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mobilier funéraire, nous constaleroiis tiien des traces d'usaijes païens, reinontaiil dans la nuil des temps. Mais observons i\ne Ions lus corps sont
LE ClMETlfeRE DU VIEiL-AITRE. l5
intës. La lête est placée du côté de l'ouest, les \>ieiU du rôto de l'est.
t. Fibule rlaMonnée en or. — i. FibuJe en urgent. — 3. Uagite. ~- 4. Collirr S. Kibulc en brunie. — lï
ce»n. — 7. Pipe. — 8, Aurafc. — 9. Pelile agrafe. — 10. Brecclel. — 11. Chèvre de Molsa. — 19, Aiguil
suivant les prescriptions de la liturgie, et atusi, jusque dans la tombe, les
l6 HISTOIRE DE NANCY.
chrétiens regardent le pays d'où s'est répandue sur la terre la lumière de l'Évangile. Puis, vraisemblablement, les symboles chrétiens, comme la croix, le monogramme du Christ, se trouvaient à la surface du sol et ont depuis longtemps disparu. D'ailleurs, au vu* siècle, la Gaule, à quelques rares exceptions près, était chrétienne ; des prélats éminents par leur vertu occupaient les sièges de Metz, de Toul et de Verdun, et rien ne nous démontre que des païens aient encore subsisté dans quelque coin de la future Lorraine.
Les objets funéraires ramassés dans les tombes nous donnent des indications précieuses sur les coutumes de cette époque. Les morts ont été enterrés dans la fosse, sans aucun cercueil, ce semble ; parfois, on soulevait légèrement la tète du cadavre, par un moellon ; parfois aussi, l'on couchait le mort sur son bouclier, le crâne dans Vumbo, Â côté du mort, on plaçait des pièces de monnaies, et même, suivant un usage païen, on mettait parfois ces pièces dans sa bouche. On se servait en général de monnaies fort anciennes, antérieures à la conquête romaine, de chèvres de Moïse, auxquelles on attachait des idées superstitieuses. On considérait aussi comme amulettes d'autres débris du passé, et c'est ainsi qu'on a recueilli dans quelques tombes des silex et même de curieux fossiles.
Aux pieds du mort était toujours posé un vase. Quelques-uns de ces vases étaient en verre ; mais ils étaient brisés et l'on n'a pu en recueillir que des éclats. La plupart étaient en argile et l'on a pu en reconstituer 27. Ce ne sont plus les beaux vases en terre samienne de l'époque romaine. L'art du potier est en décadence ; pourtant, les flancs de certains d'entre eux sont ornés de dessins géométriques, ou encore de palmes et de fleurs de lotus ; et ces dessins à la pointe dénotent chez l'ouvrier un certain sentiment artistique. C'était une habitude païenne que de mettre ainsi un vase aux pieds du mort ; mais, dans ce vase, on renferme, à l'époque mérovingienne, de l'eau bénite et de l'encens pour préserver le cadavre des atteintes du démon*. Le christianisme a fait sienne cette antique coutume et l'a sanctifiée.
Dans la plupart des tombes, on a trouvé des armes de toutes espèces, celles mêmes que nous décrivent les chroniqueurs mérovingiens. Voici un assortiment de couteaux de toutes dimensions. Quelques-uns, plus longs que les autres, portent le nom de scramasax. Sur la partie non tranchante de l'arme, on remarque de petites rainures où l'on coulait, dit-on, le poison qui devait s'infiltrer dans la plaie et achever l'œuvre du fer*. Le couteau plus long encore, tranchant sur ses deux côtés, devient l'épée, la spata. Notre cimetière en a fourni de très beaux échantillons. Nous signalons ensuite un lot de lances ou de framées. Elles étaient fixées par la douille sur des hampes en bois et servaient d'armes de trait. Les flèches sont bien moins nombreuses: déjà, ce semble, cette arme était d'un usage moins fréquent. Notre cimetière
I. ÀBBÉ Cochet, Sépulture* gauloises, romaines, franques et normandes, Paris, 1857, p. 339.
?. Il est question des scramasax empoisonnés dans Grégoire de Tours, Ilisioria Francorum, IV, 61; VIII, 29.
LE CIMETIERE DU VIEIL-AITRE. l'y
nous montre une framée terminée par deux pointes recourbées : c'est Vangon des Francs, que nous décrit l'historien grec Agathias'. Les crochets, en pénétrant dans le corps, déchiraient les chairs ; ils permettaient aussi de saisir le bouclier de l'adversaire et de lui découvrir la poitrine. On a recueilli aussi cinq haches dont le manche en bois a disparu. C'était Tarme guerrière par excellence des Francs, celle qui a reçu leur nom, \di francisque. Dans beaucoup de lombes, on a trouvé trace de boucliers. Sans doute, de la partie ronde du bouclier, qui était en bois, rien n'a subsisté ; mais il reste la partie centrale en fer, fortement bombée, à l'endroit où la main soutenait l'arme : cette partie était nommée Yiimbo. Ainsi tous ces morts sont armés de toutes pièces ; ils se présentent à nous comme préparés, selon une expression de l'abbé Cochet, « pour une grande revue militaire* ». Ces hommes, pourtant, sont ceux-là mêmes qui cultivaient la campagne environnante ; ce ne sont pas des soldats au service du roi. Mais, obligés de se défendre contre les inimitiés privées, ils ont toujours les armes à la main et se font enterrer avec cet attirail militaire. Ces hommes étaient revêtus, avant d'être couchés dans la tombe, de leurs plus beaux atours. Les tissus ont malheureusement disparu et c'est à peine si l'on en reconnaît des traces sur l'oxyde de quelques objets de fer. Mais ces tissus étaient retenus par des agrafes ou des boucles en métal qui ont suIjsisté. Voici quelques boucles de ceinturon qui sont vraiment très belles. Les plaques de fer auxquelles elles sont unies sont recouvertes d'incrustations d'argent que des réactifs chimiques font de nouveau réapparaître très nettes : échantillons curieux de l'art mérovingien. Voici des fibules en bronze d'un très beau travail ; sur l'une d'elles est gravée fort distinctement une croix gammée. Elles retenaient le manteau flottant sur l'épaule. De petites agrafes carrées, trouvées toujours près de la tête, servaient à fixer les bandelettes qui liaient les longs cheveux de nos Mérovingiens. Tous ces morts portaient des bijoux : ici, l'on a recueilli une bague d'argent, là un bracelet en bronze, ailleurs encore des grains de collier en ambre, en verre rouge ou jaune, en pâte avec des incrustations de couleur. Trois fibules en argent sont ornées de filigranes et de gemmes de verre rouge. Mais une quatrième en or est fort précieuse. Sur le bord, deux cordons sont tordus en filigrane ; puis, entre quatre cabochons de verre, imitant l'émeraude, sont disposés quatre aigles aux ailes éployées ; le corps, la queue, les deux ailes sont formés de plaques de verre rougeâtre; la tête et le cou sont marqués par de l'émail blanc. Quelquesunes des plaques sont aujourd'hui tombées, mais l'ensemble du dessin est très visible. La partie médiane porte une pierre précieuse. Cette fibule si belle est certainement l'œuvre d'un maître orfèvre. Elle est supérieure, à notre avis, à trois autres fibules assez analogues, trouvées dans nos régions, deux à Ba&lieux, au canton de Longwy, l'autre à Totainville, au canton de MirccourtJ.