‹ Histoire de NancyChapitre 232 sur 642 · P. 8 du tirage à part · texte numérisé non relu

P. 8 du tirage à part

5. fl Et n'étaient ces ossements enclos de cercueil trop bien ; on n'en trouva que quelques pièces de boià pourri, la plus grande en largeur de deux mains, qui démontraient être de bois de sapin et de répaissenr d'un pouce environ. • Ms. cité.

Charles le Téméraire avait été fendu jusqu'à la mâchoire et il lui manquail plusieurs dents à la mâchoire supérieure ; or, d'après le procès-verbal, les os de la tête furent trouvés entiers, « sauf que de Tung cosiez y avoit certaine petite fissure » et la mâchoire supérieure avait « la plus grande partie des dens bien entiers, mcismement ceulx de devant* ». Ces objections ont une certaine valeur, étant donnée la hâte avec laquelle l'opération a été faite. Peut-être un jour, dans la cour du bâtiment annexé au Palais du Gouvernement, retrouvera-t-on le cadavre de Charles le Téméraire avec sa mâchoire fracassée, et ce ne serait point Tune des aventures les moins étranges arrivées au grand duc d'Occident*.

Après la construction des Cordeliers, les ducs de Lorraine choisirent la nouvelle église comme lieu de leurs sépultures. Sans doute, après la longue exposition du corps et de l'effigie au palais ducal, le service funèbre était encore célébré à Saint^Georges ; les piliers et les voûtes de cette église étaient voilés de draperies funéraires ; mais le corps était ensuite porté aux Cordeliers et enterré sous les dalles de cette église ^ Il en fut ainsi de René II, du duc Antoine, de François 1*% de Charles III. Seuls, le duc Henri II (i 608-1 624) et sa femme Marguerite de Gonzague montrèrent de nouveau quelque inclination pour la collégiale Saint-Georges. Ils voulurent être enterrés près de la Vierge de Bonne-Nouvelle, qui faisait, à cette époque, d'éclatants miracles. Le duc y fut porté en 1624 et sa femme le rejoignit en i632 en sa sépulture. On l'enterra en religieuse de l'ordre de Saint-Dominique. On leur éleva un tombeau dont aucune reproduction n'est parvenue jusqu'à nous. Seules nous ont été conservées les deux pompeuses inscriptions latines, vantant la piété, le courage, la clémence du duc — mensongères sont les épitaphes, et Henri II ne nous paraît pas mériter de tels éloges — la prudence, la chasteté de la duchesse, a marguerite de vertu digne de la vie éternelle* ».

En i632, les caveaux de l'église ont reçu pour la dernière fois une sépulture princière ; — et, à partir de ce moment, les princes de Lorraine ont été enterrés dans la chapelle ronde. Quand, en 1717, on démolit, pour faire place au Louvre, le chœur de l'église, l'on transporta les monuments funé-

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