A. 0., H, a675, f*» 3 et ss
cj. Ibid., H, 2674, copie.
10. Dernière mention de la résaux payés par le cellérier aux j)auvres lépreux de la Madeleine, dans les comptes de iG4o. A. D., H, 779*1. Cf. D' Helut, /. r., p. 148.
LA FERME ET LA CHAPELLE DE LA MADELEINE. l[\^
édils de 1672 et 1678, avait uni à Tordre du Mont-Carmel et de Saint-Lazare tous les biens provenant des anciennes maladreries. Les Lazaristes voulaient faire appliquer à la Lorraine envahie ces prescriptions qui ne regardaient que le royaume ; et ils firent assigner les Dames précheresses devant la chambre royale de l'Arsenal de Paris, en revendication du corps de biens de la Madeleine. Les religieuses se défendirent fort maladroitement. Elles soutinrent que jamais la Madeleine n'avait été une maladrerie et, sur tous les vieux titres, elles grattèrent les mots : domus leprosorum. Mariera, maladrerie. Le procès dura longtemps et absorba les revenus du couvent. En 1688 fut signée une transaction, qui partageait les biens entre les deux parties : mais les sœurs, mécontentes, s'adressèrent directement à Louis XIV. Le conseil privé, sur l'intervention du roi, cassa, le 27 novembre 1698, l'acte de partage et rendit aux religieuses tous leurs biens*. Celles-ci, pour reprendre les termes d'un de leurs factumsj a sentirent le bonheur qu'il y a d'être sous l'obéissance d'un prince qui rend à ses sujets une justice que toutes les nations admirent'. »
Au xvm* siècle, les biens de la Madeleine continuèrent d'être amodiés. Les anciens bâtiments furent en partie reconstruits vers 1762^ Ils correspondent actuellement aux n^ 77 et 79 de la rue de Strasbourg; et il faut donner un coup d'œil en passant ^à ces maisons qui ont été le noyau du faubourg Saint-Pierre. Les fermiers devaient, aux termes de leur contrat, faire dire une messe dans la petite chapelle aux fêtes de Pâques, de Quasimodo, de la Madeleine (22 juillet) et de Noël*. Un ermite s'établit dans le voisinage et tendait la main aux pèlerins qui visitaient le sanctuaire. En l'année 1781, quand on créa dans la Ville-Neuve les deux nouvelles paroisses de Saint- Roch et de Saint-Nicolas, un vicariat fut institué pour le faubourg Saint- Pierre qui s'était beaucoup développé. Création certes très utile, puisque le soir les portes de la cité étaient fermées et qu'il était impossible aux gens du faubourg d'appeler, en cas d'urgence, un curé de la villes La chapelle de la Madeleine servit d'église succursale à partir de 1781 jusqu'à ce que l'architecte Jennesson eut construit en face, de l'autre côté de la rue, l'église Saint- Pierre (1787) qui, en 1762, devint paroissiale^. Sous la Révolution, la chapelle tomba en ruines; en 1810, le propriétaire du terrain fit construire sur l'emplacement un lavoir qu'alimentaient les eaux du ruisseau de Nabécor?. Le lavoir a disparu à son tour et fait place à une grande fabrique moderne.
1. On consultera sur ce procès, qui passa par des phases diverses, les pièces réunies A. D., H,
3. Facium pour les Darnes Religieuses, Prieure et couuent des Prescheresses de la Ville de Nancy, Deffenderesses, contre Messieurs de V ordre de Saint-Lazare, 4 pages in-4°.