‹ Histoire de NancyChapitre 237 sur 642 · Lepage, p · texte numérisé non relu

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A Saint-Georges commence le règne des ducs ; ici il finit avec les obsèques*. Puis, dans l'intervalle, le duc et sa famille assistent ici au culte. Saint-Georges est la paroisse de la cour jusqu'à l'époque de Léopold*: officiers et serviteurs du palais dépendent au point de vue spirituel du grand prévôt. C'est à Saint- Georges que les princes de Lorraine sont baptisés, et cette cérémonie se célèbre toujours avec une certaine solennité ^ Les princes lorrains qui sont élevés sur un siège épiscopal sont souvent sacrés ici; ainsi, le 3o octobre 1610, Charles de Lorraine, fils du comte de Chaligny, y devient évéquc de Verdun^. Ici sont bénites quelques-unes des princesses qui ont été nommées abbesses de Remiremont; ainsi, en 1616, Catherine de Lorraine, fille de Charles III ^ D'ici, depuis la fin du xv' siècle jusqu'en 1783, partait chaque année, le 5 janvier, la procession qui devait rappeler la grande victoire de René II, abstraction faite des périodes où les étrangers occupaient la ville ^.

Au point de vue religieux, la collégiale Saint-Georges évoque des souvenirs non moins nombreux. Elle avait reçu d'Isabelle d'Autriche, mère de Raoul, des reliques très vénérables : un bras de saint Georges, le chef de sainte Euphémie, une côte de saint Laurent et une relique assez singulière et dont l'authenticité fut vivement attaquée par les évéques de Toul; — mais ces prélats étaient jaloux des chanoines, comme l'on sait; — cette relique était la boude, c'est-à-dire le cordon ombilical 7 de l'enfant Jésus. Les richesses de Saint-Georges en reliques devaient s'accroître dans la suite. Le roi René, après son départ de Lorraine, donna, par acte du 9 novembre i46o^, à la collégiale un os de la cuisse de saint Georges, conservé jusqu'alors dans le prieuré Saint^Honoré-des-Aliscamps, devant Arles. Des délégués du chapitre allèrent chercher cette relique en grande pompe au château de Bar (10 janvier i46i), et elle fut reçue à Nancy le 11 février. Tous les abbés de Lorraine, tout le clergé de Nancy et des environs étaient présents pour la recevoir, et cette cérémonie fut une des plus belles qu'on vit dans notre ville 9. Le chapitre s'engagea, par contre, à célébrer chaque année trois services solennels, la veille, le jour et le lendemain de la bataille de Buignéville, en l'honneur de ceux qui étaient tombés pour avoir défendu les droits de René à la couronne de Lorraine. En outre, chaque année, au jour

I. La cérémonie est célébrée à Saint-Georges, même quand les ducs sont enterrés aux Gordeliers.

a. Mer Thiard de Bissy, irrite contre le prévôt Foumier, interdit au chapitre SaintpGeorges l'administration des sacrements et défendit aux gens de la cour de les recevoir d'autres mains que de celles du curé de Saint-Èvre. (Lepage, p. a56.)

3. c A cet efîet, il y a des fonts baptismaux faits d'une pierre de marbre rouge, marquetée de plusieurs veines de diverses couleurs, laquelle pierre a été tirée de la marbrière du mont Sainte-Barbe, au-dessus de Maxainville. » (liianoine de 1619, dans Dox Ca.lxet, Notice de la Lorraine, t. Il, col. 39.

4. Voir dans Lepage, p. aad, le récit de la cérémonie, d'après les livres capitnlaires.

5. Voir noire étude sur Catherine de Lorraine, p. 3a ; extrait des M. A. S,, 1897.

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