LE TOMBEAU DE HENRI II ET DE MAHGUEHITE DE GONZAGUE
raires et les ossements qui s'y trouvaient dans la nef, sous Tautel de Notre- Dame de Bonne-Nouvelle ; mais, dès cette époque, le tombeau du Téméraire fut détruit'. Quand, en 1743, l'église elle-même dut disparaître, l'on résolut de porter toutes ces vénérables reliques à la chapelle ronde. Hubert Charvel de Vaudrecourt, ancien conseiller à la Cour souveraine, fut chargé au nom de l'empereur François de les reconnaître ; il s'acquitta de ce soin avec quelques chanoines de la Primaliale et des chambellans du roi de Pologne. La cérémonie eut lieu en grand secret, le 4 février, à g heures du soir, par une nuit noire '. Le transfert ressemblait à un enlèvement ; on ne voulait pas réveiller chez le peuple lorrain les souvenirs d'autrefois, ceux de l'indépendance. Pourtant une foule nombreuse était massée autour du cortège, mais ne manifesta point ^ Ces cercueils et ces urnes furent descendus dans le caveau ducal et, le 5 février, un service solennel fut célébré pour les âmes de ces princes et princesses. Toutes les reliques de la chapelle ronde ont désormais une même histoire, que nous raconterons en un autre chapitre ^.
Outre les princes lorrains, un grand nombre de personnages illustres avaient été enterrés à l'église Saint-Georges. On y remarquait la sépulture de trois héros qui s'étaient distingués dans la guen*e de Bourgogne : Jean, bâtard de Calabre, qui avait commandé dans Nancy lors du premier siège de cette ville par Charles le Téméraire et qui eut le tort de passer du côté de la Bourgogne, mort le 4 mars i5o5 ^ ; le maître d'hôtel Suffren de Baschi, le bon Chiffron, que le grand duc d'Occident fit pendre, parce qu'il fut un bon serviteur de René II ; Jean de Rubempré, sieur de Bicvres, qui défendit Nancy lors du deuxième siège au nom des Bourguignons et qui tomba à côté de (Charles dans l'étang Saint-Jean^.
Plusieurs membres des grandes familles lorraines reposaient de leur dernier sommeil dans ce sanctuaire : c'étaient des d'Haussonville, des de Ludres. Nicolas de Ludres, mort en iSSg, y avait un somptueux monument, où il était représenté de grandeur naturelle, à genoux sur un carreau. Sur une table de marbre, une inscription de dix-huit vers célébrait ses exploits ; nous en détachons quelques-uns :
Assez longtemps en assault, en bataille S'est présenté tant d'estoc que de taille ; Jaçois que Mars, moins que mort, luy a faict Quant Atropos le vint saisir du faict 7.
I. Journal du libraire Jean-Frawçois Nicolas, p. 52 : « Van fut obli«,]c de jeter à bas le tombeau du duc de Bourgogne qui faisait tant d'boimeur à la ville. » Le fait résulte du reste aussi du procèsverbal fl de ce qui s*est passe dans la démolition de l'église i , public par Lepagk, p. i84* C<f* le registre capitulaire, A. D., G, 590, p. 107.
a. Voir le procès-verbal onicici dans Lionnois, t. I, p. io3.