‹ Histoire de NancyChapitre 285 sur 642 · I. Chronique de Ijorraine, p · texte numérisé non relu

I. Chronique de Ijorraine, p

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Mais la joie des Lorrains fut de courte durée. Un compétiteur^ Antoine de Vaudémont, soutenant que les femmes ne pouvaient succéder au duché df Lorraine, se présenta comme le plus proche héritier mâle de Charles 11, son oncle, et réclama la succession. Pendant que René prenait possession des principales villes du duché (février-mars i43i), il se présenta tout à coun devant Nancy, avec une forte escorte, et somma les bourgeois de lui ouvrir leurs portes. On lui opposa un refus ; et Antoine se retira, mais jurant sur son <c âme » (|u*avant peu de temps il serait maître du duché '.

En cette lutte, René s'appuya sur le roi de France Charles VII qui avail épousé sa sœur Marie d'Anjou; Antoine trouva un allié dans le duc de Bour- ({oqne Philippe le Bon. Grâce au secours que le Bourguignon lui fournil, Antoine put tenir la campagne et, le 2 juillet i43i, il présenta la bataille à son adversaire dans les plaines de Buignéville, Bulgnéville « la piteuse et la douloureuse' ». Le brave Barbazan fut tué et ses restes ramenés dans l'église de Vaucouleurs. René lui-même fut fait prisonnier, livré au duc de BourgogMi comme Jeanne d'Arc l'avait été quelque temps auparavant; on le tndn^ife prison en prison, l'enfermant à Talent près de Dijon, à Bracon près de à Rochefort près de DAle, enfin dans une tour du château de Dijon jourd'hui encore est connue sous le nom de tour de Bar'. Mais la demeura à Isabelle, qui déploya le plus grand courage, prit en mains Pi nistration du duché et contraignit le comte Antoine victorieux à s^mnttlir' devant elle et à lui demander une Iréve.

Des négociations s'engagèrent entre le duc de Bourgogne et la duchene de Lorraine, pour assurer la liberté du prisonnier. Philippe le Bon dut céder après de longues négociations ; encore ne donna-t-il à René, le 3o avril i432, qu'une liberté provisoire d'une année, jusqu'au 1" mai i433, aGn de lui permettre de remettre l'ordre au duché de Bar, entièrement livré aux écorcheurs, et de rassembler sa rançon. René se hâta de revenir dans ses États; il alla à Saint- Nicolas-de-Porl, pour remercier Dieu de sa délivrance; il lit aussi une station à l'église de Fabbaye de Bouxières, puis rentra à Nancy où il fut bien n^cu de ses sujets*. U passa le reste de l'année en Lon'aine, réprimant les brigandages de quelques seigneurs, notamment de Robert de Sarrebrûck, damoiseau de ('ommercy. Le i**" mai i433 passa sans que le duc (le Bourgogne eût obligé son adversaire de gagner sa prison ; il comptait s'arranger à rainiable avec lui. Mais, à un moment où René pouvait se croire entièrement libre, il envova à Xancv son héraut d'armes et, le 26 décembre i/i34, un an el denn' a[»rès le délai fixé, Toison d'Or fit sonner de la trompe (levant le palais ducal, et somma le souverain de Lorraine de se rendre immé-

1. chronique de Lorraine, |>. 3a. — CUronitjiie du doyen de Saint'ThiéOttui de Metz, dans iMn Calmet, t. II, Pr., col. 207.

a. A. Lkcoy uk la Marciik, Le Moi liené, p. ya.

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