LA CONFRÉRIE DES MERCIERS
Paris qu'Etienne Boileau avait réunis au xiii* siècle, s'encombraient de petites Drescriptions étroites et mesquines; et les Zûnjlede Strasbourg marchaient à .'assaut de l'ancienne constitution aristocratique et faisaient entrer en leurs propres cadres la nouvelle constitution démocratique.
La plus ancienne confrérie lorraine fut celle des merciers (marchands). Elle fut créée « en l'onour et en la remenbrance de monsignour sainct George », et sa première préoccupation fut d'apporter quelque offrande au iaint. Mais elle eut aussi une tâche à remplir ; elle devait « avancier et amenlier les foires de la ville de Nancy ». La confrérie fut reconnue par une charte lu duc Raoul du 23 janvier i34i '•
Elle comprenait avant tout les merciers ou marchands de Nancy, de Saint- Vicolas-de-Port et de Rosières. Nancy était le théâtre de la foire, le lieu de •endez-vous des négociants du duché et nous voyons ainsi que son importance i'est agrandie. Elle n'est plus seulement le siège de la Cour, mais le centre du commerce. Saint-Nicolas aussi, dès le xiv* siècle, montrait une grande acti- •^ité. Le bourg avait un port où s'arrêtaient les marchandises charriées par a Meurthe ; les reliques de l'ancien évêque de Myra y attiraient en outre a foule des pèlerins^. Rosières de son côté avait ses salines, alors les plus riches du duché ; le sel était transporté au loin et il constituait la principale jource des revenus ducaux ; sur ce revenu le duc assignait aux particuliers 3u aux établissements religieux les rentes dont il voulait garantir le paiement ;xact. Saint-Nicolas et Rosières n'étaient pas éloignés de Nancy, et, tout naurellement, les marchands de ces deux bourgs se réunissaient à ceux de la ^pitale, pour assurer la prospérité et Tordre aux foires nancéiennes. Mais la confrérie à l'origine s'étendait à tout le duché. Tous les merciers habitant lans les terres du duc y étaient rattachés au moins de façon vague î. Puis, ]uand ils venaient à Nancy pour les foires, ils étaient d'une façon plus spéciale placés sous sa surveillance ; ils dépendaient entièrement d'elle. Dès ;etle époque, l'une des foires l'emportait sur les autres en importance : celle ]ui se tenait au mois de mai^.
A la tête de la confrérie était un maître, qui prenait le litre de roi des merciers. Le roi des merciers — nous le savons par des documents un peu posérieurs5 — n'était pas élu directement par les maîtres. Ceux-ci se bornaient à présenter cinq d'entre eux, parmi lesquels le chapitre de Saint-Georges choi-
1. L'original de cette charte nous a été conservé A. D., G, 355. Au même endroit se trouvant (eux vidimus da duc Jean (i5 avril 1877) et du duc Charles II (10 mai 1399). La charte a clé juibliée «r LcPAGE, Les Communes de la Meurthe, t. II, p. 100, ...que furent faites Van de yraice notre iignour mil trois cens et quarante, le mardi après la Jeste sainct Vincent le martir on moys de anvier. Ce mardi tombait le lendemain de la Saint- Vincent, le 28 janvier.
2. Voir sur Saint-Nicolas l'étude de M. Mumer-Jolaln, L'ancien régime dans une bourgeoisie orraine, chez Berger-Levrault cl C», i885, parliculicrcment p. 285 et ss.
3. La charte de Raoul, du 28 janvier i34i, indique très nettement quels sont les membres de la oofrérie : • nos merciers de Nancey, de Port et de Rozieres et tuit aullre mercier habitans en nostre erre et pooir, et especiaulment es foires de nostre ville de Nancy. »
4. Charte de Raoul : « Le tiers jour de la foire qu'est a Nancey on moix de may. »