PREFACE. IX
aussi nos éditeurs d'avoir eu confiance en notre travail et d'avoir donné tous leurs soins à sa publication.
Le volume que nous livrons aujourd'hui au public embrasse la même période que celui qui a paru en 1 896. Mais c'est presque la seule ressemblance qu'il présente avec lui. Le sujet a été remis à l'étude, les archives ont été consultées, nous avons découvert de nombreux documents inédits, et le texte a été remanié, surtout dans les premiers chapitres, à peu près complètement. Il a été en outre considérablement augmenté : en réalité, nous offrons à nos lecteurs un ouvrage nouveau.
L'historien d'une ville a le choix entre deux méthodes. Il peut faire avant tout l'histoire monumentale; il décrit les édifices et, à propos d'eux, rappelle les faits dont ils ont été les témoins; il parcourt la cité quartier par quartier, rue par rue : il suit un plan topographique. C'est à cet ordre que s'est arrêté Lionnoîs ; et peut-être estrce celui que préféreront les habitants de la ville, pressés d'être renseignés sur les monuments devant lesquels ils passent ; l'histoire devient de la sorte comme un guide très complet, très étendu. Mais les vrais historiens s'attacheront toujours à l'ordre chronologique; ils prennent la cité à sa naissance, en suivent les progrès au jour le jour et, à chaque siècle, mesurent le chemin parcouru. Us montrent quels liens rattachent la ville à la région et au pays, et aussi comment l'histoire générale réagit sur l'histoire locale et réciproquement. Nous nous sommes tenu à cette dernière méthode, et toujours nous nous sommes efforcé de mettre en lumière le rôle de Nancy dans l'histoire de la Lorraine. Et même comme, à l'époque des guerres bourguignonnes, ce rôle devient tout à fait prépondérant, nous nous sommes peut-être trop attardé, au gré de quelques-uns, à raconter toutes les péripéties de cette lutte. Qu'on nous excuse, à cause de l'intérêt tragique présenté par ces événements, que nous racontons pour la première fois en Lorraine avec