‹ Histoire de NancyChapitre 298 sur 642 · Dom Calmet, t. III, Pr., col. ai a · texte numérisé non relu

Dom Calmet, t. III, Pr., col. ai a

.V Lecoy de la Marche, t. I, p. a65, d'après un acte médit.

5. Nous avons le procès-verbal officiel de cette entrée. Il a été publié en partie par Lepage, Les Archives de Nancy, I, 5i. Sur les relations de Jean II avec Louis XI, cf. Ed. Goechmer, Lee Rela» tiens des ducs de lA)rraine avec Louis XI de 1461 à tijS dans A. D, E„ 1898, p. 4i3.

pagne, il tira quelque profit : le roi de France renonça en sa faveur à la suzeraineté de Neufchâteau, Châtenois, Montfort, Frouard. Enfin, appelé par les Catalans qui se souvenaient qu'il descendait de don Jean I*', il voulut arracher la couronne d'Aragon à don Jean IP; à la liste déjà pompeuse de ses titres, il ajouta celui de roi d'Aragon et sur son écusson il introduisit les armoiries de ce royaume. Mais, à l'âge de quarante-cinq ans, le ï6 décembre i47o, il mourut à Barcelone, au retour d'un pèlerinage à Notre-Dame de Mont-Sêrrat, et son corps reposa loin des rives de la Meurthe. Pendant toutes ces absences, les environs de Nancy furent à diverses reprises ravagés. Par suite d'une alliance avec la maison de Vaudémont, la famille bourguignonne de Neuchâtel avait obtenu la possession de Châtelsur-Moselle, Bainville-aux-Miroirs et Chaligny. L'ambitieux Thiébaut de Neuchâtel, maréchal de Bourgogne, chercha à se créer au cœur de la Lorraine une principauté indépendante ; il se fit livrer par le roi de France Louis XI la ville d'Épinal, et réussit à faire élever sur le siège de Toul, par le pape, son fils Antoine, alors âgé de lo ans (i46o)*. Mais la Lorraine devait s'opposer à ce turbulent personnage ; elle agit en sorte de lui enlever Épinal, du consentement des habitants et de Louis XI. Le marquis de Pont-à-Mousson Nicolas, fils de Jean 11, prit possession de cette cité (juillet i466)'. Thiébaut, pour se venger, rassembla des hommes d'armes ; il les jeta dans ses places et celles du temporel de Toul: Maizières, Brixey, Liverdun, qui étaient à son entière disposition. La garnison de Liverdun pilla les campagnes jusqu'aux environs de Nancy, et, un beau jour, elle vint mettre le feu au château de Condé (Custines)'^. Jean de Fénétrange, maréchal de Lorraine, qui gouvernait le duché au nom de Jean II absent, résolut d'arrêter ces pilleries. Il vint mettre le siège devant Liverdun, et fit surveiller avec beaucoup de soin la forêt de Haye, pour qu'aucun secours ne pût arriver à la garnison. On défit dans le bois un corps allemand, on s'empara de l'enseigne qui représentait une licorne avec la devise : A luy, et on la plaça à l'église Saint-Georges. Pendant six semaines, la garnison et les habitants de Liverdun, juchés sur la colline que la Moselle entoure de trois côtés, bravèrent les efforts des Lorrains. Enfin ils durent se rendre, en voyant leurs tours et leurs murailles abattues. On laissa partir la garnison avec bagages, mais on démolit le château et les remparts, si bien que la localité demeura « comme ville champêtre ». Les habitants durent racheter leurs biens contre une grande rançon (i6 septembre 1467)5. Liverdun prise, les Lorrains allèrent assiéger ChaUgny et restèrent six mois campés autour de ce village (mars-août i468); ils réussirent enfin à s'en emparer, laissèrent partir la garnison, mais amenèrent les

1. Cf. DoM Calmet, t. II, col. 852-88a; Digot, Histoire de Lorraine, III, 96-133.

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