‹ Histoire de NancyChapitre 164 sur 642 · Lepage, Les Archives de Nunci/, t. I, p · texte numérisé non relu

Lepage, Les Archives de Nunci/, t. I, p

8. RooÉviLLE, Dictionnaire fies ordonnances, t. II, p. i3i; Lion.>ois, t. il, p. 50.

l6G HISTOIRE DE NANCY.

René II '. Le droit de banvin fut aussi supprimé. Les bourgeois de Nancy lurent en outre exempts de tout impôt extraordinaire. Ils ne payèrent point de subvention à la France pendant les diverses occupations ni plus tard après l'annexion. Celait un privilège exorbitant contre lequel protestèrent avec raison les autres habitants de la Lorraine. Depuis i477j '^^ Nancéiens n'acquittaient plus au duc que « les estalages, poids, ventes, rouages et autres menues usuines * » ; ils continuaient aussi de faire le serv ice de guet et de monter la garde des murailles et des portes.

Le privilège n'était pas accordé seulement aux anciens habitants, mais à tous ceux qui dans la suite viendraient s'établir dans Nancy. Il fut conGrmé à diverses reprises: le 20 mars i5o8 par le duc Antoine 5, le 19 novembre i55o par Christine de Danemark et Nicolas de Vaudémont, régents du duché, le 8 juin 1574 par Charles III, le 3 mai 161 5 par Henri II*.

Nous avons énuméré les impôts que le duc, c'est-à-dire l'Etat, lève à Nancy jusqu'à la création de la Ville-Neuve. La cité elle-même n'a-t-clle pas de ressources propres qu'elle administre ? Pendant longtemps, ses revenus sont assez médiocres 5; mais en i5o4 René II lui procure des ressources permanentes. Par lettres patentes du 28 juin, il établit à son profit une gabelle sur toutes les marchandises qui se vendaient dans l'intérieur des murs. Les débitants en vin devaient acquitter à l'avenir pour chaque queue 5 gros, 10 gros même si le vin n'était pas originaire de la Lorraine. Les boulangers payaient 2 deniers par résal de farine ; les bouchers 2 gros par bœuf et vache ; tous les autres marchands par chaque franc de recette (monnaie de Lorraine) 2 deniers. Les quatre articles de cet impôt étaient adjugés, par les gens des comptes, au dernier renchérisseur le plus offrant ^. Quelque temps après, le régent Nicolas de Vaudémont obligea les déforains à payer en sus i denier par franc, les charges de la cité s'étant beaucoup augmentées 7. Peu à peu aussi, les ducs abandonnèrent à la cité les derniers impôts qu'ils y levaient encore : étaux des halles et des boucheries, droits de vente, etc., si bien qu'à Nancy ils ne tiraient plus de ressources que du droit de passage et de leur domaine direct. La ville louait à son profit une série de boutiques autour de Saint- Evre, et les maisons autour du fossé aux chevaux, situé près du cimetière de Notre-Dame^. Nancy avait acquis aussi quelques propriétés communales; elle amodiait les étuves publiques dans la rue actuelle de la Charité ; elle touchait des cens sur un assez grand nombre de vignes à Buthegnémont ; une

1. Voir les comptes de Laurent Coun^ol (1568-1569), Geonjes Duruz (1571-1572), receveurs du doinaine de la cliAtelIeuie de Nancy, A. D., B, 7254 et 7256, et les comptes des années suivantes.

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