‹ Histoire de NancyChapitre 265 sur 642 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Nancy sous le règne de Charles II (1390-1431). L'hôpital Notre-Dame. — Jeanne d'Arc à Nancy.

SI". RecoMtruction de V hôpital Notre-Dame, devant la porte Saïnt^Nicolas. — I.,eê gouverneurs de V hôpital : Vautrin Quatre^ous, Pierre de Blarru, — Les sœurs de Sainte-Elisabeth ou sœurs grises. — Décadence de l'hôpital. — Procès des sœurs avec Mv Thiard de Bissy, — Leur monastère au moment de la Révolution. — L'église des sœurs grises. — Le portail. — Im nouvelle église de jy66. — Agrandissements du palais ducal. — La Grande-Maison.

5 W. Mariage de Charles II avec Marguerite de Bavière ; fêtes à Nancy, — La bataille de Champigneulles ; les prisonniers à la porte de la Croffe. — Mariage cT Isabelle de Lorraine avec René d^ Anjou. — Jeanne d'Arc à Nancy. — Son entrevue avec le duc. — Charles II et Alison May. — Jeanne a't-elle couru une lance place du Chdtel? — Souvenirs de Jeanne à Nancy. — La rue Jeanne-d'Arc. — Projets de statue : la statue (TA. Daubrée, de Ch. Jacquot. — La statue dE. Frémiet. — Inauguration {28 juin tSgo).

ni. 1^9 monnaies de Charles II frappées à Nancy.

Le rècjne de (^liarles II (i3go-i43i)' fut presque aussi long que celui de ^n père, et, pendant les quarante et un ans qu'il dura, il n'y eut pas de changement notable à Nancy. 11 était impossible, au milieu de la misère O^Qérale, que la ville s'agrandit. Nous n'avons à signaler qu'une seule cons- ^ï^clion nouvelle ou, pour mieux dire, un simple transfert : l'hôpital Notre- ^^ame qui se trouvait autrefois au Bourget fut reconstruit du côté opposé de -Nancy, au-devant de la porte Saint-Nicolas. La Lorraine et notre cité ressen- ^nt, pendant ce long règne, le contre-coup des graves événements qui se passaient dans l'Europe occidentale où deux papes, même à un certain montent (rois, se disputaient la chrétienté et lançaient l'anathème l'un contre ■ autre, où deux prétendants, même à un certain moment trois, convoitaient l'Empire, où la guerre civile sévissait en France entre les Armagnacs et les Bourguignons, où Français et Anglais se livraient la lutte la plus acharnée, où la misère était générale. Et, cependant, l'alelier monétaire de Nancy rontinue à fonctionner et nous a laissé quelques beaux types.

1. En rcaiilê, le duc devrail s'appeler Charles \^^ \ mais nous lui laisserons le nom (raditiouncl de baries II.

•JIJO niSTOIUK DK NANCY.

Charles II reconstruisit l'hApital Notre-Dame. Cet hôpital qui dépendait du prieuré Notre-Dame était situé à l'origine, comme nous l'avons vu, entre ce prieuré et le village de Saint-Dizier. Très probablement, le terrain sur lequel il s'élevait fut englobé dans l'enceinte de Nancy, lorsque Jean I*' agrandit la ville. Dès lors on songea à transférer ailleurs, hors des murs, cette maison des malades, à laquelle on donnait depuis un certain temps le nom d'hôpital Saint-Nicolas ' ; et cette tâche fut accomplie par Charles II. Elle était exécutée le 22 janvier i4o5, où, déjà, il est question dans une charte de « Tospitaul saint Nicholay defuer Nancey* ». L'hôpital fut transporté devant la porte Saint-Nicolas, à l'endroit où aujourd'hui s'étend la rue des Dominicains, ('harles n'oublia pas dans son testament, daté du 1 1 janvier 14^5, la maison qu'il avait bâtie : « Item nous pour nous, nos hoirs, successeurs et ayant cause, donnons pour Dieu et en aulmosne, pour toujours mais en héritage à l'hospital que de nouvel avons faict édifier devant nostre ville de Nancey près la porte de Sainct-Nicolas , dous cens francs de terre annuelle et perpétuelle, comme il pourra apparoir par les lettres qui sur ce seront faictes' ». Ces rentes furent assises sur la taille d'Kinville, d'Amance et de Nancy, sur les salines de Salone, sur d'autres revenus encore^. Le nouvel hôpital resta sous l'invocation de Notre-Dame et de saint Nicolas ; seulement il semble que son organisation fut modifiée. Les moines bénédictins de Notre-Dame, qui étaient alors en pleine décadence, furent déchargés du souci de l'administrer; et un prêtre séculier reçut mission d'en gérer les biens. 11 portait le titre de gouverneur de l'hôpital Notre-Dame. En i452 ce gouverneur est un certain Vautrin Qualre-vSous, originaire de Charmes ^ L'hôpital reçut encore un certain nombre de dons. Le roi René et sa femme Isabelle de Lorraine lui permirent de prendre dans les forêts ducales le bois qui lui était nécessaire, de pécher dans les étangs et rivières le poisson qu'il fallait pour la noui^ riture des pauvres; ils lui assurèrent un demi-muid de sel chaque année sur les salines de Dieuze^. Le pape Eugène IV promit en i446 des indulgences à tous ceux qui, contrits et confessés, visiteraient le jour de l'Assomption de

I. Ce nom lui csl donné dans une charte de 1887 cilée plus haut, p. a66, n. 5. a. Cf. supra t l>. aOa, n. f».

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