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PREFACE

En 1892, le Conseil municipal de Nancy, avec le concours du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, du Conseil général des Vosges, de l'Etat et de la Société des amis de TUniversIté de Nancy, créait, à notre Faculté des lettres, une chaire d'histoire de l'Est de la France, que nous avons été appelé à occuper. Après deux années de cours consacrées à l'histoire de l'Alsace, nous avons abordé, dans l'année scolaire 1894-1896, l'histoire de Nancy que nous avons continuée pendant les années suivantes 1 896- 1896, 1896-1897, 1897-1898, 1899-1900 et 1900-1901, et que nous avons menée jusqu'à la mort de Stanislas en 1766. Tout en poursuivant le récit des faits, nous avons été obligé de revenir souvent en arrière, nous avons rectifié les erreurs cjul nous étaient échappées et complété nos premières recherches. En 1896, cédant à la bienveillante Invitation de M. Goutière - Vernolle qui nous offrait, avec sa complaisance et sa générosité ordinaires, l'hospitalité de la Lorraine^ Artiste y nous avons publié nos premières leçons, et les divers fascicules ont été réunis en un volume in-4*' de Lxiii-423 pages. Mais II s'est trouvé que notre premier Imprimeur ne disposait pas de la variété de caractères nécessaire à un ouvrage, assez compliqué en somme, où sont reproduits des textes en différentes langues, où sans cesse sont cités des documents latins oju romans; puis notre histoire appelait une autre sorte de documentation : il fallait reproduire par l'Image les monuments de la cité, les anciennes chartes qui nous racontent son histoire.

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les monnaies qui y ont été frappées. Nos amis ont pensé que notre travail devait paraître en une exécution typographique plus soignée et avec de nombreuses illustrations. M. Krantz, doyen de la Faculté des lettres, s'adressa au Conseil municipal, le 28 juin 1897, pour attirer son attention sur la nécessité de publier sous une autre forme Tœuvre entreprise; et il nous sera permis de citer quelques lignes de cette lettre, quoiqu'il soit question de notre travail en ternies vraiment trop favorables : « Nous savons, dit-il, (jue nous îidressons notre modeste; requête à une Assemblée éclairée et libérale qui prend un égal souci de la prospérité matérielle et de la grandeur morale de la cité; et le culte éclairé du passé par l'histoire écrite n\^st pas moins une attribution du (^lonseil municipal de Nancy que l'entretien de nos mommients de fer et de pierre. Cette àme vivante des traditions et des souvenirs séculaires, sans laquelle une cité ne; serait qu'un ouvrage de maçons et de paveurs, c'est l'histoire locale qui la crée, qui Tentretient et qui la prolonge en une continuité et une unité victorieuses du temps et des vicissitudes contraires. Aussi peut-on dire que Tceuvre dont M. Pfister s'est voué à être l'architecte est, elle aussi, parmi nos édifices anciens et chers, un édifice nouveau d'une utilité et d'une beauté supérieures, destiné non aux yeux mais aux esprits et aux cœurs lorrains; et ce monument historique sera d'un prix et d'une signification qu'il serait superflu, je pense, d'accentuer davantage devant les représentants élus de cette belle et grande cité d'avantgarde, qui a si bien su concilier ses fiers souvenirs d'ancienne capitale d'un duché souverain avec ses devoirs actuels de premier chef-lieu des départements français du côté des Vosges, et avec son irrévocable attachement à l'unique patrie. »

Un appel ainsi présenté ne pouvait pas ne pas être entendu. Le Conseil municipal accueillit la demande favomljlement; il décida d'inscrire à son budget en trois annuités une somme de 10.000 fr. pour les trois volumes que iiptre ouvrage doit comprendre; et, avec cette subvention, la maison Berger-Levrault et C'^ a bicm voulu se charger, à ses risques et périls, de tous les frais d'impression. Nous remercions la ville de Nancy de sa générosité; nous remercions

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