‹ Histoire de NancyChapitre 281 sur 642 · QllCMEBAT, l. IV, p. ÎÎ.J · texte numérisé non relu

QllCMEBAT, l. IV, p. ÎÎ.J

3. Cf. Pktit-Di;t»ili.is, Unt t/aeiliun de frontière au \v* tiècU, dans le liogen Age de 18517- Ct J. S. .1. L., 1898, pp. III-1I3. La querelle de Jeanne d'Arc cbaropenoiu noni parall un peu pocrie. Sans doute il esl |>OGsible r|ue Jeanne Tiit née Jans la chilellenie de Vaiicouleon et noua n'ignoros pas ((lie cette clillellenic relevait du bailli de Vilry en Champagne. Mais quand plus lard Cbarle* Vil |irit b's liabilants de Sjiinl-.Nicnlas-dii-Port sous sa prulPction, il let coùlla aux baîllit de Vilr>' rt de CliBUtnODl en <Iham|)agne. (^Ordonnança det mil de France, t. XIII p. 4io.) Est-ce une raisBa [loiir convertir ea.CliBm|ienoîs les rjens île Saiat-.McolaiMlu-Porl f

4. Ail Mosée lorrnïn, souï le 11° itïoi, on ei]K>se un chajieau de [laille qui, d'>]irèit la Iradilioa, mmil appartenu it Jeanne d'Arr. Ce cliapeaii fut arheté en 1701 par un certain Paqoin, lors de la Tenir des effets du curé réfriiclalre de Domremy ; il fut accguis ensuite par M^ de Ludrca, qui en fit doo n Musée lorrain. Cf. Aituui», La Meart/it dans la Lorraine illiulrée, p. 434-435. Voir au tatrat toàitit une letlre de M"" la eonilesse de Ludres. La tradition qui fait remonler ce chapeau à la Pucelle a trompe sans doute ; mais l'objet, i[ui est d'un travail délicat, ne doit pas èlre iadiffërent.

5. Gi-i.iiniEn iiy. Dmisr, Sur In n'cftsitA d'ii/iplii/aer aa.v raet de ffaacg... le igtlime dti «au hiiloriqaes (lilre du tirage à panj iliins le J. .S. A. L., 1857, p. |35.

0. AlOL'ot.^OT, Dtt nomt hittnriqnet à donner iiax rue» de Nancy, 1869.

7. [LiLLEMErn-l, Xuiiu il donner à diveriei ruei de Nancg [1S66]. Nancy, aulographie ChcùUfhb

LA nOE jeanne-d'arc. 807

Le 7 février 1867, le conseil municipal fît en partie droit à ces demandes, et il attribua le nom de Jeanne d'Arc à la rue nouvelle qui part du faubourg Stanislas, traverse l'ancien étang Saint-Jean et aboutît à l'avenue de la Garenne. Plus tard cette rue fut prolongée vers le nord jusqu'à la route de Toul: il est vrai que celte partie a reçu le nom de rue Virlor-Hugo.

Après les désastres de i87<:hi87i, Jeanne d'Are 1^ était apparue, jadis, à un moment où la France ruur i l'abîme, et en qui l'on résumait l'œuvre de salut acroi plie par tes elTorts communs du roi et de toute la iruin Jeanne devint plus populaire que jamais, symbole de délivrance de la patrie foulée par l'étranger. Parlout on lui dressa des statues ; et l'une des plus belles, due au ciseau d'Emmanuel Frémiel, fut élevée en 1874 à Paris, près de l'aucicime porte Saîiil- Ilonoré, là où l'héroïne avait été bles-sée eu von- '^v. lant, arracher, le 8 septembre lAsg, au.Y Anglais l:i capitale de la France. Nancy réclama aussi sa sla- Ine. En i883, un artiste de talent, Alfred Daubréi', le créateur de ces bijoux lorrains qui sont si reolx^rrhés, se mit à l'œuvre et conçut une Jeanne d'An' debout, en costume guerrier, pressant sur son cœiii l'épée, comme celle de Marie d'Orli'ansj mais la I^le nne est levée vers le ciel, et Jeanne pantil écouter ses voix. A ses côtés sur un tronc d'arbre sont placés ses gantelets et son casque. L'artiste lit de son modèle diverses réductions, tandis qu'une souscription élail ouverte pour couvrir les frais de l'œuvre définilive. Mais, te 29 décembre i885, il i^lait emporté pur lu mort', et le projet fut dès lors abandonné.

En 1888, on venait de dégager le côté est di; l'Ande Triomphe, et l'on songeait à orner celte façade, comme la façade ouest où se dresse la statue de C.ailot, Oanquéc des deux bustes d'Israël Silvestre et de Sainl-Urbain. A ce moment, une personne généreuse, qui a gardé l'anonyme, offrit à Nancy une somme de Sojooofr. pour qu'on plaçât contre l'Arc une image de la vierge de Domrcmy'. l/cxccnliori

de l'œuvre devait t^lre c<mliée à un jeune srulptcur, Charles Jacquot, de . Bains. Tandis que l'artiste se mctlail à l'œuvre, on préparait la décoration de l'Arc de Triomphe ; on tailla dj

artouche reniral les armes de I

I. Joaraal de la Meurtke, 2\ diicci n. Réiincr dir coni^îl miiiilcipnl du

3o8 inSTOIRE DE NANCY.

Pucelle, Tépée en pal surmontée d'une couronne et accostée de deux fleurs de lis. Cependant, dans la presse on se demandait de quels bustes serait flanquée rimaqe de Jeanne', et Louis Lallement, dans un article très mordant, prolestait contre « cet étrange et audacieux anachronisme d'accoler la statue de Taustère héroïne, qui fut l'honneur du xv" siècle, à l'Arc de Triomphe de Stanislas et de Héré, orné de toutes les grâces du siècle Pompadonr, et surmonté de divinités mytholo(ji(iues* ». Mais le projet ne devait pas aboutir. Une autre statue de Jeanne allait ^tre donnée à la ville de Nancv ; Charles Jacquot dut remplacer la vienje de Domremy par l'architecte Héré; on qratta les armoiries de la Pucelle qui étaient déjà achevées ; et, un peu plus tard, la ville, avec le concours de l'Etat, acheta au jeune sculpteur la Jeanne d'-\rc (jui lui était restée pour comple. Elle est aujourd'hui à notre musée de sculpture. Jaccjuot a représenté son héroïne debout, le corps pris dans une îinnure de chevalier, le buste cambré en arrière. Sa longue chevelure cache en partie son visage ; ses mains s'appuient sur la poignée d'une grande épée'. Des deux sentiments que doit éveiller en nous une image de Jeanne, la grâce féminine et l'énergie virile, l'artiste a surtout exprimé le second. Cependant Frémiet, poussé par ces scmpules qui tourmentent les grands artistes et les excitent à toujours revenir sur l'œuvre pour mieux réaliser leur rêve, avait fait une nouvelle statue de l'héroïne ; il corrigeait quelques imperfections de la première, dégageait la figure de Jeanne, la mettait davantage en lumière. La réplique parut au salon de i88g, à côté de la Jeanne dWrc de Paul Dubois, destinée à une place publique de Reims ; el elle excita un vif enthousiasme. Dans la pensée de l'artiste, la nouvelle statue (levait être substituée à la première, place des Pyramides; mais il se heurta à quelques difficultés, et les Parisiens gardèrent la Jeanne d'Arc de 1874. L'Amérique se présenta aussitôt pour acheter l'œuvre nouvelle ; mais, à ce moment, il se forma à Nancy un comité pour doter la cité du travail de Frémiet ; et il fut aidé en son action par un comité parisien, composé des plus éminents écrivains et artistes. On ouvrit une souscription qui, malgré tous ces hauts patronages, malgré la beauté de l'objet, ne réussit point, ou, pour mieux dire, traîna péniblement. C'est alors que se présenta un donateur qui consacre sa grande fortune à fonder des œuvres de bienfaisance et à protéger les arts. M. Osiris offrit à la ville de Nancy la statue de Frémiet ; il écrivit le 27 décembre 1889 à M. Adam, maire : « Moi, Fran^'ais, je suis encore le débiteur de la ville de Nancy qui me permet de dresser sur une de ses places publiques l'image de la Patrie, debout sur la frontière mutilée*. » C'était se montrer généreux avec une

Page 1