Philippe de Vigneulles, ibid., p. ao
4. Original aux archives municipales de Metz. Le traité publié par De Saulcy et HuocEnUf, pp. 307- 3o8.
et les niaistre eschevin, treize jurez, manans, habitans et communaulté d.* Metz et les leurs, d'autre » ; toutes les querelles et poursuites que le roi pouvait avoir auparavant à l'égard de Metz étaient abolies; les prisonniers étaient rendus de part et d'autre sans rançon ; les maisons fortes et châteaux, occupés par les Français, seraient évacués et les propriétaires pourraient racheter les objets mobiliers qui se trouvaient en la possession des assiégeants. Seulement Metz dut payer d'assez fortes sommes ; le magistrat s'obligea envers Pierre de Brézé pour 74,000 florins '.
Un traité fut signé à la même époque entre la ville de Metz et le duc de Lorraine, René : on déclara nulles toutes les obligations du duc qui avaient plus de trente années de date ; on ne ratifia, parmi les obligations conclues durant les trente dernières années, que celles pour lesquelles la ville avait gage ou hypothèque*. Le bon roi René vît ainsi diminuer, sans qu'il lui en coûtât rien, le chiflrc de ses dettes.
Charles Vil avait reçu la soumission d'Épinal; il avait laissé à Metz son indépendance. Mais il ne s'en tint pas à Epinal. Il obligea les habitants de Verdun à se mettre, comme jadis, sous la sauvegarde du roi de France ; ceux-ci paieraient chaque année 5oo livres à lui-même, 200 livres au bailli de Vitry, à titre de gardien de la ville ; ils enverraient au roi de France, toutes les fois qu'ils en seraient requis, vingt hommes d'armes et vingt hommes de trait (arbalétri ers) ^ La ville de Toul ne voulut pas se soumettre; après le siège de Metz, Charles Vil fit brûler ses deux faubourgs de Saint- Èvre et de Saint-Mansuy, et força ainsi les habitants à se livrer ; ils se mirent sous la sauvegarde royale et promirent de payer annuellement 4oo florins '^.
Pendant que tous ces événements se passaient, Charles VII résida à Nancy. Il fut dans les murs de la viUe depuis le 20 septembre i444ju^ qu'à la fin d'avril i445. Nancy présentait alors un aspect tout à fait animé. Tous les hauts personnages de la cour vinrent dans cette cité, qui jamais, à aucune époque de son histoire, n'a vu un tel concours de princes et de souverains. Le Dauphin, le futur Louis XI, après avoir gagné sur les Suisses la bataille de Saint-Jacques près de Bâle, après avoir jeté ses bandes d'écorcheurs en Alsace, où encore aujourd'hui Ton parle avec terreur des armen Gecken (corruption du mot Armagnacs), rejoignit à Nancy son père^. La reine, Marie d'Anjou, sœur du roi René, qui touchait à la quarantaine et qui était déjà fatiguée par ses nombreuses grossesses, vint retrouver son mari à la lin de i444- E^He amenait avec elle la femme du Dauphin, Ma^