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l68 HISTOIRE DE NANCY,
les membres du Conseil ou de la Chambre des comptes*. Le guet de nuit, fait d'abord par les habitants, est souvent, au xvi* siècle, confié à des « mortespayes » *, soldats qui restent au service la guerre une fois passée ; mais les Nancéiens sont obligés de payer des deniers extraordinaires pour le a guel » et même le « surguet «J. Au début, lors des expéditions contre les Toulois ou les Messins, les habitants de Nancy ont fourni leur contingent à la chevauchée; ils suivaient la bannière de Nancy et pendant leur absence les habitants de Vandœuvre étaient tenus de venir garder la porte Saint-Nicolas ♦; mais, quand les guerres devinrent plus longues, quand Ton resta en campagne des semaines et des mois, ils ne furent plus tenus de partir. Seuls les jeunes gens s'enrôlaient comme mercenaires sous le drapeau d'un chef de bande.
3** La loi de Beaumont renferme une série de prescriptions de droit civil et de droit criminel. Ce n'est pas un code complet, tant s'en faut : mais, sur un grand nombre de points, la coutume est fixée. Ces articles de la charte de Beaumont ont^-ils été appliqués, après 1266, à la ville de Nancy? Question délicate et à laquelle il est difficile de donner une réponse. Nous ne possédons presque point de textes de jugements rendus avant le milieu du xvi* siècle ; et quand ils deviennent plus abondants, grâce aux progrès des mœurs les vieux usages, consacrés par la loi de Beaumont, avaient disparu.
La coutume de Beaumont admettait, en l'absence de tout témoin, le duel judiciaire au moins en deux cas : lorsqu'on réclamait à un tiers un dépôt dépassant 10 sous et que celui-ci niait la dette; lorsque, se prétendant en cas de légitime défense, on avait blessé un tiers et que celui-ci niait avoir été l'agresseur 5. La môme loi permettait de soumettre à l'épreuve de l'eau bouillante quiconque était accusé d'avoir mis le feu à la maison d'autrui, d'avoir commis un incendie, un vol, un homicide^. Ces coutumes étaient certainement suivies à Nancy, au tribunal des échevins, à la fin du xin* et au cours du xiv* siècle 7. La charte promulguée par Guillaume aux Blanches Mains prononce une amende de 5 sous contre toute femme qui aurait dit des injures à une autre femme ; et, si elle ne peut pas ou ne veut pas les payer, « elle portera en chemise des pierres à la procession le jour du dimanche V*. Elle devait faire avec une grande pierre le tour de l'église, tandis qu'autour d'elle éclataient les plaisanteries et les quolibets. Cet usage exis-
1. LiONNois, t. II, p. 53. Le ai octobre i588, Charles III déclare que tous les manants et habitants qui sont propres k porter armes soient tenus et astreints de faire la ganie es portes et fortifications de la Ville-Neuve. (Lepage, Ijes Archives de Nancy, t. I, p. loo.) C'était le moment où Nancy était menacée par des troupes protestantes.
2. Levée pour la solde des mortes-payes en i55i-i55a, B, yaSi. C'est l'époque où le roi de France Henri II envahit Nancy. En i497* on avait fait un règlement pour trois années; pendant cet intervalle, le guet de nuit était fourni c en payant l'argent ». (Lioxnois, /. c.)