Cf. infra, p
sénéchal a des attributions trop multiples pour intervenir dans le gouvernement de la ville, sauf dans les circonstances graves. En réalité le prœpositus, le prévôt, est placé à la tête de la cité, et Nancy, sous le contrôle du duc, tout en gardant quelques privilèges de la loi de Beauinont, devient une quasi-ville préuôtale. Le prévôt, d'ordinaire, achète pour une période de trois ans sa charge, mais, au xvi« siècle, en i565, la prévôté est mise en garde, c'est-àdire que le titulaire de la charge est nommé directement par le duc*. Le prévôt, dont l'autorité s'étendait, au delà de la banlieue, sur la prévôté de Nancy, faisait la police; il arrêtait les criminels et les délinquants; il veillait à l'entretien et à la propreté des rues; il surveillait les cabarets; il examinait chez les marchands les poids et mesures; il taxait le pain et la viande. Il avait un tribunal particulier, la prévôté, où étaient jugés les petits procès. Par une ordonnance du duc Antoine', ce tribunal devait siéger deux fois par semaine. Le prévôt nommait le mcssier et le bangard, les sergents de la ville et le maître des hautes-œuvres. Il touchait une série de redevances, outre ses 3oo livres de gages : moitié dans les amendes prononcées, droits sur les arrestations et les exécutions des malfaiteurs, fournitures que lui doivent les commerçants de la ville, pièces de viande des bouchers, poisson des poissonniers, fruits des fruitiers. « A droit de tous les jeux de tourniquet, appelle roue de fortune et autres jeux de trous madame, lesquels joueurs lui doivent ses honoraires, sçavoir : ceux dudit tourniquet, leur volonté ; et les autres nommés potiers d'étain, une pièce de vasselle tel que bon leur semblera ^ » Il tient un registre des dépenses qu'il fait et des émoluments .qu'on lui doit^. Depuis la création de la collégiale Saint-Georges, le prévôt, à son entrée en charge, prêle serment de respecter ses privilèges 5.
Dans les circonstances importantes, le prévôt et les ambedeux prennent conseil de toute la bourgeoisie. Ils réunissent l'ensemble des bourgeois à l'église paroissiale Saint-ÈvTe et recueillent leur avis. Ainsi, à la fin de l'année iSgi,
1. Le dernier prévôt qui acheta sa charge fut Etienne du Bois; le premier que nomma le duc, en i5G5, fut Cugnin Briseur. On lit dans les comptes du receveur général de Lorraine de iSGS-iSôg, 1570-157 1 (B. 7254 et 7250) et des années suivantes, celte mention : « Monseigneur le duc mon souverain seigneur par la desmission faicte par Estienne du Ik)is de Testât de prevost de Nancy auroit icelluy estât donné et octroyé à Cugnin Briseur, pour doresnavant l'avoir tenir et exercer t*nl qu'il plaira à sa grandeur, k
2. Du k novembre i537. (Lrpage, Les Archives de Nancy, t. I, p. 85.) Nous possédons les registres des causes de la prévôté de Nancy depuis i548.
3. Voir l'ordonnance de i537 ; puis le < mémoire des gages, proflictz et esmolumentz qui appartiennent à noble Jean le Thellier, prevost de Nancy, en janvier i5y8 ■. (Lepagk, Les Archiues de Nancy, t. III, pp. aoo et ss.)
4. Nous avons le registre du prévôt Jean de Saint-Menge de 1479-14^' A. 0., B, 7a35.
5. Henri Lepage, La Collégiale Saini-Geonjes dans les M. S. A, L., 1849, p. 217. — Lfs procès* verbaux de la prestation de ce serment nous font connaître les noms de quelques-uns des prévôts de Nancy, jusqu'à la fondation de la Ville-Neuve : i3G8, Thouvenin dit le Barbe; .... Bemefiroi; iSgi, Pierresson dit Collebrey (cf. infra, p. i53); i4>9, Waullrin Mamet ; i445, Fourguignon des Moines» 1445, Howin de Rambervillers ; i465, Arnoul de Montenoy ; 1472, Warrin le Mercier; i477» Pieiresson, nls le maire Richier de Bezanges; i479> ^^^^ ^^ Saint-.Mcngc (cf. B, 7335); 1 483, Jean Frichement; .... Nicolas des Fours; i497. CoUignon Maréchal; i5oi, Claude de Vand<ruvre; 1 537, Claude Fleurj- : 1545, Etienne du Bois; i565, Cugnin Briseur, premier prévôt en garde; i58i, Nicolas Bailly.