LE SERVICE DE GUET ET D^OST
partie des amendes payées par les maîtres des métiers qui n'observaient pas les règlements lui revenait, comme nous l'avons vu. Sur ces redevances elle payait 25 ou 3 1 livres à la collégiale Saint-Georges « pour la messe du prince », 7 francs 1/2 au chapelain de la chapelle Saint-Jacques de Pilier au prieuré Notre-Dame ; elle réparait les remparts et les portes de la ville, payait les trois portiers et les sonneurs de clochettes, qui avertissaient les habitants de l'ouverture et de la fermeture des portes; elle entretenait les fontaines et les <r conduits »; elle payait le maître d'école, le valet et l'horloger de la cité, les individus qui faisaient le guet sur le clocher de Saint- Evre et le « merdaul », qui charriait hors des murs les immondices. Elle prenait des mesures de précaution quand la peste éclatait dans la cité. Elle pourvoyait aux dépenses extraordinaires ^ Nous avons déjà vu qu'au début les quatre ou deux de la ville étaient officiers comptables, mais que, depuis 1076, Nancy a ses receveurs particuliers. Dans certaines circonstances, quand la ville devait faire de grandes réparations à ses fortifications ou payer des mortes-payes pour la garde des remparts, elle levait un impôt extraordinaire sur les bourgeois, en général de trois gros par mois *.
Ces impôts furent modifiés un peu après la création de la Ville-Neuve. Nous verrons plus tard comment Charles III créa, pour venir en aide aux pauvres, le subside charitable (1587), comment Charles IV l'alimenta par un impôt sur les marchandises entrant à Nancy (1628) et comment le magistrat, en l'année i634, le confisqua à son profit. L'oc/ro/ était ainsi créé et peu à peu il devint le principal revenu de la ville; avec lui furent confondues, en lui s'absorbèrent les quatre anciennes gabelles.
Outre les redevances en nature et en argent, les Nancéiens doivent au duc le service militaire. En temps de guerre, ils sont tenus de payer de leur personne. Lors des deux sièges de Nancy [)ar les Bourguignons, ils sont montés sur les remparts à côté des troupes soldées et de l'armée féodale, et ont pris une part très grande à la défense. En temps de paix, ils veillent à la garde des portes et font le* guet. Ces obligations sont maintenues par les lettres patentes de René II du i4 février i477'- Par l'ordonnance du 12 juin 1^97, chaque jour trois chefs d'hôtel sont tenus de garder avec le portier et l'homme à la clochette les trois portes de la ville, ou, s'ils n'y peuvent vaquer en personne, fournir un homme qui serait reconnu apte à ce service par le prévôt ou les commis de la ville. Sont seuls exemptés les domestiques du duc.
1. Ces détails sont empruntés aux plus anciens comptes de la ville : ceux de i5o2-i5o3, B, 7387; de i5o8-i5o9, B, 7238; de i52i-i532, B, 72^0; de i53i-i532, B, 7247; de i54i-i542» B, 7260; de i557-i558, B, 7253. Le registre B, 7263 (157G-1577), est celui du plus ancien receveur de Nancy qui soit connu; vient ensuite celui de 1677-1578, B, 7269; celui de i588-i589, B, 7296; celui de iSqo-iSqi, b, 73o3. A partir de 1692, nous avons la série à peu près complète des comptes de la ville aux A. M., GG. M. Lkpage en a fait de nombreux extraits, Les Archives de Nancy, t. II, p. i85 et ss.
2. Nous avons les comptes des dépenses faites pour les murailles de Nancy en i523 (A. D., B, 7244 et 7245), le registre de la levée des trois gros par mois en i55i-i552 (B, 7261); en 1571-1572 (B, 7255).