‹ Histoire de NancyChapitre 209 sur 642 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Nancy sous le règne du duc Raoul (1328-1346) [Suite].

La Collégiale Saint-Georges

S !«'. Histoire de ta Cottégiate, — Causes de sa création, — Biens qui lui sont assignés par le duc. — Anniversaires qui doivent y être célébrés, — Dons spirituels. — Donation de la cure de Nancy, — Le vicaire perpétuel et te vicaire amovible de Saint'Èvre. — Chartes des ducs Jean I^ et Charles //. — Décadence de la collégiale, — Le chapitre au temps de Léopotd, — Union avec le chapitre de la Primatiale,

5 II. Composition du chapitre, — Privilèges spirituels et temporels, — Le prévôt, — L'au^ mônier, — Le chantre, — Le trésorier. — L'écolâtre et les écoles de Nancy, — Les chanoines, — Les vicaires, — Personnel inférieur. — La musique à Saint-Georges.

5 in. Les bâtiments, — Description de Véglise. — Sculptures qu'elle renferme. — Les tombecui,x, — Sarcophage des ducs Jean II et Nicolas, — Le tombeau de Charles le Téméraire, — Translation des restes du duc de Bourgogne, — Ces restes ont-ils en réalité été transportés à Bruges ? — Tombeau de Henri II et de Marguerite de Gonzague, — Autres monuments et épitaphes. — Monument de Nicolas de Ludres.

S IV. Souvenirs qui se rattachent à Saint-Georges, — Souvenirs politiques : l'entrée des ducs; leur serment à la Collégiale; serment du bailli et du prévôt de Nancy; obsèques des ducs; Saint-Georges paroisse de la Cour. — Souvenirs religieux : les reliques; la boude de Jésus-Christ; le cuissot Monsieur Saint-Georges; la sainte épine; timage de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ; miracles qu'on lui attribue, — Confréries religieuses; confrérie des bourgeois de Nancy; de l'Annonciation de la Vierge; de la sainte Trinité. — Confréries commerciales et industrielles : les merciers et la foire de mai. — Origine de la juridiction consulaire, — Corporations du clottre Saint-Georges, — Autres corporations créées jusqu'à la fin du xvi* siècle. — Conclusion sur Saint-Georges.

§ V. Principaux événements du règne de Raoul. — Monnaies frappées par ce prince à Nancy.

Le second établissement créé à Nancy sous le règne du duc Raoul fut la collégiale SainU-Georges. H a été Tune des grandes institutions de notre cité. Tour à tour nous en raconterons l'histoire; nous exposerons la constitution intérieure du chapitre; nous décrirons Téglise Saint-Georges et les monuments qu'elle renfermait; nous montrerons le rôle de la collégiale dans la cité et dans le duché, rôle politique, religieux, et même industriel et commercial.

2l6 HISTOIRE DE NANCY.

La collégiale est une fondation de Raoul'. Plusieurs motifs poussaient le duc à la faire. D'abord, il n'y avait point sur le territoire ducal de chapitre séculier de quelque importance. Les chapitres cathédraux de Toul, de Metz et de Verdun étaient en dehors de la Lorraine, ces villes appartenant directement à leur évêque. Le prince tenait à avoir un établissement religieux à lui, sur lequel il pût à la rigueur s'appuyer, en cas de lutte avec le prélat de Toul. Le nouveau chapitre devait être exclusivement lorrain. Ce dessein formé, il était naturel que la nouvelle collégiale fût établie à Nancy. Nancy, dit le duc lui-même dans sa charte de fondation, « a grand pupple » et elle est it planteurouse et convenable* ».

Puis, le duc souhaitait qu'à côté du palais, élevé par son ancêtre Ferri III, se dressât une belle église : ainsi le roi de France Louis IX avait érigé à côté de sa demeure la Sainte-(]hapelle. La petite chapelle de Sainte-Catherine ^ dans l'intérieur du palais, était devenue insuffisante; il fallait qu'une église spacieuse, à laquelle seraient attachés régulièrement des prêtres, desservit la cour et en fût en quelque sorte un complément. L'église de la nouvelle collégiale sera la chapelle propre du palais.

Enfîn, la mère de Raoul, Isabelle, avait apporté de la chapelle de son père, l'empereur Albert d'Autriche, toute une cargaison de reliques, et il fallait bien les abriter sous un beau sanctuaire, comme Louis IX avait abrité la sainte couronne d'épines. Parmi ces reliques se trouvait un bras de saint Georges*. Ce martyr, qui avait péri sous Dioclétien, était fort à la mode au xiv^ siècle; le roi d'Angleterre, Edouard III, avait placé sous son patronage, en i3,*<o, l'ordre de la Jarretière, et le juron : Par saint Georges ! était entré dans les habitudes. Aussi est-ce à lui, après Dieu et la benoîte Vierge Marie, (jue la nouvelle église fut dédiée.

Pour tous les motifs allégués, le duc Raoul créa la collégiale Saint-Georges par lettres patentes datées du jeudi après la Trinité, soit du 27 mai iSSg, et

1. L'histoire de cetlr* coUctjiale a éiè racontée avec une grande netteté par M. Ueicri Lcpagi, L'iiiaiyne église collétjinle Sninl-Georges de Nancy dans les M. S. A. £., 1849, pp. i57-a83, el de nombreuses notes, p. I — LXXV^I. Nous devons beaucoup à cette belle étude ; c'est à elle que BOitt renvoyons quand, au cotirs de ce chapitre, nous citerons Lrpagk, sans autre iodicaiion, avec chifEre arabe pour le corps de l'article, chifire romain pour les notes.

Page 1