De Saulcy, pi. IV, i\o 0 (double denier), n" 7 (denier
y. Charles Robert, n'" 138.1-1287. 1291-1300; De Saulcy, pp. 55-57.
et lago.
FONDATION DE l'hÔPITAL SAINTWULIEN. 196
Le règne du duc Raoul (1828-1 346) est marqué par la fondation à Nancy de deux grandes institutions : Thôpital Saint-Julien et la collégiale Saint- Georges.
Si la seconde doit sa naissance au duc, la première' a été créée par un simple prêtre, Vemier, fils de Thierry ou Thiérat TÉtanche. Ce prêtre était riche et dépensait sa fortune en œuvres charitables. Nous l'avons déjà trouvé parmi les bienfaiteurs de la Commanderie Saint-Jean'. Il possédait dans notre Grande-Rue une vaste maison ; au-devant coulait une fontaine, la fontaine de Monseigneur Thierry de Nancy, qu'alimentait le misseau de Boudonville. Ce ruisseau pénétrait en ce temps par un canal dans l'intérieur de Nancy, à travers les murs; il jaillissait rue de Naxon que plus tard on a])pellera pour ce motif rue de la Source^, passait derrière Saint-Èvre et faisait tourner le moulin qui a donné son nom à la rue du Moulin, puis gagnait par un coude la rue Saint-Antoine à laquelle l'on a imposé récemment le vocable de rue du Duc-Antoine. Le ruisseau coulait ensuite dans la Grande-Rue qui, à cause de lui, a été nommée au moyen ilge la rue de la Boudière ; on le franchissait sur un petit pont, un « ponceil », et, de là, par toutes sortes de circuits, il allait se perdre dans la Meurthe. C'est à côté du ponceil qu'était située cette maison de Vemier. Elle occupait l'emplacement des n*** 29, 3i et 33 actuels. Vernier résolut de la donner aux pauvres, en d'autres termes, d'en faire un hôpital. Il céda, par lettres du 2 février i336, la maison à la communauté de Nancy. Elle devait être gouvernée par les échevins en exercice ; si ceux-ci négligeaient ce soin, l'assemblée générale de la ville nommerait à leur place deux prud'hommes. Vernier se réservait seulement le droit de diriger l'hôpital sa vie durant, en prenant conseil de dame Catherine, religieuse au couvent des prêcheresses.
11 fallait assurer l'existence de l'hôpital ainsi créé. Le prêtre Vernier y pourvut. Il lui donna des cens sur diverses maisons de Nancy, l'une qui avail appartenu à Wargaville*, une autre sise rue Reculée (notre rue Jacquard), deux autres « en la rue Warnier le Saunier 5 » ; il lui assura des blés sur une pièce de terre à Santifontaine, sur le chemin de Laxou , enfin il céda un
I. Les archives de SainUJulien se trouveut aujourd'hui, avec toutes les archives liospitalîëres, à l'hôpital civil. Elles ont été classées avec beaucoup de soin par M. Henri Lepage, qui en fait un inventaire manuscrit très détaillé. Nous les citons : A. Hosp., avec renvoi à la série. Après le volume ou la liasse, nous mettons le chiffre i qui désigne le fonds spécial de Saint-Julien.
a. Cf. supra, p. «^3 n. 3.