‹ Histoire de NancyChapitre 290 sur 642 · I. De Saulcy et Hugue:«(l\, p. 3i · texte numérisé non relu

I. De Saulcy et Hugue:«(l\, p. 3i

a. De Saulcy et Huouexim, p. 3ii. Origiual, Bibl. nationale, collection de Liorraine, as8, ^ 96.

3. Les lettres ne furent signées que plus tard, le a3 juin i44^. {^Ordonnancet deê rois de FroMCt,

t. XIII, p. 433.)

/». Ordonnances des rois de France, 1. XIII, p. 4a3. Les lettres sont da ^7 nui 1445, (Beirkt PicART, Histoire de Toul, p. 537 ^"^ 538.)

5. En janvier i44«^' (Tuetky, Les Ecorcheurs sous Charles VII, pp. 391 et 377.)

PERSONNAGES PRESENTS A NANCY EN l444- 3^3

guérite d'Ecosse, âgée de dix-huit ans, très belle, très gracieuse, mais dédaignée de son mari Louis qui montrait pour elle une insurmontable aversion. La femme de René, Isabelle de Lorraine, après son séjour en Anjou, arriva à son tour dans sa bonne ville de Nancy qui l'avait vu naître. Elle était suivie de près par sa seconde fille Marguerite, âgée de seize ans, déjà fort belle et attirant les regards de tous '. Ainsi, à ce moment, il y avait à la fois dans nos murs la reine de France, la reine d'Angleterre, la reine de Sicile, duchesse de Lorraine, et la Dauphine, sans compter d'autres princesses, comme Yolande, fille aînée de René, comme Marie de Bourbon, sa bru, comme Marie de Clèves, femme de Charles d'Orléans. N'oublions pas que chacune de ces princesses était entourée de dames de compagnie, de filles d'honneur aux costumes éclatants, recherchant et les plaisirs mondains, fêtes et danses, et ceux que procurent les conversations élégantes, les poésies aux pointes bien aiguisées. Parmi les dames qui forment cortège à la duchesse Isabelle se trouve précisément une demoiselle belle entre toutes ; on l'appelle la demoiselle de Fromenteau ; mais son nom est Agnès Sorel. Dès i443, Charles VII Ta remarquée, et à Nancy méme^ au début de i445, la liaison devint publique. La femme et la maîtresse eurent à la cour une sorte de situation officielle, et Marie d'Anjou accepta le partage avec une douce et timide résignation, mais non sans verser en secret des larmes amères, non sans envier la dame de compagnie parée de toutes les séductions de la jeunesse et de la beauté. (Ainsi, c'est assez tard qu'Agnès Sorel commence à exercer son empire sur l'esprit de Charles VII ; on voit par suite combien est fausse la légende d'après laquelle cette femme aurait provoqué le réueil du roi et l'aurait poussé à reprendre la guerre contre les Anglais*.)

A côté de ces dames, il faut citer les gentilshommes les plus célèbres de la France ou des pays voisins. Autour du roi se trouvent le sénéchal de Poitiers Pierre de Brézé, le favori du jour ; le connétable de France, Arthur de Richemont, duc de Bretagne ^ ; le jeune comte Gaston IV de Foix, a gentil prince chevalereux», selon l'expression de Chastelain*. Le comte Charles du Maine, frère de René, Jean de Calabre, fils du duc, les deux fils du comte de Vaudémont, Ferri et Jean, puis Louis de Luxembourg, comte de Saint-Paul, qui obtint après Richemont l'épée de connétable et qui était voué à une mort si tragique, Jean Poton, seigneur de Xaintrailles, le beau Dunois, étaient tous présents à la cour de Nancy. A la fin arriva encore dans notre ville le jeune comte d'Angoulême, Jean, fils de Charles d'Orléans, le gracieux poète ; il venait d'Angleterre, où, retenu longtemps comme otage, on lui avait enfin laissé la liberté 5. Tous ces seigneurs amenaient des suites très nombreuses;

I. Du Fresjce de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. IV, pp. 90 et 91.

a. Voir Tétude définitive de Du Fresne de Bkaucourt, o. /., t. III, pp. 279 et ss.

3. Gruel, Chronique d'Arthur de liichemont (éd. Levavasseur). « Et passa tout l'yver en Lorraine, à Nancy et ailleurs >, p. i85.

4. Ed. Kervyn de Lettenhove, t. VII, p. 4?. tJf* Du Fresne de Beaucourt, t. IV, pp. 90-91.

5. Guillaume Leskur, Histoire de Gaston IV, comte ^« Fo/.r, éd. H.Courtea«lt(Sociétéderhistoire

Gaston de Foix prit avec lui « jusques au nombre de cent à six ^ings gentilshommes tels qu'il luy pleut eslire des nobles de ses pays, tous pompeusement montés, richement vestus et habillés et bien garnis de tout ce que mestier leur est oit • ».

Dans cette cour toute éclatante de luxe, les fêtes devaient naturellement succéder aux fêtes. Tous les chroniqueurs de l'époque, Jean Berry, Mathieu d'Escouchy, Martial d'Auvergne, Olivier de la Marche, Guillaume Leseur, sont remplis du récit de ces fêtes, qui conti*astent avec les déprédations commises autour de Metz. Le nom de Nancy ne se trouve pas une seule fois dans la chronique, pourtant si développée, si minutieuse de Froissait ; nous l'avons rencontré une seule fois dans celle de Monstrelet ; maintenant il se présente sous la plume de tous les historiens ; ceux-ci ne peuvent se lasser de raconter les bombances de <c Nancy-le-Duc ».

Les fêtes consistaient d'abord en grands repas au palais ducal, offerts par le roi ou le duc de Lorraine. « On y estoit servy, écrit Mathieu d'Escouchy, de divers et suomptueux mez et de tant de manières qu'ils estoient inestimables'». Les seigneurs s'invitaient en outre les uns les autres et déployaient un luxe inouï ; leurs tables étaient couvertes de vaisselle d'or et d'argent K Puis c'étaient des danses variées, avec figures où toute fantaisie se donnait carrière ; de véritables ballets étaient créés, et un érudit, Vallet de Vîriville, a retrouvé le programme de l'un d'eux, écrit par Jean, comte d'Angoulème^ Quelquefois la soirée se passait à l'hôtel du roi en longues conversations, à la suite desquelles l'on prenait «le vin et les épices^ ». Mais le grand divertissement était les joutes guerrières, les beaux tournois annoncés quelques jours d'avance et attirant dans la cité toute la foule des gentilshommes. C'était à qui se distinguerait le plus, à qui sortirait vainqueur de la lutte et serait couronné par la dame de son cœur. Aussi dans ce temps, dit Olivier de la Marche, les chevaux de course se vendaient très cher; on les payait jusqu'à mille et deux mille réaux ^.

Ces joutes de Nancy n'avaient pas encore lieu à la Carrière, dont remplacement était alors en dehors de la ville; elles se tenaient « au parc? », probablement dans le parterre du palais ducal, ou a en la place du marché' >, c'est-à-dire autour de Saint-Èvre. Les lutteurs entraient dans l'arène^ tandis

de France), t. I, p. iSf). Le livre des faits du bon chevalier messire Jacquet de Latamçt dass l'édition de Ciiastelain, par Kervyn do Lettenhove, t. VIII, p. 65. Probablement, cet ouTrage n*est pas de Chastklai.n.

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