‹ Histoire de NancyChapitre 152 sur 642 · Voir le testament de Jean le Jaloux, publié p. 187, n. a · texte numérisé non relu

Voir le testament de Jean le Jaloux, publié p. 187, n. a

5. C'est du sceau de la cour de Nancy qu*est scellé par exemple le traité de partage entre Ferri, comte de Linange et sire d*0rmes, et Philippe de Bcnney, du village de Benney, février 1292. (N. DE Waillt, Actet en langue vulgaire du XIll" siècle contenus dans la collection de Lorraine» n» 3ia.)

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des fonctionnaires. Bientôt leur pouvoir ne procéda plus de l'élection; ils furent nommés directement par le prince. On les prenait toujours au nombre des (jradués en droit'. Leur ressort ne se bornait plus à la ville de Nancy; il comprenait tout le bailliacje. Au civil, ils recevaient les appels des juridictions inférieures de ce ressort; ils connaissaient même des affaires des gentilshommes, anoblis et autres personnes privilégiées '. Au criminel, ils acquirent au x\i*^ siècle des attributions très étendues. Aucune sentence contre une personne ne pouvait être rendue dans le duché avant que les éclievins de Nancy n'eussent donné leur avis motivé'. Les échevins, très compétents en jurisprudence, contrôlaient de la sorte les juridictions inférieures, composées souvent de personnes fort ignorantes. N'oublions pas que, sous l'ancien régime, beaucoup d'assemblées de villages avaient le droit de condamner à mort. Puis, au milieu de l'infinie diversité des coutumes, ils introduisaient un principe d'unilé et, par-dessus les seigneurs féodaux et les communes, faisaient reconnaître la souveraineté du prince*. Ce pouvoir ne s'établit pas sans que la noblesse fît entendre ses murmures et retentir de ses doléances les Etats généraux 5. Mais les échevins l'emportèrent, et fort curieuse est la manière dont cette assemblée municipale étendit peu à peu son ressort sur la Lorraine entière et devint, jusqu'au jour de l'occupation française (i633), une sorte de cour souveraine pour le duché, analogue aux Grands-Jours de Saint^Mihiel pour le Barrois.

Les échevins tenaient leurs audiences plusieurs jours par semaine, aux heures convenues, dans une maison sur la place des Dames, appelée le Change. Ce tribunal portait souvent pour ce motif simplement le titre : le Change; et l'on opposait volontiers le Change et l'Hôtel Monseigneur le duc, c'est-à-dire la cour des échevins et les assises des gentilshommes qui siégeaient, à quelques pas de là, dans le palais ducal ^. Au début du xvu* siècle, le tribunal s'installa au nouvel Hôtel de Ville construit dans la Ville-Neuve. Le Change fut habité plus tard par la princesse de Phalsbourg, sœur de Charles IV; il correspond actuellement au n** 19 de la place des Dames 7, englobé dans le pâté de maisons qui fait saillie sur la place. Le Nancéien songe-t-il, en passant devant cette demeure, que là se réunissait, dans les temps lointains de la coutume de Beaumont, l'ancienne assemblée de la cité ?

Au début, l'assemblée des échevins était présidée par le sénéchal ou le bailli. Nous avons déjà vu cette haute dignité apparaître au xi* siècle avec

1. Fr. Guiwet dans Dom Calmet, Histoire de Lorraine, a« éd., t. III, r> CGXXXIII.

2. Sur le tribunal des échevins, voir Lioxnois, l. I, pp. 3ii-3i4; Digot, Histoire de Lorraine, l. V, p. 96; Lepage, Les Offices des duchés de Lorraine et de Bar, pp. 169-181 ; Krug-Basse, Histoire du parlement de Lorraine et du Barrois, pp. 31-27.

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