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l46 HISTOIRE DE NANCY.

n* 83 de la rue de Strasbourg. A quelque distance de Tancienne maladrerie, des Dominicaines du tiers-ordre ont établi en ce siècle un grand couvent pour l'éducation des jeunes filles*.

Moins intéressante que l'histoire de la léproserie est celle du couvent même des Dominicaines. Elle est tout entière dans la liste des donations que les religieuses reçurent. Les successeurs de Ferri III n'oublièrent point sa fondation. Le duc Raoul donna aux Dames des droits sur les fours el les poignefs^ de Saint-Nicolas, et bientôt elles levèrent dans le bourg la totalité de ces redevances ^ Le 22 février 1426, Charles II leur accorda deux muids de sel à prendre chaque année sur les salines de Rosières^. En i465, Jean II leur donna une rente de trente francs sur les vannes et le moulin domanial de Frouard. En i544) François I"^ leur permit de prendre le bois qui leur était nécessaire dans la forêt de Haye 5. Les particuliers imitaient l'exemple venu d'en haut. Les personnes pieuses n'oublièrent point les Dames en leur testament et grevaient volontiers leurs biens de cens en faveur du couvent. Qu'on songe que jusqu'à la création de la Ville-Neuve il n'y avait point d'autres religieuses à Nancy. Les novices admises à prononcer leurs vœux apportaient toujours une petite dot. Aussi les prêcheresses pouvaient passer pour riches. « Ces dames sont bien fondées^ », écrit Durival.

Elles possédaient à Nancy de nombreux immeubles 7 et touchaient des redevances sur quantité de maisons. En parcourant leurs archives, nous constatons qu'elles levaient un certain nombre de sous et de gros rue de la Lormerie (i4oi), rue Reculée (i466), derrière les Étuves (i48i), rue du Haut-Bourget (i48i, i544)» rue Boudière (i545), rue de la Poterne (i558), etc., dans la Ville-Vieille; rue SaintJulien-de-l'Hôpital (iSgS), rue des Artisans (1601), rue des Moulins (1607), rue du Pont-Mouja (1687), rue de Grève (1657), etc., dans la Ville-Neuve*. Aux environs de Nancy, elles ont beaucoup de biens. C'est une ferme avec de vastes bois à Jarville, un gagnage à Heillecourt, 92 jours de terre à Lupcourt. Elles lèvent la dîme à Blainvillesur-l'Eau et à Acraigne qui tour à tour a pris le nom de Guise et celui de

I. Le D^ Hkght, k la suite de sa belle élude, a donne un tableau de toutes les maladreries qui existaient en lx>rraine et a relevé les noms des cantons ruraux, censés ou chemins rappelaut l'existence de lépreux, pp. i56 et iGi.

a. C'était le droit de cueillereite, analogue k celui que le commandeur de Saint-Jean touchait sur les grains vendus dans la Ville-Vieille de Nancy. Cf. supra, p. ga. l\ appartint aux Dames prêcheresses jusqu'à l'édit de Turyot.

l\. Ibid.f H, 2635. Jean II leur donna, dit-on, un troisième muid ; mais la fondation ne subsista pas.

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