Journal de la Mearthe, i5 juillet
3. Musée d^-. Nancy, Catalogue, i8çj7, p. 227. Jeanne d*Arc est représentée sur la fresque de T phithéàtrc de la Faculté (ies lettres : Les qrands hommes de la Ijorraine, de Monchabloo. On It foit aussi sur un vitrail de la Wasilique SainUEvre, debout, en costume guerrier; on lui a douné le titre <ie sainte, par anticipation.
!\. La lertre publiée par M. KAnFi., Jeanne d'Arc à Nancy, p. 82.
(U'Einiaïuiuel Frciuicl.)
INAUGURATION DE LA STATUE DE JEANNE d'aRC. 3 II
grande délicatesse. Le conseil municipal s'empressa de témoigner sa reconnaissance et de voter la somme nécessaire pour le piédestal ; et l'on cher^ cha l'emplacement qui serait le plus favorable pour la statue. On promena la maquette place de la Carrière, place Saint-Jean et, finalement, on se décida, avec beaucoup de raison, pour la place La Fayette'. r4'est dans le vieux Nancy, visité par Jeanne, que son image devait se dresser ; et l'éclat du bronze de la statue s'harmonise admirablement avec le sombre feuillage des platanes qui ombragent la place. L'inauguration eut lieu le samedi aSjuin i8go^. Le matin, un service religieux fut célébré à la cathédrale, au temple protestant et à la synagogue. Toutes les religions s'unissaient pour rendre hommage à Jeanne et leurs représentants trouvèrent des paroles éloquentes pour célébrer ses exploits. Chacun, naturellement, s'efforçait de l'attirer un peu à lui. A la cathédrale, on vanta la chrétienne orthodoxe, qui, en sa détresse, en appela au souverain pontife et qui a vu de miraculeuses apparitions'; au temple, on en fit une protestante avant la lettre, si j'ose dire, et on la félicita de cette accusation : hérétique, qu'on inscrivit sur son bûcher* ; à la synagogue, on rappela les ressemblances de son histoire avec celle de Débora, de Jahel et d'Esther^ Et, l'après-midi, devant les deux ministres présents, M. Develle, ministre de l'agriculture, et M. Barbey, ministre de la marine, en des paroles vibrantes qui étaient inspirées par le patriotisme le plus pur, on réclama Jeanne au nom de la société laïque. « Tu seras la sainte laïque de la France, la patronne toujours chérie d'une nation à qui ton souvenir et ton exemple assurent une éternelle jeunesse^ » ; et ces mots devaient provoquer dans les journaux de vives controverses. Peut-être tous les orateurs ontils trop songé aux préoccupations du xix* siècle et à l'époque présente, et ils ont, pour leur part, ajouté des traits à celte légende de Jeanne d'Arc qui se développe et grandit sans cesse en France depuis 1871. Il faut replacer la vierge de Domremy au xv" siècle, et ne la juger que d'après les idées du xv' siècle. Elle ne s'explique, à notre avis, que par les croyances catholiques qui ont bercé son enfance, par le culle de la Vierge et des saints qu'elle a cru voir et qu'elle a — ce qui revient au même — réellement vus. Mais, dans l'Église même, elle a passé comme tant d'autres pour une mystique dangereuse, pour une exaltée qui se soustrait aux ordres des autorités constituées ; et voilà pourquoi des évêques très orthodoxes et des moines bien pensants l'ont brûlée.
I. L. MouoBNOT, De C emplacement de la itatue de Jeanne d'Arc à Nancy, 8 p. in-8®, proposait de mettre la statue au milieu de la Carrière ot de lui donner commr' pendant ime autre statue équestre, relie de Charles Martel.
a. Voir le recueil des brochures et articles de journaux. |)ubliës à cette occasion, à la bibliothèque de Nancy.
3. Jeanne dtArc, Discoivs prononcé par M»^ Turinàz. Nancy, Picrron et Hozé, 16 p. in-8».
4. Jeanne dtArc, Discours prononcé par E. Ntbgaaiio. Extrait de la Revue chrétienne. 10 p. in-S^.
5. Inauguration de la statue de Jeanne d'Arc. Allocution, par Armand Bloch, la p. in-8*. a* éd. à Paris, Durlacher.
6. Ville de Nancy. Discours prononcés à ^inauguration de la statue de Jeanne d'Arc, p. 19.
S'il y eut, le a8 juin 1890, discordance dans la manière de comprendre Jeanne d'Arc, il y eut entente complète pour célébrer l'héroïne ; et celte entente paraîtra peut-être plus tard un trait caraclérislique de notre époque où tous les Français, malgré leurs divisions, partagent les mêmes espérances. El en cette journée, cette espérance était exprimée dans tous les discours. Jeanne n'est plus la bergère de Domremy ; elle n'est plus la jeune fîlle du XV* siècle qu'oui brûlée les Anglais. Elle est le symbole même de la « recouvrance* s. C'est ce symbole que saluent encore aujourd'hui nos soldats du 30* corps, quand, en passant devant la statue de Prémiet, ils portent les
Les types de monnaie frappés par Charles II en son atelier de Nancy sont assez nombreux. Quelques-uns se ramènent à ceux de ses prédécesseurs. Voici d'abord ceux où se Irouve l'image du duc. Ici il est représenté debout, couronné de roses, vêtu d'un surtout à longues manches pendantes; de la main gauche il tient l'écu de Lorraine, de la droite l'épée appuyée à l'épaule. KAROLUS » DUX LOTHOR'» Z * M entre deux grènelis. Au revers on lit en légende extérieure + BNDICTV ; SIT ; NOME' „ DNI' NRl' „ IHV, XPI',; et en légende intérieure * GROSSVS ° DE l NANCEY avec une
(TOix pattée (Jig. /)'. Là le duc cuuiYtnné de même de roses porte un costumf militaire aux manches étroîlcH. Il lient sou épée comme précédemment, mais s'appuie sur l'écusson de Lorraine. K AROL VS ■ DV X ■ LOTHOR'. Au révère MO\E TA » FC A * l.\ \ AXCEY, avec une croix pattée coupant la légende,
I. Le mot très hciircux est de M. Dkbiiiokii. Lr même jour lîUiit org»nisie, pu- les aoiii , iine eïposilion (!<■ peintiipps, sculplures, gravurw et «ulns objetu * Celte expotition eut le plus vif luecéx. Voir V/ttatlration du 18 juin 189». IV. rc ra-^onUe par lUnuiye. Paris, llaclietle e( C», 1898.
LES MONNAIES DR CHARLES IL 3l3
deux K et deux aigles esstirant dans les cantuiiâ (Jîij. »)'. Ailleurs, le duc debout, couronné de roses, l'épée à l'épaule et la gauche appuyée sur la hanche, porte une écharpe aux trois alérions. KAROLVS „ DUX LOTHOR'oZoM'. Au revers + B.\D1GT'„ SIT „ NOME';; DNl „ NRr„ IHV» XPI'., en légende extérieure ; MON ETA ■ DE N ANC, en légende inlérieure avec la croix pattée {Jî(f. 3)'. Quand le jeune René, duc de Bar, eut épousé Isabi'lledc Lorraine, quand Charles II gouverna le duché de Bar an nom de son gendre.
on voit sur certaines pièces les armes de Bar associées à celles de Lorraine. Le droit reste semblable à celui que nous venons de décrire; au revers, le nom de l'atelier monéuire a dispam. SIT % NO ME * DNl BENED ICTVM ; nu centre un écu partie de Jérusalem et de Xaplcs-Anjou sur une grande croix pattée ; dans les cantons de la croix, au premier el au quatrième, les alérions; an deuxième et au troisième, les barbeaux de Bar».
Sur certains types, le duc est représenté à cheval, galopant, il porte un heaume couronné d'un aiglon, tient l'épée nue de sa droite et se couvre de sa
gauche de l'écusson aux armes de Lorraine. Le cheval rapara^ormé porte d«ux bandes aux trois alérions. KAROLVS .. DVX » I,t)T iltlR „ Z " M'. \» revers » MONE # TA ;: FC * A ; IN ; N » ANCEY" avec nue croix fleiironnée, portant au centre un alérionet dans chaque canton un trèlle (//>/. 4)'- De petites pièces nous m<mlrent un aiglon essorant sur un écusson de
1. DeSaclct, pt. IX. n° m; Cm 1. Dï S*«LCT, |>l. IX, n" i8; Cf»