‹ Histoire de NancyChapitre 286 sur 642 · DoM Calmkt, t. II, col. 77y · texte numérisé non relu

DoM Calmkt, t. II, col. 77y

rAPTlVlTÉ DU ROI RENK. 3l7

diatement dans sa tour de Dijon '. Maigre les supplications de sa femme Isabelle, René n'hésita pas à rester fidèle à sa parole, se souvenant qu'il était rarrière-petit-fîlsduroi Jean le Bon. Il partit : et alors commença pour lui dans la tour de Bar une nouvelle captivité de deux années, pcndanl laquelle on le surveilla de très près, mais pendant laquelle il se consola en peignant de belles miniatures et de beaux vilniux, en composant des rondeaux et autres pièces de vers à la mode du jour ou en rJvanl A des romans de chevalerie. Et, cependant, un bel héritage lui survint. Son frère aîné, Louis III, était mort le i5 novembre et il fut suivi de près dans la tombe par la reine Jeanne II de Sicile (3 février i4^5^ qui l'avait adopté. René devint ainsi duc d'.\njou et

comte de Provence, cl, en vertu du testament de Jeanne, roi de Nuples et de Sicile. Palcrme et Bar-le-Bue, Marseille, Nancv et An9Crs se trouvaient sous

1. Db ViLLwnUTl-BtaauiaHT, Hiitoire de René I" (TAnjoa, Paria, i8j5, p. igi; A. Llcoi di la MincHE, Le Roi René, p. 110.

3. ('cite médaille, qui se trouve au cabincL de la bil>Ikitlj4'que nationale, est, c<ininie l'indique lo revers, l'ourrage de Pierre Je Milan el elle est datée de l'année ijCi. Le droit représente le buste du duc qui «Uit alors Agé de 53 ans : KENATUS' DEI» GR,Vi:lA« lHEltVSALËM° ET' S1CILIE° RE.V ET CETERA, A profios du ri^vers, on a exprimé une série d'opinions différentes. D'après H. de l* Toub, ■ on ï voit une bourse ou auimJoière, en forme de pyramide tronquée et dont les cordes nouées en haut e\ en bas se déroulent à leur eilréniilé en mille brindilles qui voltigent liur tout le cliainp ; l'encadrement est formé, en guise de grènelis, de tiges d'arbres ébranchées, et une légende très ■obre vient compléter cet ensemble original, simple, harmonieux et très riche d'eSet, ■ (Pittro dti Milnao dans la Revue munumatique, iSgS, p.gi.) D'autres croient ijue l'image représente un poids, ainsi Villuk, Iconographie itumitmalique du roi René dans les Mémoiret de l'Académie d'Aile, iSBo, ig83 et iBftS. Alots Heiss, Lee médailleari de la Renitietance. II, Franeeteo Lauraaa, Pielro du ililano, iS8a, p. 4', prétend que c'est a une enveloppe dorée en malifere plus on moins précieuse, recouvrant la cassette destinée à recevoir te cœur de René et celui de Jeanne ■, ■■ seconde femme. Les iiiitiale* de René et Jeanne se trouvent sur celte enveloppe, gui est eulourée de l'inscription

B?f UN. — EnQn, M. ËucÈnE Hucher. Iconographie da roi René dans la Reoae hàloriqae et

orchéologique du Maine, 1879, i> volume, p. i34, voit en cal ornement un simple bonnet, et l'eipli- «guc par 1* location familière : Deux tètes dans un même bonnet.

3l8 , HISTOIRE DE NANCY.

sa domination. Le prisonnier de Dijon était l'une des plus grandes puissances de l'époque.

Philippe le Bon garda son prisonnier avec d'autant plus de soin. Les années i435 et i436 se passèrent en négociations sans cesse interrompues, sans cesse reprises. Enfin, le 28 janvier i437, René fut libéré, mais à quelles dures conditions ! Il dut payer une rançon énorme de 4o<^9000 écus d'or et livrer une série de villes; il céda au duc de Bourgogne la terre de Casscl et les autres héritages que les ducs de Bar possédaient en Flandre ; il laissa le duc occuper Neufchâteau, Clermont-en-Argonne, les châteaux de Prény et de Longwy. Marie de Bourbon, nièce de Philippe le Bon, devait épouser Jean, fils aîné de René '.

René délivré ne devait plus faire à Nancy que de rares apparitions. Il lui fallait gouverner l'Anjou et la Provence ; il lui fallait surtout conquérir le royaume de Naples qui était livré à l'anarchie. II fit expédition sur expédition sans pouvoir s'en emparer ; et, dans ces aventures, il dissipa l'argent ramassé à Bar et à Nancy et gracieusement voté par les Etats des deux provinces; les chevaliers lorrains versèrent leur sang dans le sud de l'Italie, sans aucun profit pour le pays, sans aucun profit pour le duc lui-même. En mars 1437, René I*' avait quitté Nancy et la province après avoir fondé à l'église Notre-Dame de Vaucouleurs une chapelle en l'honneur de Barbazan et des morts de Bulgnéville *, il n'y revint qu'en août i444- H amena avec lui le roi de France, Charles VII, et une puissante armée. Charles VII va faire à Nancy un séjour de sept mois. Notre ville sera pendant ce temps le centre d'opérations militaires importantes et de graves négociations, comme aussi le théâtre de grandes et belles fêtes. L'Europe a en ce moment les yeux fixés sur Nancy. Voilà pourquoi il importe d'insister sur cette période unique dans l'histoire de la cité.

Le 22 mai i444) la France et l'Angleterre, fatiguées d'une longue lutte, venaient de signer à Tours une trêve de vingt-deux mois'. Marguerite d'Anjou, seconde fille du roi René et d'Isabelle de Lorraine, née en 1429 au château de Ponl-à-Mousson, était fiancée au roi d'Angleterre, Henri VI; elle devait être un lien entre les deux puissances qui, depuis si longtemps, se faisaient une guerre acharnée, et le gage de la paix future. Les fiançailles eurent lieu solennellement le 24 mai, dans l'église Saint-Martin de Tours*; mais le mariage devait être retardé d'une année encore. C'est dans cet intervalle que le roi de France Charles VII vint à Nancy, à la tête d'une armée nombreuse.

René avait coniraclé, pour payer sa rançon, de fortes dettes, et il fut un mauvais débiteur. Il avait emprunté de grandes sommes, entre autres aux

I . Cet acte a èlé ])ul)lii': pour Ui ])reinière fuis par Lecoy de l\ Marche, o. i,, t. II, p. 224.

n. Bibl. nationale. Collection de Lorraine, 289, n^ 2.

3. Cos.vEAU, Traités de paix de la guerre de Cent ans, p. 162.

f\. Lfcoy i)K l.v Marchk, o. l.y p. n3:>.

BERQ6R-LEVRAULT & C^ ÉDITEURS

PÀBIS, rae des Beaux-Arts, 5. — t8, rue des Glacis, NANCY,

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Pour paraître incessamment

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