‹ Histoire de NancyChapitre 251 sur 642 · LES PIÊNITENTS BLANCS ET LES PENITENTS NOIRS · texte numérisé non relu

LES PIÊNITENTS BLANCS ET LES PENITENTS NOIRS

s'était dressé au coin nord-est de ce rectangle et, entouré de remparts et de fossés, montait la garde de la ville. Ce palais venait d'être flanqué, au temps du duc Raoul, de l'église et de la collégiale Saint-Georges ; la rue qui longea ces constructions prit elle-même le nom de rue Saint-Georges et aboutit, du côté est, à une porte que l'on appela la porte Sacrée, Elle dut sans doute ce nom au voisinage du four sacré. Le i6 janvier i425, Charles II donne en aumône au chapitre Saint- Georges une maison qui fut à Jean de Luiron, vicaire de cette église, « du côté de la porte sacrée ' » ; et nous voyons, par les anciens comptes de la collégiale, que les chanoines touchaient un cens sur une maison « séant en la rue sainct George au bout devers la porte sacrée'».

En dehors du mur d'enceinte s'étaient bâtis des faubourgs : le faubourg devant la porte Saint-Nicolas du côté sud ; et, du côté nord, deux groupes de maisons : le premier, le plus rapproché de la ville, le petit bourget, et le second, un peu plus éloigné, le grand ou haut bourget, c'est-à-dire le petit et le haut faubourg. Ce sont ces deux bourgets que Jean I**^ résolut d'englober dans la cité. Il démolit l'ancien mur, abattit la porte Bezuel, et au nord, du côté du village de Saint-Dizier, construisit une nouvelle muraille et une nouvelle porte. La Ville-Vieille de Nancy avait dès lors atteint tout son développement du côté nord ; jusqu'à la construction de la Ville-Neuve, elle n'éprouvera plus qu'une modification, lorsqu'en i552, au temps de la Régence de Christine de Danemark, la place Neuve ou place de la Carrière sera englobée dans les murailles.

Les deux anciens faubourgs devinrent, après le recul des remparts, des quartiers de Nancy : le quartier du Petit-Bourget et celui du Haut-Bourget; ils comprenaient tout l'espace qui s'étendait entre le prieuré de Notre-Dame et les nouveaux remparts. C'était une série de maisons bâties irrégulièrement et que séparaient des ruelles assez étroites. Entre ces demeures s'étendirent longtemps encore des jardins et même des champs labourés. En 1409, l'abbé de Molesme donna au prieur de Notre-Dame l'autorisation d'accenser plusieurs héritages en nature de terres labourables a es rues de Nancy » J, et sur ces terres s'élevèrent peu à peu des maisons payant redevance au prieuré. Peu à peu aussi, ces maisons furent mieux alignées et formèrent des voies. Le Haut et le PetitrBourget devinrent de véritables rues entre d'autres rues; et bientôt leur nom fut déformé : il devint, par une sorte d'allitération, rues du Haut-

Page 1