Dernière délibération du registre, A. Hosp., i R, i
4. Délibérations du (Conseil, Registre 10, p. 73. Voir Roussel, Table chronologique.
5. Délibérations du Conseil, Registre 11, p. 3a. Il est question de l'hôpital Saint-Julien dans les dëlibérations du Conseil général de la Commune du 6 prairial an II (a5 mai 1794) <^t du 8 thermidor an H (aft juillet 1794)- Voir le rapport de M. dk (-ouhteville, cité plus loin.
6. Abbé Guillaume, J. S. A. L., i86g, p. 1O2. L'abbé Guillaume a lu à tort indiuidaalité.
LA PETITE ÉGLISE. 2l3
la somme sur le registre de la dette publique '. La fondation de Stanislas disparut alors à jamais; du reste, comme, depuis 17749 il existait à Nancy un hospice des enfants trouvés, on prit Thabitude d'y envoyer les orphelins ; les orphelines, de leur côté, étaient reçues à Sainte-Elisabeth. Même bientôt on cessa d'accueillir à Saint-Julien les enfants* ; la maison devint, au début du XIX* siècle, une maison de retraite pour les vieillards des deux sexes, les uns entretenus par la charité publique sur les vieilles fondations, les autres payant pension pour y finir paisiblement leurs jours. De nombreuses donations sont venues s'ajouter aux anciennes, et longue est la liste des bienfaiteurs de ce siècle.
L'histoire de Saint-Julien ne présente plus d'événements saillants. Les sœurs de Saint-Charles, après avoir dû quitter pour quelques mois, fin 1794début de 1796, ne tardèrent pas à revenir et à reprendre leur ministère. Seul un petit épisode assez curieux mérite d'être relevé.
Ms'La Fare, qui avait gouverné le diocèse de Nancy avant la Révolution, ne voulut pas, après le Concordat, donner sa démission, et il fit une opposition acharnée au premier évêque concordataire de Nancy, M^ d'Osmond, jusqu'au jour oit Louis XVIII l'appela lui-même à l'archevêché de Sons. M*' La Fare garda à Nancy des partisans qui formèrent une petite église, et cette petite église tint ses réunions à la chapelle Saint-Julien; les sœurs de Saint-Charles en étaient visiblement, et MK'd'Osnnmd, en mourant, aurait prononcé ces paroles: « Dites à nos sœurs de Saint-Julien que dans deux heures je serai devant Dieu, et que la première grâce que je lui demanderai sera le pardon de leur désobéissance à leur évêque K »
A l'heure actuelle, le vieux Saint-Julien est abandonné (*t bientôt il ne sera plus qu'un amas de décombres. Vers l'année 1884, Ton a en effet repris le projet de transférer cet hôpital hors de ville et de conslruire sur le terrain qu'il occupe et qui a acquis une grande plus-value, des maisons privées dignes de Nancy et du quartier*. En 1898, on songea à installer Thôpital à l'hospice de Boudonville, laissé vacant par le départ des sœurs et remis au bureau de bienfaisance. Le projet échoua et les bâtiments de Boudonville furent aliénés. Dans sa séance du 7 juin 1895, la municipalité fixa son choix sur l'ancien cimetière Saint-Nicolas, dont le terrain appartenait à la ville ; l'on acquit des sœurs de Saint-Charles et de la maison des Orphelines des parcelles voisines. La dépense fut estimée à 1,175,000 fr., couverte par la vente des terrains de l'ancien hôpital, une subvention de 4oo,ooo fr. obtenue de l'État sur les fonds du pari mutuel et les sommes que la ville s'(»st engagé*» à
I. k. Hosp., 2 A, I. Ce fut la réponse qu'on fil, au dcbiit de ce siècle, au préfet des Vosges «pii réclamait une part de la fondation pour les sujets de son dcpartcment.
3. En Tan IX, il y avait encore des enfants. La population de l'hôpital était alors de 160 individus. (Marquis, SlatUtique de la Meurthe, p. 1/46.)
3. Abbé Goillaukb, Vie épiscopale de Monseigneur Osniond, p. 107 ; Histoire de la congrégation des tœarê de Saint'Charlest t. II, p. i.^G.
4. Vœu de M. Gaiidchaux-PicarJ, Délibérations du Conseil muniripal, i88/|, p. 2o3.
2l4 HISTOIRE DE NANCY.
inscrire sur ses budgets ordinaire et additionnel'. Sous Thabile direction de M. Jasson, les bâtiments nouveaux se sont élevés avec rapidité (i 896-1 900). Les vieillards possèdent désormais à l'extrémité sud de notre ville un édifice superbe, avec des jardins, de Tair et du soleil, et Fart a embelli de ses décorations les lignes sobres de rarcliiteclure. Bussière a sculpté à côté de l'horloge un bas-relief représentant un génie qui recueille et réconforte un vieil infirme. Au-dessus du portail de l'élégante chapelle de style Renaissance, une grande fresque, de Maclot et Martignon, représente l'Apothéose de saint Julien ; une rosace, due à Gruber, envoie à Tintérieur de l'édifice les rayons de lumière tamisés \ Les hospitalisés ont pris possession de ces nouveaux locaux le 17 septembre 1900, et cette date doit être retenue et rapprochée de celle du 3 janvier 1690, où fut occupé pour la première fois le second Saint- Julien. Quelques jours plus tard, on y amena les femmes que les sœurs de Saint-Charles avaient recueillies, aux frais de la ville, à leur maison de Saint- Mathieu, rue de Strasbourg. Le personnel des hospitalisés était exactement à cette date de 894, dont 261 jouissent d'anciennes fondations privées; les autres sont à la charge de la ville ou du département ou encore du ministère de l'intérieur (3 lits fondés par M"^ Carnot). Il y avait en outre 90 pensionnaires, 21 sœurs et 18 préposés. En tout 523 personnes habitent le nouvel hôpital, et les demandes de réception sont nombreuses. Après avoir rappelé le premier Suint-Julien établi dans la maison du prêtre Vernier, Grande-Rue, faisons nos adieux au second qui, de iSgo à 1900, pendant plus de trois siècles, a soulagé bien des misères, et souhaitons que le troisième, pendant un long laps de temps, console les vieillards, embellisse leurs derniers jours, remplisse son office de paix, de dévouement et de charité.
1. Voir les rapport* présentés au nom : /<> des Cortu/ùssions d* administration et des finances réunies par M. de («ourteville ; 2^ de la Commission des travaux, par M. André, 1895, 36 pages. lU sont extraits des Procès-verbaua; des séances du Conseil municipal, 1896, p. laS et ss. Les devis se sont élevés dans la suite à 1,750,000 fr. et ont été un peu dépasses.
2. Voir les planches dans la Lorraine Artiste de juillet et du i5 septembre 1900.