Cf. infra, p. 288, n
T). LioN>'ois public un acccuscincnt fait par ce prèlrc à la date de lA^i, t. I, p. 4A3*
6. Copie aux A. D., H, a83r>. Semblable faveur est accordée aux hôpitaux d*EinviUe, de Kaon* rÉtafH', d'Esseyney jircs de Charmes.
RECONSTRUCTION DE l'hÔPITAL NOTRK-DAMK. 291
la Vierge (i5 août) la chapelle de l'hôpital et contribueraient à l'entretien et à la réparation de cette maison'.
Seulement, plusieurs causes empêchèrent cet hôpital de se développer. La guerre des Bourguignons surtout précipita sa décadence. Pendant les sièges que subit la ville de Nancy en i475 et 1476, les armées assiégeantes campèrent dans le voisinage. Autour de ses murs s'engagèrent des escarmouches qui furent souvent sanglantes. Sur l'hôpital tombaient les bombes des assiégés et, quand René II rentra dans sa capitale, après sa glorieuse victoire, cette Maison-Dieu présentait un aspect vraiment lamentable. René II crut d'abord obvier à toute cette misère en donnant à l'hôpital un administrateur intelligent. Ce fut son conseiller, Pierre de Blarru^ Pierre de Blarru obtint du duc plusieurs privilèges; le 3o avril 1489, par lettres datées de Saint-Mihiel, René II le dispensa de se soumettre au contrôle de la chambre des comptes, comme ses prédécesseurs avaient fait 3. Pierre de Blarni répara les bâtiments ruinés ; mais il ne put, avec des ressources modiques, rendre à rétablissement son ancienne prospérité. II renonça à la tâche, et fut heureux quand son souverain l'appela à une place de chanoine à l'insigne collégiale de Saint^Dié. C'est là qu'il se retira et, en sa solitude, raconta en son poème latin de la Nancéide la victoire de René II et les divers sièges de Nancy*.
L'hôpital Notre-Dame semblait destiné à disparaître bientôt, quand le duc René II eut l'idée de le confier à des sœurs hospitalières religieuses; et, par acte du 10 octobre 149^9 il en donna la direction aux sœurs grises.
Ces sœurs appartenaient au tiers ordre de Saint-François. A l'origine, les femmes du tiers ordre restaient dans le siècle ; elles participaient seulement à des exercices religieux et s'imposaient quelques pénitences. Mais la première affiliée au tiers ordre en Allemagne, la landgrave Elisabeth de Thuringe, fit, après la mort de son mari tué à la croisade, profession monastique, et, depuis ce temps, il y eut des religieuses du tiers ordre qui regardèrent sainte Elisabeth comme leur patronne J. Ces religieuses prenaient surtout soin des hôpitaux ; elles portaient un habit gris fort modeste — le gris est la couleur de l'ordre des franciscains — ; elles passaient sur cet habit la cordelière. Il était bien naturel que ce fût à elles que songeât le duc René II, puisqu'il venait d'appeler à Nancy d'autres disciples de saint François, les cordeliers. Il fit venir douze sœurs professes, sous la direction de sœur Lucie ^. Elles arrivaient de Trêves et avaient tout récemment créé une
I. Lio^fNOis, t. Il, pp. /|4a-443. On voit que le nouvel hôpital avait dès le début du xv« siècle sa chapelle propre. La restriction faite autrefois par le pape Lncius III (Documents sur le prieuré Notre-Dame, n« lo) a disparu.
a. Sur lui, Albert Gollignon, De Nancéide Pétri de liiaroriuo Parisiensis, Nanceii, 189a.
3. Il l'autorisa de plus à faire régir la maison en son absence par quelque autre personne sacerdotale, séculière ou régulière, pour s'employer tant au service divin comme es œuvres de l'hospitalité. Cité par L10NMOI8, t. II, p. 44A-
4. Il mourut le a3 novembre i5io. Cf. Colligno.n, o. r., p. 8.
.5. [Hëltot], Histoire des ordres monastiques, t. Vil, p. 987 et ss. G. Acte du 10 octobre 1^95 nnalys(^ dans Lionnois, t. 11, p. 44A*
maison à Château-Salins ' ; elles étaient affiliées aux nombreux couvents qui existaient dans les Pays-Bas. René II leur confia toutes les rentes qui avaient été données à Thôpital ; il leur promit toutes les exemptions, tous les privilèges qui étaient jadis conférés aux gouverneurs de la maison. Le 10 novembre 1498, il leur céda, en échange des rentes sur la taille de Nancy, 70 petits florins à prendre sur les salines de Salone\ Les sœurs grises administrèrent sagement la maison au début du xvi* siècle. Elles y recevaient des malades, et, pendant la nuit, donnaient l'hospitalité aux pauvres passants et mendiants.
Cependant l'hôpital Notre-Dame perdit une partie de ses revenus. La plupart d'entre eux étaient assis sur des terres du voisinage, qui furent englobées dans la Ville-Neuve, bâtie par Charles IlL Sur le terrain s'élevèrent des maisons, et l'indemnité que touchèrent les religieuses fut dérisoire. Certains fermiers oublièrent aussi d'acquitter leurs fermages. Pour comble de malheur, un incendie survenu en iSgg détruisit presque entièrement l'hôpital et consuma ses anciens titres'. Charles III confirma bien aux sœurs le 4 mai 1601 les rentes que ses prédécesseurs leur avaient assignées sur le domaine^; mais elles ne leur permettaient plus de remplir leur tâche tout entière. Aussi, au début du xvn* siècle, les religieuses renoncèrent-elles à recevoir dans leur maison les pauvres et les malades ; du reste, en face de leur demeure, s'élevait désormais tout neuf l'hôpital de Saint-Julien où les malades étaient accueillis. Les sœurs grises se bornèrent désormais à soigner les malades à leur domicile, si elles étaient mandées; elles assistaient les mourants, ensevelissaient les morts. Lors des terribles pestes qui de i63o à i635 frappèrent Nancy et y causèrent tant de décès, elles multiplièrent leurs soins, exposèrent hardiment leur vie et rendirent les plus grands services >.
A la fin du xvn* siècle, l'évêque de Toul, M^ Thiard de Bissy, voulut obliger ces religieuses à la clôture ; elles ne devaient plus sortir de leur
I. Chanoine de 1G17 dans Dom Calmet, Notice de la Lorraine, t. II.
a. Copie A. D., H, a835. Nancy avait rachelé cotte rente, en payant le capital. Si daas U suite les salines de Salone étaient abandonnées, le revenu devait être assis sur les autres salines ds duché.