale se dresse sur une de leurs anciennes propriétés*. Quand les remparts de la nouvelle cite eurent été bâtis, elles gardèrent des biens dans la prairie à Test. La nouvelle route, qui conduisit, en 1739, de la porte Saint-Georges vers le bac d'Essey, passa sur leurs terres et on fut obligé de leur accorder une indemnité 5. lînc grande partie du terrain depuis « la guinguette dite le Tapis-Vert » jusqu'à la levée des Grands-Moulins leur appartenait^. La donation de la léproserie par Thiébaut II fut pour les religieuses l'origine d'une grande fortune.
Les prêcheresses devaient accueillir avant tout les lépreux de Nancy ; il ne leur était permis de prendre des malades ayant une autre origine que si personne de la ville ne se présentait 7.
Les ducs de Lorraine confirmèrent à diverses reprises aux religieuses leurs privilèges. Des lettres du roi René, du 12 mars i437, de sa femme Isabelle, du 28 décembre i44i) rappellent la donation faite aux prêcheresses « de la maison de la Maladrerie avec la grange et plusieurs heritaîges y appartenans et appendens, ensemble le gaignaige de Marleru, situé on ban de la Nuefville et asscs près de la ville de Port et plusieurs autres possessions et héritages situez et assiz en la prevosté de Nancey* ». Le 20 mars i5o8, le duc Antoine, à son tour, mentionna et approuva ce qu'avaient fait ses ancêtres'.
Cependant, avec les progrès de la médecine, le mal hideux de la lèpre disparut. Après i64o, nous ne trouvons plus mention de lépreux à Nancy'*. Les prêcheresses convertirent dès lors leurs bâtiments du futur faubourg Saint -Pierre en une ferme qu'elles louèrent. Mais voici qu'au cours du xvu* siècle, lors de la seconde occupation française, les biens de rancienne maladrerie leur furent disputés avec un grand acharnement. Louis XIV, par
1. A. D., H, 2O7/J. Mention de cette donation est faite chaque année^ jusqu'en iG4o, dans les comptes du cellérier.
a. Cf. injra, p. 570.